20 octobre 2009
Dans l'actualité
Et si nous parlions de l’air du temps, de la suppression de la taxe professionnelle et de la réforme territoriale. Pour le citoyen lambda, est séduisante cette idée de diminution du nombre d'élus locaux. Oui, c'est facile de "taper" sur cette vision de la France du siècle dernier, à la panse bedonnante. Alors, pourquoi ne pas tailler dans le vif et en faire passer un certain nombre à la trappe.Cela fera faire des économies. Tout d'abord, il faudrait certainement arrêter de prendre les gens pour des zozos, a-t-on besoin annuellement de 850 000€ de sondages faits pour le compte de l'Elysée ? Quand on parle d’économies. Je suggère de rémunérer quelques types, de les équiper de méhari et les envoyer sillonner la France pour entendre les gens, c'est souvent très représentatif de la pensée des citoyens. Enfin, ceci est une autre histoire. Donc, la suppression de la taxe professionnelle. Immédiatement, la conséquence première est la perte d'autonomie des collectivités locales. Qu'est-ce à dire ? Aujourd'hui, une commune par exemple décide quand elle vote son budget de 70 % de ses ressources (elle vote les taux des impôts locaux, les bases sont calculées par l'Etat, on entend par base, par exemple la base locative). Le reste de ses ressources se compose des compensations versées par l'Etat au titre de la péréquation (prendre aux riches pour donner aux pauvres) ou des transferts de compétences et des subventions versées par d'autres collectivités (au titre des financement croisés, pour faire une patinoire, la commune reçoit des aides du département et de la région). La suppression de la TP entraînerait de facto le passage d’une autonomie de 70% à 12 %, ce qui s’appelle une aliénation ! C’est à dire que aujourd’hui, les collectivités décident de 70% de leurs ressources qu’elles peuvent donc moduler en fonction de leurs projets, avec 12%, elles ne pourraient plus décider de rien. De plus, sachez que les collectivités à la différence de l’Etat ne peuvent pas présenter un budget en déséquilibre, il doit toujours être équilibré, et elles ne peuvent recourir à l’emprunt que pour la section d’investissements (au contraire de l’Etat qui peut emprunter y compris pour payer son train de vie) et les provisions pour payer les dettes sont obligatoires. La suppression de la TP a donc pour première conséquence une perte d’autonomie des collectivités d’autant plus que l’histoire a prouvé que jamais l’Etat n’avait tenu ses engagements en terme de compensation. La TP est supprimée, en année N+1, l’Etat verse l’équivalent en argent, mais en n+2, au mieux il verse la même chose, au pire, il ne verse plus rien. Et si il verse la même chose, premièrement, il ne tient pas compte de l’évolution possible du coût de la vie par exemple ou de l’installation de nouvelles entreprises, une compensation, contrairement à l’impôt qui est calculé tous les ans, n’est pas dynamique. Mais, il y a encore plus grave pour les territoires. Aujourd’hui, les élus se démènent pour faire venir des entreprises parce que cela crée de la richesse et de l’emploi. Mais dans des espaces ruraux, pour les attirer il faut se démarquer des grandes villes, pour cela il faut donc du foncier pas cher et des services annexes (crèche, voirie…). Tout cela a un coût. Les collectivités récupèrent non sur le prix du foncier qui doit être bas, mais sur la taxe professionnelle qui en découle et qui permet donc d’amortir les investissements. Si demain elle n’existe plus, est rompu le fil qui lie les entreprises aux territoires. Les élus préfèreront vendre du foncier 10 fois plus cher (en zone d’activité, le mètre carré coûte dans les 15 € chez nous, en foncier à bâtir, plus de 100 € ) pour des terrains à bâtir, avec le mitage de l’espace que cela induit et tous les problèmes liés au développement de cité dortoir. On nous prépare très clairement une catastrophe et ce n’est pas faute de le dire et de le répéter. A cela, il faudra ajouter la réforme territoriale. Il est clair que si la réforme de la TP passe, il ne sera plus nécessaire de réformer les collectivités, faute de moyens elles seront contraintes de se replier sur leurs compétences de base. Parce que le point phare de la réforme institutionnelle est la suppression de la « compétence générale » pour les collectivités que sont la Région et le Département. Aujourd’hui, elles ont deux blocs de compétences : les compétences transférées lors de la décentralisation (par exemple, les collèges et les routes pour le département, l’économie et la formation professionnelle pour la Région) et la clause de compétence générale qui leur permet d’agir dans n’importe quel domaine. C’est simple de dire que c’est une des causes de la gabegie financière, les collectivités (par électoralisme, quant à avoir mauvais esprit allons-y gaiement) financent tout et n’importe quoi via les financements croisés, ce qui fait que pour une opération d’investissements, vous avez trois co-financeurs. Ou qu’une association a des subventions venant de plusieurs partenaires.Sauf que si on supprime cette clause, pour des territoires ruraux, c’est une véritable catastrophe. Les petites communes sont incapables sur leur budget propre de financer des choses pourtant primordiales comme une nouvelle station d’épuration ou la rénovation de l’école. Sans les financements croisés, on ne peut plus développer des petits territoires. Ah certes, on fait des économies, mais parlez en aux entreprises du BTP qui tirent 60 % de leur activité de la commande publique, elles voient arriver cela comme un cataclysme économique. Comment peut-on réfléchir à cela ? La combinaison de la suppression de la TP et de la perte de la clause de compétence générale va avoir des conséquences inouïs sur nos territoires. C’est une vision comptable et parisienne (cf les hauts cris poussés par Jupé à Bordeaux) de la vie des territoires qui prévaut dans ces décisions. Et en plus, que l’on ne nous dise pas que c’est pour simplifier le paysage territorial français, parce que savez vous que… l’on nous ajoute un échelon dans le mille feuilles : la métropole. Décidément, c’est à ne rien y comprendre ! Et quant à entendre les citoyens dire : on ne comprend jamais rien à qui fait quoi. Il me semble que cette argumentation est scandaleuse, c’est notre vie quotidienne, que l’on prenne le manuel d’éducation civique d’un collégien, on passe deux soirées ou deux séances sur les toilettes à le lire, et voilà, on ne peut plus dire que l’on y comprend rien ou alors, c’est que vraiment, on y met pas de la bonne volonté. Ah oui, cela c’est autre chose.
15 septembre 2009
Economie : du macro au micro
Aujourd'hui, avec émotion des producteurs de lait donnent le fruit de leur labeur, en place publique. Ils ont été obligés de mettre une tirelire parce que les gens veulent payer. Une dame est venue leur offrir de la confiture, une autre un gâteau. Il se passe quelque chose, de la solidarité, simple, immédiate. Mais surtout, tout le monde croit que le nouveau mode de consommation dont on se gausse, peut naître de ce ras le bol aux deux bouts de la chaîne, du producteur au consommateur.
Au départ, les coopératives agricoles ont été créées pour déléguer la vente, la commercialisation qui se faisait au nom de tous. Un coopérateur = une voix quelque soit son poids. Ce temps est révolu, peu sont les coopératives qui fonctionnent encore ainsi.
Le système financier a pris le pas, et les producteurs sont les dindons de la farce. Alors la question que je me pose et que je pose dans mon travail : pourquoi ne pas retisser ce lien direct, via tous les modes ( amap, magasin fermier et tout ce qu'il reste à inventer) ? Là sont les pistes d'avenir et certains politiques commebcent à s'en emparer. Quid des lobbys financiers et agricoles ? Une piste... La création d'un syndicat laitier dissident de la Fnsea... Peut-être que les choses changent...
13 septembre 2009
Fait de société
Quand j'ai écrit ce texte hier, je savais que ce serait un sujet difficile mais qui me tenait à coeur pour ce qu'il signifiait dans notre vie quotidienne. Ce que je veux dire surtout c'est que ce dont je parlais n'était pas un cas individuel et personnel mais d'un problème plus large, de société. C'est pour cela aussi que je ne généralise pas, tous les mariages ne finissent pas mal, tous les divorces ne tournent pas au pugilat et tous les divorces pourraient être évités. Non, je ne dis pas cela.
Alors, je suis triste pour celle que j'ai blessée parce que je ne parlais pas de vous, vous et vous ici, mais je m'interrogeais sur la société en général qui pose comme postulat l'impératif du bonheur immédiat de tous et qui produit paradoxalement tellement de malheureux, de désespérés et de mal aimés, de solitaires. On vous exorte à être heureux et à ne plus subir la contrainte de l'argent (vivre à crèdit), du temps (faites un lifting), des autres (vivre sa vie et faire selon ses besojns quelqu'en soient les conséquences).
Lisez les couvertures des magazines féminins, on parle de tout sauf du plaisir d'avoir une vie ordinaire mais bien faite, respectueuse du rythme de chacun, attentive aux besoins mis en commun et pas au besoin des uns qui passeraient forcément par la frustration des autres.
C'est de cela que j'ai voulu parler et certainement pas des parcours de vie des unes et des autres que je respecte parce que chacun compose
sa partition, avec ses instruments et l'orchestre qui l'accompagne.
Je n'ai voulu blesser personne, faites moi ce crédit.
01 juillet 2009
Des maths
J'ai passé mon après-midi à ... jouer à une nouvelle version du Monopoly, mais extérieurement, cela ne se voit pas. Vous prenez un gus comme moi, vous lui donnez la responsabilité d'aider des élus à choisir le modèle de développement de leur commune pour les 30 ans à venir. Au début, cela donne une fille qui s'affole, trouve que les élus ont des rêves de grandeur, est bien d'accord avec celui qui veut rationaliser tout cela, et qui en face des habitants met des équivalents "école, kilomètres de voirie et de réseau...". Là, déjà, ça en calme pas mal. Et puis ensuite, il faut se résoudre à se partager les habitants. En langage pro, cela s'appelle faire un s*chéma de c*ohérence t*erritoriale. Le problème, c'est que ça peut rapidement riper vers de l'incohérence généralisée. Du genre ? Ben, moi, ma commune je verrais bien lui faire prendre 3% de croissance par an. Oui, sur 20 ans, ça fait 60% de population en plus, ah oui ! Et tu sais mon gars, dans les 10 ans précédents en plein boom de l'immobilier dans l'orbite de la frénésie autour d'Airbus, tu as pris 1.04 % par an. Ah oui. Ben, oui, du coup, tes calculs, c'est débile. Bon, je le leur dis pas comme cela autrement je serais virée depuis longtemps mais quand même. Les pieds on the terre. Alors aujourd'hui, j'ai travaillé à répartir les ambitions de chacun sur les différents territoires et ce ne fut pas triste. Tout d'abord parce que les maths, il fut un temps où j'étais très bonne, genre pas de souci et maintenant, j'ai vieilli et il m'a fallu regarder comment se calculent des écarts à la moyenne, ce genre de truc. Et j'ai pondu un tableau dont je suis relativement contente, tout le monde aura ses habitants. Ben oui, ça vous fait un choc, mais vous êtes des paquets qu'une pintade dans son bureau place là ou là. Bon, vous aurez quand même le choix entre un collectif ou une villa et encore. Oui, c'est débile, je confirme mais ça s'appelle de la planification. Les derniers qui faisaient cela ont super mal tourné, c'était la DATAR, paix à son âme. Allez, je file parce que contrairement aux petits stocks, mon cake, lui est réel.
08 juin 2009
Sur les pas
Reprendre le travail ce matin, avec envie. Même si les us et usages de la maison, les petits-déjeuners tardifs, les repas pris au jardin ont un parfum de toujours. Mais il faut aller travailler pour mieux apprécier ces moments-là.
Hier soir, la soirée électorale a été dure, je ne vais pas mentir, ma tête a voté Europe Ecologie, mon bulletin a voté socialiste, au fond du trou, je n'ai pas voulu ajouter ma trahison. J'ai changé d'avis dans l'isoloir, trop mal à l'aise pour entériner un vote que pourtant je voulais.
J'espère maintenant que la claque aura été telle que les choses vont réellement changer, je me pose de plus en plus la question de la carte à prendre. Je pense que le PS est passé complètement à côté de la problématique du développement durable dans sa triple composante : écologie, économie, sociale. Je ne pouvais pas entendre les discours de Aubry qui parle de sortir de la crise par la consommation, c'est tellement aux antipodes de ma conception des choses. Royal lors de la Présidentielle avait mis beaucoup de DD dans son programme, le socialisme sorti de Reims a complètement occulté ce point, il faut y revenir.
La montée d'Europe Écologie, grâce je pense aux voix du peuple de gauche ne doit pas être un avertissement mais un signal. La société change, peut-être aux marges, mais elle change et la gauche doit être à l'avant de ce changement. Pourvu qu'enfin ils le comprennent, parce que moi, je veux bien avoir des réflexes de gauche mais faut pas non plus me prendre pour une nouille !
01 mai 2009
Pingritude
Hier, j'avais rendez-vous dans une communauté de communes qui a un projet de maison de santé. Mon rôle est de faire le tour du projet, de préciser aux élus toutes les aides auxquelles ils peuvent prétendre dans l'absolu. Il faut que je fasse alors bien comprendre que je n'engage en rien ma collectivité, parce que les projets ensuite pour des raisons budgétaires ou d'opportunité, peuvent être rejetés ou moins financés. On ne le sait qu'après les arbitrages financiers. J'en avais fait l'amère expérience dans l'après-midi, en voyant débouler dans mon bureau, Michel Sardou (vous connaissez le maire dont j'ai souvent parlé), un tantinet énervé parce que son projet avait été partiellement recalé. Il faut dire qu'à force de persuasion (aux moyens que je ne veux pas connaître), la préfecture lui avait octroyé près de 50 % d'aides ce qui est de l'ordre du miracle et que du coup, mon institution a fait quelques économies !
Je devisais avec les élus lorsque manière de plaisanter, je leur raconte ma mésaventure de la semaine précédente. J'avais passé deux heures avec un maire pour faire un plan de financement, il m'avait pleuré sur l'épaule sur la dureté des temps, sur le manque d'argent des petites communes... Et alors que je lui demandais sa capacité contributive, en gros combien il pouvait payer sur le projet, il m'annonce la bouche en coeur: "nous n'avons pas un euro de dette, je peux tout payer". Les bras m'en sont tombés. Alors que je racontais cela, un gros blanc, les 7 élus autour de la table se regardent gênés, et le président me dit "oh, vous êtes une coquine, vous prêchez le faux pour avoir le vrai". Plaît-il ? "Nous sommes dans le même cas, nous n'avons pas de dette et ce projet sera le seul de notre mandature, alors on peut emprunter".Il est évidemment plus facile de faire supporter aux autres les hausses d'impôt, même si elles profitent par ricochet à des collectivités qui se posent comme des modèles de vertus financières !
Alors que je devais manger sur la route avant une autre réunion, Charlemagne m'a appâtée à l'aide de sa spécialité les spaghettis à la sauce tomate. Et j'ai bien fait de rentrer faire le plein de douceurs parce que la réunion qui m'attendait à 21h était au delà de mes prévisions. J'étais venue présenter le programme européen aux élus d'une communauté de communes. Face à moi, deux maires qui commencent à me rentrer dans le lard "nous, notre syndicat (ah bon, les maires ont un syndicat ?), il nous a dit de faire attention, cet argent il doit aller à nous, les agriculteurs (Pagnol est dans la salle, Mon eau, je veux mon eau, cf Manon des Sources)". Je suis restée stoïque, en pointant juste leur conflit d'intérêt :"aujourd'hui, je m'adresse aux élus". "Non, parce que y en a marre que ce soit toujours les collectivités (oui, ces trucs qui refont les routes que vous défoncez avec vos tracteurs beaucerons) et les associations (ces horribles amap) qui nous prennent notre argent". J
e vais pour toi, pauvre citoyen décrypter la logorrhée agricole. La Politique agricole commune (PAC) se divise en deux piliers, le premier permet les aides directes aux agriculteurs pour soutenir leur revenu dans le contexte de la baisse des prix sur les marchés mondiaux, et le second est consacré au développement rural, il permet à des non agriculteurs (ces voleurs) de prendre de l'argent pour des actions de développement : tourisme, écologie, aménagement rural.... Et les agriculteurs râlent parce que de plus en plus le pilier 2 se développe au détriment du 1, alors même que les agriculteurs sont les premiers bénéficiaires du 2 via toutes les actions de diversification. D'où les commentaires de notre édile local. Ce qui est fou, c'est que son commentaire dans n'importe quel contexte aurait été critiqué tant il était en plein conflit d'intérêts, en tant que maire, il devrait se féliciter de ce programme européen, mais il était là en tant que professionnel et syndiqué ! Un monde.
Je suis restée super calme, mais pendant les 5 ans que durera ce programme, je devrais naviguer avec ces idiots personnages qui font trembler beaucoup de monde... Et la pluie s'était remise à tomber.
17 avril 2009
Agacement
Les français seraient-ils schizophrènes ou stupides ? Ce matin, nous étions chez le Suédois, au moment du passage en caisse, une jeune femme nous propose de passer par la nouvelle caisse rapide. Cela consiste en quoi ? Et bien, c'est vous même qui "douchez" les produits et la caissière ne fait qu'encaisser. Nous avons refusé arguant que dans 6 mois, elle se retrouverait au chômage si ce truc avait du succès. Et ce qui m'a complètement sidéré, c'est de voir le nombre de personne qui cédait à la tentation. Dèjà, le terme "rapide" est un abus de langage, cela laisse entendre que la caissière classique est lente alors même que les gens peu habitués à manier les douchettes sont lents. Et puis, au moment où le chômage augmente comment céder à ce genre de tentation. Ensuite, on se plaindra des petits boulots qui disparaissent. Un peu de jugeote !
Minute interactive
Evidement pour ce qui est des stations services, c'est la même chose, sauf que cette question ne permet pas de répondre à la question actuelle. C'est justement parce qu'avec le recul, il semble que la suppression de ces petits métiers a été une imébicilité (cf en Espagne où ils existent encore), qu'il ne faut pas maintenant céder à des choses qui approfondiraient ce phénomène.
Quant à dire que le métier de caissière n'est pas une panacée, oui, certes, mais à force de laisser entendre qu'il y a des mauvais métiers (cf la dévalorisation des métiers manuels), on se retrouve avec des diplomés de certaines universités ou des bacheliers avec en main un bout de papier qui les mènent à pas grand chose. Je pense que c'est notre regard qui fait aussi la "qualité" d'un métier.
L'attente en caisse ? Ce n'est pas la faute de la caissière mais de celui qui organise le service et oui, il faut certainement râler, vis à vis du bon responsable.
Et oui, je devrais changer de magasin mais ça ne solutionne pas tout non plus, d'autant plus que Ikéa ouvre régulièrement des centres de montage de ses meubles, en Région, au plus près des magasins. Ce n'est pas une mauvaise idée.
04 avril 2009
Faut-il flinguer les départements ?
C'est en autres choses, la question que tente de résoudre le Rapport Balladur. En premier lieu, ce qu'il faut remarquer c'est le principe même du rapport. Il traite de nombreuses questions, toutes liées à l'organisation institutionnelle de l'Etat décentralisé. Comme dans tous les rapports, quelque soit le sujet, ce qui est très habile, c'est que vu la multitude de principes énoncés, toute personne, concernée, court au plus pressé , les élus montent des contre-pouvoirs pour ne pas voir advenir une partie du rapport, celle qui les dérange le plus. Voilà bien le plus pernicieux, car implicitement, ils admettent que tout le reste leur convient, ou presque. Pas tant parce que c'est la réalité, mais juste parce qu'on ne peut pas battre 10 fers en même temps.
Ceci dit, je sais que le département est dans le colimateur. Il a été défini par le principe de la journée de cheval, il fallait que chaque citoyen puisse se rendre à son chef lieu de département en moins d'une journée, il va de soi, que maintenant, les distances s'étant écrasées, ce postulat est un peu vieillot. Mais, tout de même, je ne suis pas persuadée que le regroupement faciliterait des économies d'échelle, il faudrait toujours des relais de proximité. Je suis dans un service qui accueille du public, je crois que le vrai souci est dans l'absence totale de visibilité entre les institutions. Qand ils poussent la porte, ils se moquent de savoir qui paie l'agent à qui ils s'adressent, ils veulent juste avoir des réponses. Derrière c'est la question également de la représentation électorale, qui connait son président de Conseil général voire régional ? D'un autre coté, accepter cet état de fait est aussi accepter que la médiocrité des citoyens soit conclusive. Il me semble que la moindre des choses pour un citoyen qui vote est de se tenir au courant de ce qui compose sa vie courante, qui fournit les repas à la cantine, qui paie mon instituteur, et qui finance les bus. C'est basique et que l'on se donne la peine d'être curieux.
Les effectifs pléthoriques des collectivités locales seraient la principale raison à la volonté de regrouper. Là dessus, j'ai beaucoup à dire. En premier lieu, les agents qui sont souvent accusés de tous les mots ne sont pas pour grand chose à cet état de fait. Il me semble que ce sont les élus les premiers responsables et les citoyens ensuite qui ne crachent pas sur un peu de clientélisme surtout quand c'est pour un but personnel. Deuxièment, le premier responsable est le législateur, car quand il crée une loi qui crée un nouvel échelon (cf les Pays crée par Pasqua et repris par Voynet), il ne va jamais au bout de son raisonnement en imposant par exemple, qu'un échelon vienne se substituer à un autre et non s'ajouter.
Ensuite, il y a la question cruciale de la redistribution des richesses. Pourquoi les élus locaux sont-ils tellement attachés au département ? Pas pour leurs prébendes, que l'on arrête de faire du populisme de base. Tout simplement parce que c'est la seule collectivité qui comprend l'urbain (la ville centre) et le rural et donc la seule qui mette réellement en place un systeme de solidarité territoriale. La taxe professionnelle qui est en pourcentage concentrée dans les centres urbains irrige via le budget départemental l'ensemble du secteur rural et c'est vital. Si ce lien se tarit, on aura Paris, les métropoles et le désert rural. (cf le livre de Gravier de 1960, Paris et le Désert français, qui a inspiré la première vague de décentralisation et de déconcentration) . C'est aussi pour cette raison que l'élection du conseil général tel qu'il se présente aujourd'hui est importante, les cantons sont très déséquilibrés (le secteur rural est surdimensionné par rapport à l'urbain, un canton de 2000 hab a autant de droit de vote qu'un canton de 50 000 hab) mais cela permet un réequilibrage des richesses. Parce qu'il ne faut pas réver, on parle de desserrement économique et commercial, c'est à dire que les communes centres accepteraient de laisser partir des entreprises en périphérie. La belle affaire, lesquelles, les plus polluantes ?
Il est facile de taper sur une collectivité parce qu'elle serait issue de l'ancien régime mais que l'on regarde au delà de son bout de nez. Depuis la décentralisation de 1982 et la naissance des départements, on a assisté à une vraie mutation du paysage surtout là où les grandes villes existent, le milieu rural a pu se développer. Si on rompt ce lien, je ne donne pas cher des campagnards que nous sommes, le ravitaillement par les corbeaux pourra recommencer. Et que l'on ne me dise pas que c'est un progrés ! Vu de Paris intra muros certainement. Posez-vous une seule question, dans une journée, combien de fois, croisez vous le département ? Sur la route, à la PMI si vous avez un bébé, au centre médico social, au planning familial, à la visite pour une mammographie ou contre la tuberculose, dans un camion de pompiers, au collège, dans le bus scolaire, sans parler de toutes les subventions aux communes, aux associations, qui sont juste des exemples de redistribution et de réequilibrage territorial.
23 mars 2009
Pourquoi, je voterais « Europe écologie » aux élections européennes ?
Ce n’est pas facile pour une militante comme moi de m’imaginer ne pas donner ma voix au parti que je soutiens depuis des années. Peut-être que si les conditions de l’élection de la première secrétaire avaient été autre, je me serais posée davantage de question et que le cas de conscience aurait été rédhibitoire. Mais, je dois dire que ce qui emporte ma décision est à n’en pas douter pas tant la personnalité des têtes de liste (même si j’aime beaucoup le langage clair mais jamais simpliste de Cohn Bendit, le militantisme de Bové, et la fermeté d’Eva Joly) que la volonté affirmée à longueur d’interviews de donner du corps aux idées qui me tiennent à cœur. L’Europe est le lieu de la norme, sur toutes les questions d’environnement, de brevets, d’OGM, de politique agricole. Ce sont des politiques communautaires, il faut donc avoir du poids là où les décisions se prennent. Cependant, même si le dernier traité a nettement renforcé le pouvoir du parlement vis à vis de la commission, il n’en reste pas moins, que l’Europe n’est pas autant démocratique qu’on pourrait l’attendre, mais il y a un net progrès. On rétorque souvent aux militants comme moi de l’agriculture biologique qu’elle est plus chère que l’agriculture conventionnelle. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce que l’une est subventionnée et l’autre non. Les derniers intentions du ministre de l’agriculture semblent aller vers un infléchissement de cette tendance puisqu’il semblerait que des aides massives soient apportées pour ce type de culture, on attend de voir, il y a fort à craindre que seules les grandes cultures soient subventionnées et pas les cultures maraîchères, fruitières, d’élevage ou horticoles. Les subventions à l’agriculture productiviste sont un danger non seulement pour les économies locales mais aussi pour le Tiers monde. Il est moins cher pour eux d’importer du blé européen pour faire du pain (qui est souvent introduit dans la chaîne alimentaire par l’aide alimentaire alors que ce n’est pas dans le registre des cultures locales et donc non reproductible) que de produire leur propre culture vivrière. En Europe, les subventions ont pour conséquence une augmentation de la surface moyenne des exploitations. Les agriculteurs se transforment en « chasseurs de prime ». En effet, il y a une recherche d’économie d’échelle qui passe par une augmentation des surfaces. Par extension, cela signifie des engins de plus en plus gros, la nécessité de supprimer les fossés et les haies, une atteinte à l’environnement et à la biodiversité. Cela s’appelle des réactions en chaîne ou comment une décision qui semble bonne peut avoir des impacts désastreux. Faut-il pour autant arrêter de subventionner l’agriculture au risque de la voir s’effondrer ? Ce week-end a eu lieu à Rennes un forum de Libération sur « Comment sortir de la crise ? », dont un des thèmes abordés était ce qui me tient à cœur, à savoir la relocalisation de la production agricole. Il y a là un gisement d’emplois majeur, si tant est que l’on modifie l’ensemble de l’ordonnancement des aides agricoles. Il faudrait positionner une agriculture locale, respectueuse de l’environnement et pourvoyeuse d’emplois, c’est celle là qui devrait être au départ aidée, ensuite, le marché fera son chemin. Il faut arrêter de subventionner les cultures hors sols et dessaisonnées. Il y a beaucoup à faire, et c’est pour cela, que je changerais de crèmerie pour les élections européennes, j’irais vers ceux qui défendent le mieux mes idées. Royal prêche également pour cette évolution, mais décidément le PS ne croit pas en la modernité de la croissance verte. Dommage.
18 mars 2009
Demain
Je fais grève, pas pour moi, je n'ai aucune raison de me plaindre. Mais, je crois encore en la solidarité "de classes" qui consiste à envisager sa vie non pas comme une fin en soi mais comme participant d'un tout, que l'on appelle la société. Alors, je n'ai pas hâte de voir que ceux qui n'ont déjà pas grand chose, aient encore moins. Ils seront les dindons de la crise, entre les entreprises obligées de licencier et celles qui en profiteront pour écrémer. Et surtout, il y a cette dame du Medef qui du haut de sa suffisance explique que c'est de la démagogie de faire grève et pourtant, c'est pour beaucoup une planche de salut, un espoir. Il ne faut pas oublier que pour produire des richesses, il faut des travailleurs, on a trop crû que la finance était cette machine à produire de l'argent... virtuel, cela s'appelle une bulle spéculative. Repartir sur des bases, de bonnes bases, c'est cela que l'on demande. Et je suis là en total désaccord avec M Aubry qui réclame du pouvoir d'achat pour que les gens consomment. Non, il faut du pouvoir d'achat pour consommer mieux, autrement, en valorisant les savoirs faire locaux, les productions économes en gaz à effet de serre. Il faut créer un nouveau modèle de société où l'homme et la nature seront au centre et non pas l'argent et l'illusion. Tout un programme.
Une pensée énorme pour celle qui se reconnaîtra : Inch Allah, Madame A
Ce que j'ai à répondre à Véronique : Tout d'abord, si le monde ne tournait que grâce aux "producteurs", vous n'auriez pas de travail, puisqu'un marchand par essence ne produit rien mais est juste un intermédiaire entre un producteur et un acheteur. Ensuite, certes, je ne produis pas des petites culottes ou des routes, mais là, juste à titre d'exemple, grâce à mon "travail"(et à celui de deux de mes collègues), un territoire va bénéficier de 1.2 millions d'euros pour son développement. Argent qui va bénéficier en particulier aux artisans et agriculteurs du coin. J'estime donc produire des richesses, même si ça ne se voit pas à première vue.
Ensuite, pour ce qui est de mes biens immobiliers. J'ai hérité d'une maison qui était en ruine, j'ai investi beaucoup d'argent et d'énergie pour en faire ce qu'elle est maintenant. Je ne vais donc pas m'excuser de cela. Mais, je pense à ceux qui n'ont pas la chance d'hériter, je pense aussi à ceux qui n'ont pas de moyens financiers, qui ne peuvent pas obtenir de prêt par exemple. Je ne vais pas tourner le dos à mes convictions sous prétexte que je serais "propriétaire". Et un détail, madame, les locations ne servent actuellement et uniquement qu'à rembourser les traites des prêts, je ne fais pas de bénéfices !
Enfin, pour ce qui est des enseignants qui seraient payés en grêve, c'est une vieille lune, je peux à toute fin utile, vous fournir mon bulletin de salaire des jours de grêve et celui d'amis enseignants. Ce que je peux juste vous dire c'est que je suis fière de pouvoir faire greve pour tous ceux qui matériellement n'en ont pas la possibilité. Quant à la rengaine des fonctionnaires qui ne craignent rien, sachez madame, que les 3/4 des fonctionnaires embauchés le sont sur un statut de droit privé beaucoup moins protecteurs qu'avant. Il fait beau !













