19 décembre 2009
Il semblerait que je sois ridicule
On me dit cela et je veux bien le croire, c'est la raison pour laquelle, je vais faire preuve de réalisme quitte à créer une onde de choc dans le monde entier.
Souvenez-vous, ici, comme ailleurs d'ailleurs, j'ai mis un point d'honneur à instaurer un espèce de suspense insoutenable sur la voiture qui va devenir mon carrosse. Un jour, Charlemagne me demande ce que mes copin(e)s (entité formant un tout dont une partie est composée notamment du tout représentée par le vocable "copines du blog") disent de mon carrosse. Et là, la bouche en coeur, façon adolescente attardée, je lui confie qu'en fait, je n'ai rien dit laissant l'effet de surprise opérer. Il me regarde interloqué, pas vraiment étonné, il y a belle lurette que mes frasques imbéciles ne l'étonnent plus, mais disons, surpris : "non, tu n'as pas fait ça, mais elles vont croire que tu t'es achetée un truc insensé". Immédiatement, il me demande si le PRGN est au courant. Le PRGN est un bon baromêtre de ma folie ambiante, si lui-même, n'est pas au parfum, le cas est désespéré. Et là, il est atterré puissance 100 quand il découvre que même lui n'est pas dans la confidence. Genre "comment transformer l'achat d'un pot de yaourt en secret le mieux gardé du royaume ? ". Il me dit alors que ce n'est pas possible, que je vais être terrifiante de ridicule quand on va s'apercevoir de la supercherie ou comment faire d'un marronnier le scoop de l'année. Je lui réponds alors que 1) c'est ma première voiture neuve, 2) elle est de la couleur que je voulais, et je lui rappelle que j'ai échappé de justesse au jaune citron que ma mère avait déniché pour moi 3) j'ai les rêves que je veux et que je les transmute en suspense insoutenable pour la France entière si je veux. J'en profite dans la foulée pour dire aux enfants que ce n'est plus la peine de se taire et j'appelle le PRGN pour lui annoncer ce que j'ai acheté.
Donc, voilà la raison de mon crachage de morceau, là ce soir. Alors que le monsieur du garage ne m'a toujours pas livré mon carrosse, à croire qu'ils ont dû mal à assembler tous les morceaux.
Alors, mesdames, je n'ai pas acheté une Saab 500 (heureusement, la marque vient de faire faillite), ni une décapotable, ni une Smart, je n'ai acheté qu'une 107, noire, 5 portes, 7866 € grâce à la reprise de ma poubelle de 15 ans d'âge à hauteur de 2000€ et de la prime "verte" de 700 €. Je la paie à crédit sur 24 mois (168€ de mensualité) avec un apport de 3500€. Voilà, ça vous démystifie bien le truc, là, d'un coup. Cendrillon perd de son allant, n'empêche, je ferais quand même ma grosse bobo dans ma voiture noire de 3.5m de long que je pourrais garer partout sans pousser un peu devant et un peu derrière. Ne pleurez pas, je sais c'était nul comme suspense. J'ai jamais dit que j'aspirais à faire du Fred Vargas. Et j'ai tué personne, juste un mythe. Oui, je suis une nidinette.
18 décembre 2009
Rien de neuf sous la neige
Ma soirée d'hier s'est terminée par une "erreur fatale" de type qui ne se raconte pas. Et depuis 9 heures où j'ai mis un pied par terre, je végète à l'état larvaire. Je suis vaseuse et, si j'étais déprimée, je dirais que je me sens déprimée, mais comme je ne suis pas déprimée, je dirais que je me sens épuisée. Aujourd'hui, j'aurais dû aller en ville à la recherche des cadeaux de Noël mais ni mon état ni celui des routes ne le permettent, car partout ailleurs ou presque, il a neigé ici. Une bonne rasade de poudreuse qui commence déjà à disparaître. C'est bizarre, j'adore attendre la neige, je l'espère comme gage d'un vrai hiver, vigoureux et quand elle est là, cela me confère une humeur de dogue.
Du coup, j'apaise mes entrailles avec une diète, je regarde les oiseaux qui passent sans cesse sur le perchoir pour manger des graines de tournesols, un couple de sitelle et des mésanges, des tourterelles et pour mettre tout le monde d'accord, des merles, patauds et autoritaires.
Je m'autorise une journée de rien, ah si un kouglof est au coin du feu où il cherche à gonfler, pour repartir vers de nouvelles aventures.
17 décembre 2009
On en fait des choses en 15 jours ?
Comme quoi ?
' réussir une fournée de macarons
' traîner dans les boutiques à Toulouse
' faire la grasse matinée et flâner le matin au petit-déjeuner
' trouver l'inspiration pour le réveillon du 31, donc reprendre livres de cuisine et magazines ad hoc
' lire, dormir, profiter de 15 jours.
Et là, juste présentement soigner un truc qui pourrait muter en crise de foie. Je suis stupide, j'adore le café au lait mais ça me zigouille nettement et proprement. J'en ai bu un à midi, rien que d'y penser, j'ai la nausée. Je suis rentrée l'estomac au bord des lèvres et le citron pressé de Charlemagne n'a eu aucun effet. Mais quelle bêtise ! Vautrée devant l'ordi avec un empilement de plaids pour me réchauffer. Je suis ... malade like a dog !
15 décembre 2009
Le petit lapin
d'une célèbre marque de piles électriques, voilà à peu près à quoi je ressemble depuis deux jours, en lévitation, crevée, complètement, incapable d'aligner trois mots, de penser convenablement. Je vieillis, tout simplement. Je mène trop de choses de front aussi, et cela commence à m'inquiéter un peu. J'ai peur de ne pas arriver à faire tout aboutir.
Du côté du gîte, après une première année, enthousiasmante et rassurante, l'année 2010 s'annonce affolante. Nous avons un planning qui se remplit régulièrement, je veux garder ce plaisir de prendre des réservations, comment dire les choses, l'émerveillement de la découverte, de la nouveauté. Je passe du temps à répondre individuellement, même si c'est pour dire que c'est complet. Je me refuse encore aux mails "copié-collé", j'aime ce contact. Aujourd'hui, j'ai géré l'approvisionnement en légumes des clients de Noël, je m'amuse vraiment à tout cela, à imaginer, à proposer. Je dis comme une pensée magique que tout peut s'arrêter mais j'ai envie de croire que nous sommes sur les bons rails.
Hier, il a neigé toute la journée, des petits flocons, parfois des gros, ce soir, en rentrant à la maison, le toit gardait les stigmates de cette journée d'hiver. Je suis arrivée tôt, faire manger les animaux, fermer la porte fenêtre, allumer le feu, se changer pour se glisser dans des vêtements plus chauds et confortables et profiter du silence de l'hiver. J'essaie de ne pas écouter la petite musique de l'angoisse qui monte, seule responsable : la fatigue. J'imagine alors à partir de vendredi, les petites grasses matinées, celles qui ne dépassent pas neuf heures parce qu'ensuite, l'idée du petit déjeuner dans la cuisine réchauffée par le crépitement du feu naissant dans la cheminée, suffit à s'extraire du lit. Ça va être bien, l'hiver aussi ...
13 décembre 2009
Après avoir longtemps rêvé
Ce matin, en préparant ce billet, je me suis replongée dans les archives du blog à la recherche de la photographie de notre bureau tel qu'il était voilà une semaine encore. Je me souvenais avoir écrit ici, combien il me tardait de le configurer autrement. Cela me semblait vieux de quelques mois, quel choc en regardant la date : 1er août 2008 ! Et dire que je pensais céder à un caprice qui pouvait attendre, on a parfois une vision très déformée des choses !
Donc, la semaine dernière, nous avons engagé les travaux qui ont consisté à enlever le placo qui recouvrait le mur derrière le bureau, les meubles étaient commandés. Hier matin, réception des meubles, hier soir, montage des meubles et mise en place. Il nous reste encore à refaire la peinture du dessous de l'escalier et à rejointer les pierres. Cela attendra les vacances de Noël.
Mais ce matin, le plaisir de se réveiller, de descendre l'escalier et de regarder ce joli endroit tant attendu. C'est mon Noël !
Avant
Le coq que Charlemagne m'a offert pour mon anniversaire, ma tasse (!), et le porte toast (trouvé hier à Emmaüs) qui devient un porte courrier.
09 décembre 2009
Liste de fin d'automne
' je me suis achetée une voiture, j'ai osé, elle est comme je la voulais, ma première voiture neuve, j'ai un peu honte et en même temps, je suis tellement ravie. Une vraie voiture de fille, je l'aurais la semaine prochaine.
' je réponds aux questions ! Perdre de la terre agricole pour en faire autre chose, cela s'appelle l'artificialisation des terres, c'est variable selon les territoires, dans la région toulousaine, cela représente 1500 hectares par an, plus l'on se rapproche des grandes villes, plus c'est important. L'objectif est de réduire ce chiffre de moitié.
' envie d'aller chez le coiffeur, de changer de tête
' envie d'aller de l'avant malgré des circonstances qui apparaissent d'un coup, très "brutales"
' envie de passer un peu de temps à Montpellier, en espérant que ma réunion soit vite "pliée"
' regarder les enfants et Charlemagne et se rendre compte de la chance que j'ai
' s'entourer de jolies choses, de son sac, des carnets, d'un joli livre 'Fille noire, fille blanche'.
' s'excuser d'être absente ici, mais vraiment, je fais comme je peux, malgré tout.
06 décembre 2009
Se retourner et avancer
Il était treize heures, le repas était fini, le pâté en croûte avalé. On parlait du bureau sous l'escalier, des meubles qui n'allaient pas tarder à être livrés et de l'envie d'enlever le placo pour gagner en profondeur. Mettre les pierres apparentes. Viriato s'est levé pour regarder le futur chantier. Il a dit à Charlemagne "et pourquoi pas maintenant ?". Une après-midi à manger de la poussière et ce soir, le résultat est là. Il faudra encore repeindre le dessous de l'escalier, cacher les gaines électriques. Mais, cela avance. Comme le calendrier de l'avent qui est installé depuis un quart d'heure. Je ne serais pas là demain matin pour voir leurs mines devant le premier cornet plein de bonbons. D'autres fois, il y aura juste un mot à lire. Parfois un bon, pour quelque chose à faire ou à voir.
Je vais au lit, allégée. Revivifiée.
05 décembre 2009
Magie de Noël, tu parles !
J'y arrive pas, cette année, peut-être encore un peu plus que d'habitude. Je n'arrive pas à me laisser envahir par la fameuse "magie de Noël". Les blogs se remplissent d'images, les enfants me réclament à hauts cris le calendrier de l'Avent. Et je repousse l'échéance, de jour en jour, je joue la montre. Le sapin n'est pas encore arrivé, les cadeaux ne sont qu'à l'état de listes sur mon agenda. Cette semaine, c'est une valse des réunions qui s'annonce avec un point d'orgue, vendredi, Montpellier. Dans quinze jours, les vacances, entre temps, beaucoup de réunions, pas mal le soir. Il va falloir tenir, finir mon gros boulot et ensuite, peut-être, il sera temps de se glisser dans "la magie de Noël" !
La météo n'y met pas du sien, il fait doux, l'hiver est loin d'avoir pointé son nez. De tous les côtés, j'ai une sensation d'accélération, de ne pas avoir le temps de me poser dans la tête, il faut assurer, penser à de nombreuses choses, trop peut-être pour se laisser couler dans une marée douce et sereine.
Dans la vie, il y a deux vies, la vie telle qu'on la rêve et la vie telle qu'on la vit. Parfois, les deux sont tellement proches qu'elles ne font plus qu'une, ce doit être la définition du bonheur et parfois, elles s'écartent. Alors, on s'inquiète, on se demande comment revenir à cet état antérieur. C'est cette louvoyance permanente qui fait la vie tout court. On le sait, quand les aigreurs et les craintes remontent à la surface, on revient à rêver devant les images des autres, à faire des projets pour lesquels on ne se donne pas les moyens d'aller jusqu'au bout. Toutes ces choses un peu futiles qui sont juste le témoignage d'un repli sur soi pas vraiment positif. Il faut juste s'obliger à réagir, à rebondir et à repartir de plus belle dans le tourbillon de la vie ...
Sur le chemin du marché, il est 8 heures, plongée dans une mer de brouillard
27 novembre 2009
J'ai rien compris
Je rentre de faire les courses, et j'aperçois (trop tard) un fourgon de gendarmerie, sachant ma voiture dépourvue d'un code, le réflexe débile, je coupe les phares, je vous rassure on y voyait encore, il était à peine 17h30. Inévitablement, le gendarme me fait signe de me garer. J'ai des surgelés sur le siège arrière et autre chose à faire que celle qui feint l'ignorance. "Vous savez madame qu'il vous manque un phare ? Ça vaut une contravention". Non, c'est vrai, ben je ne savais pas. Franchement sur ce coup, impossible d'espérer un prix d'interprétation, tant je disais cela sans conviction. J'ai quand même suivi le dit représentant de la force publique pour qu'il me montre de visu, l'objet du délit. Je ne moufte pas. Il me demande la carte grise, je fouille dans mon portefeuille, rien, je lui sors mon permis : "vous allez me le demander". Là, ça commence sérieusement à devenir surréaliste. J'ouvre la boite à gants après avoir déplacé le tas de linge que je venais de récupérer du pressing, et je sors sous le regard effaré de la maréchaussée un stock de 10 ans au moins de contrôle technique et autres factures de garage. Je le voyais, il hallucinait. Je fouillais encore quand il revient vers moi après avoir fait le tour de la voiture : " bon, je constate que vous êtes conservatrice, alors, vous finirez bien par les retrouver, en attendant, vous devriez aller chez le garagiste pour changer ce phare". Circulez ! Je n'ai rien compris, il avait au moins deux infractions à m'imputer : défaut de papiers et phares défectueux. Et rien ! Mystère du gentil gendarme. Ils dépriment dans la maréchaussée ?
26 novembre 2009
Jaune et vert
Quand mon père est venu me dire que la fleuriste venait d'appeler pour livrer un bouquet, j'ai d'abord crû qu'il se fichait de moi. Et puis non, ça paraissait vrai. Comment expliquer cela, pour moi, recevoir des fleurs qui plus est livrées par un fleuriste, c'est l'équivalent de recevoir le youkounkoun, c'est le trip absolu, le bonheur complet, le fantasme absolu. Ça fait "fête".
Or, donc, immédiatement, en femme passionnée et transie d'amour pour mon bel homme, je l'ai appelé sur son portable, lui qui est encore en déplacement, pour lui demander si c'était lui qui avait pensé à moi. Sans appel et avec une pointe d'interrogation qui fleurait bon la jalousie, il m'affirme qu'il n'en est rien, mais qu'il espère juste savoir l'origine de cela.
Vingt minutes après, il rappelle pour savoir, puis ma soeur, puis ma mère. La livraison devient une affaire d'état, on se prend à espérer que ce ne soit pas un amoureux caché parce que pour le coup, cela manquerait de discrétion.
Vingt minutes encore, mais elle fait quoi cette satanée fleuriste ?! On a alors le temps de faire le tour des éventuels généreux donateurs : les poissons rouges, non... Ben à part eux, je vois pas trop. Viriato, non plus, Charlemagne aurait été au courant. Elle arrive oui ! La voilà, l'inconvénient de la fleuriste c'est qu'elle est bavarde, après m'avoir expliqué le concept du bouquet, jaune et vert avec des citrons naturels, des freesias et des roses anciennes, le tout est à tomber. Elle se résoud à me raconter la conjoncture dans le marché de la fleur, puis sa vie. J'ai beau me tordre le cou, impossible de lire la provenance.
Enfin, elle détalle et j'ouvre la carte. Charlemagne sera rassuré, c'est une intention féminine (que je ne mérite absolument pas), et moi, je suis transie d'aise et de gène devant tant de gentillesse.
Et oui, aujourd'hui, j'ai eu 37 ans !



















