Clothilde saison 2

Charlemagne, le gîte, le Poulet, la Bestiole et les dernières semaines à la firme

30 janvier 2009

gateaux

Son univers est très doux, très tendre,

elle fête ses deux ans de blog avec une jolie idée à laquelle je me suis jointe. 

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13 mars 2008

Mary higgings Clarks que je sais pas écrire son nom

Toi, lectrice expérimentée, tu dois écouter ce que j'ai à te dire. Es-tu prête ? C'est parti.

Lentement, se laisser glisser sur son siège... Comment ça vous êtes debout, mais c'est inhumain de lire une telle prose, un pied en l'air comme si on allait louper le train. Ça ne va pas du tout. Donc, je reprends, tu commences par t'asseoir, il faut que tout le monde soit au même niveau, pour celles qui seraient déjà en position du lotus ou vautrée sur un lit, on se redresse. Bon, ça y est, c'est bien fini, tout le monde est assis, je ne vais pas le répéter 100 fois. Comment cela, je vous parle mal, je vous ferais remarquer que je suis à la tête de ce blog que certaines me soupçonnent d'entretenir comme une secte et donc, pour ne pas leur donner tort, je ferais gentiment remarquer à mes lectrices crédules et néanmoins dépendantes que ici, c'est moi the chief autrement appelé le gourou et que donc, quand je dis un truc, on ne râle pas, on obéit. Les dernières récalcitrantes sont-elles apaisées ? Allez, on entre en transe et on obtempère.

Reprenons. On se laisse glisser sur son siège, on ferme les yeux. Ceux qui a ce moment-là développe des idées pour le moins pernicieuses, se fourrent le doigt dans ... l'oeil, jusqu'au début de l'omoplate. Je continue. Le vide se fait dans votre tête, à mon niveau, aucun problème, en ce moment, du coté de l'agitation neuronale, quand deux synapses se connectent, on boit le champagne pour être certain de ne pas louper la prochaine occasion d'ici une bonne trentaine d'années.

Entendez-vous les mouettes et le ressac de la mer. Au loin, les enfants crient mais le bruit des vagues étouffe leurs agitations, le sable éteint leurs petits pas. Vous êtes assise un peu en hauteur, pas très loin du paseo. Un couple d'espagnols marche, vite perturbé dans leur conversation par une vespa qui passe en klaxonnant ostensiblement. Surtout, ne pas ouvrir les yeux, le vent fouette votre visage, là, une brume sableuse vous envoie de petits éclats qui agitent votre teint et le rosisse. Vous pensez sans le voir, à votre mari qui au loin, doit vous montrer combien il s'ébat dans les vagues. Il voit votre visage vers lui, il ne sait pas que vous le rêvez sans le voir. Un doux parfum arrive jusqu'à vos narines, les calamars sont en train de frire, ils vous ouvrent l'appétit. Une soudaine chaleur irradie vos épaules, vous n'osez pas ouvrir les yeux, vous savez que les instants de plénitude ne durent pas, vos yeux se gonflent de larmes, il ne vous tarde plus qu'une chose, rejoindre votre mari, prendre ses lèvres, les embrasser, ne plus les quitter et finir la nuit avec lui, que lui et les odeurs de l'été. Il est contre vous, il vous aime, vous l'aimez, la vie a soudainement un goût d'éternité.

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25 février 2008

Poétique à souhait

Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! 

On pouvait dire... Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme. 

En variant le ton, -par exemple, tenez : 

Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel aplomb

Il faudrait sur-le-champ que l’on me l’ôtasse ! »

Amical : « Mais que vous ai-je donc fait, pour autant me le faire payer ! »

Descriptif : « C’est un monde!... C’est un comble !... C’est un outrage !...

Que dis-je, c’est un outrage ?... C’est une claque ! »

Curieux : « Quoi donc, que disiez-vous que je ne comprenne à demi mot ?

Serai-je une crapule pour risquer de vous salir ? »

Gracieux : « Oh, que votre pardessus beige passe bien en ses ondes qui nous mirent

Que paternellement, je vous demande où vous l’avez acquis que j’en fasse de même ? »

Truculent : « Oh, monsieur, ces vaches que je vois là sont à peine aussi élevées que vous,

elles me donnent envie de vous proposer, cette fosse à purin pour y tremper votre dédain. »

Prévenant : « Voulez-vous que je vous envoie la garde pour vous faire convoyer en mes cachots.

Pour vous rappeler que l’on ne s’adresse pas ainsi à celui qui grand, se croit ! »

Tendre : « Mais que votre enfance a dû être souffrance pour ainsi s’adresser à moi

en des termes que tous réprouveront »

Pédant : « L’animal seul, monsieur, permet que l’on s’adresse à moi en des mots aussi discourtois »

Cavalier : « Quoi, l’ami, cet accroc dans ma visite, sera vite passé de mode. Il me suffit pour cela de lâcher ma horde ministérielle pour prouver que l’insulte est commode à défaut d’être moderne ! »

Emphatique : « Aucun gueux ne peut atteindre mon égo à aucun autre semblable ! »

Dramatique : « C’est la terre toute entière que l’on insulte à travers moi ! »

Admiratif : « Quel courage, fut-il étranger à ma personne ! »

Lyrique : « Est-ce une offrande, est-ce une ode à ma gloire, que je n’eusse point compris ? »

Naïf : « Votre légion d’honneur, pour quand la prévoit-on ? »

Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,

C’est là ce qui s’appelle prendre la presse à témoin ! »

Campagnard : « Hé, ardé ! c’est y un homme ? Nanain !

c’est un vilain ! »

Militaire : « Aux armes, qu’on l’embastille ! »

Pratique : « Voulez-vous parier sur votre déchéance ? »

Enfin parodiant l’infâme : « La voilà donc cette insulte née qui des traits de son maître

A détruit l’idée que l’on se fait de l’harmonie d’une démocratie ! Il en rougit, le traître ! Même pas !»

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06 janvier 2008

Insomnie

Le gros chat noir dort sur le coté, je suis seule dans mon lit, ma moitié a dû s'endormir le casque de radio sur les oreilles au fond du canapé dans l'autre chambre. Je tourne dans tous les sens, le sommeil ne vient pas, les images se bousculent et cette sensation que quelque chose de grave va arriver. Une explosion, un cataclysme. Soudain, les chiens au dehors se mettent à hurler, la pluie qui joue sur les tuiles rebondit sur l'évier en pierre et donne le tournis à trop tenter d'en percevoir les moindres soubresauts. Les chiens hurlent de plus belle, même le placide Justin s'y met, ce doit être grave. Bondir hors de son lit, aller les faire taire, réveiller l'homme. Non, je monte les couvertures en espérant couvrir leur bestialité exacerbée. Plus rien, ils se taisent d'un coup, sans raison, pas plus que lorsque leurs hurlements s'étaient élevés. C'est certain, quelqu'un les aura tués. Mon coeur tape dans ma poitrine, les images se bousculent, du sang, des larmes, des portes fracassées, en pleine nuit. Nous avions décidé de dorénavant fermer les volets. Pourquoi ne l'avoir pas fait ce soir ? Plus un bruit, la pluie continue son rituel, les tuiles, la gouttière percée et la chute finale vers la pierre, la terre, la fin. Le coeur s'arrête par instant, puis le sang revient, irradiant les tempes. Un bruit en bas, l'effraction, on entre, pour quoi faire, pour quoi nous faire. Personne ne réagit, il dort, rien ne peut le réveiller. Que faire ? Attendre patiemment sa fin, se dire que l'on devait finir comme cela, égorgée dans son lit. Ou simplement dépouillée de ses biens, et ces volets qu'on ne ferme pas et cette facilité à s'offrir à la vue et au drame. Il faut réagir, il faut agir. Je repousse le chat alangui qui ne semble rien percevoir de l'horreur, de la terreur qui m'anime. Je jette sur mes épaules ma robe de chambre, vite, il faut allumer des lumières, toutes, le plus possible, montrer que la maison vit, que ses habitants sont sur le-qui- vive. Descendre les escaliers, la peur au ventre. Allumer, encore et encore. Croiser la chatte, se rassurer à l'aune de sa quiétude. Craindre pour sa vie mais encore davantage pour celle des siens. Ne plus réfléchir, passer vite dans la salle à manger, se rendre compte que rien n'a bougé et pourtant. Ouvrir la fenêtre, et si quelqu'un m'attendait de l'autre coté du vantail, vite tirer les volets, ils ne cèdent pas sous la pression et si quelqu'un les retenait. Tirer, tirer fort, toujours rien, la pluie fouette mon visage, tirer, il est là, il est tout prêt, je sens son souffle sur mon visage. Pourquoi ai-je ouvert la fenêtre, pourquoi me suis jetée dans la gueule du loup ? Les chiens, j'aurais dû comprendre le piège, je n'aurais pas dû ouvrir. Comme une boule, dans un fracas, le coeur au bord des lèvres, le chat me tombe dans les bras, perché sur un volet, il n'a pas résisté à ma poussée.

La peur est toujours là, serait-ce une nuit pour attendre le jour ? Quatre heures avant les premières lueurs de l'aube, 4 heures à écouter la nuit, la peur !

Le lendemain : j'ai regardé l'heure pour la dernière fois à 3h39. Ce matin, j'ai émergé à 9h, autant dire que je suis dans une forme pré-olympique. Je sais ce qu'il me reste à faire ce soir, tisane et au lit.

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08 novembre 2007

Les grandes manoeuvres

Ce soir à la nuit tombée, le brouillard aura commencé à immerger les hautes terres. Au moment où les automobilistes dans leurs chars modernes retourneront dans leurs pavillons de banlieue où les lumières blafardes des néons le disputent aux illuminations des feux de signalisation. Les mères rentreront avec leurs petits, certains pleureront pour ne plus retourner à l'école demain où d'aucun leur envie une collation toute droite sortie de l'imagination trop fertile des géants de l'agro-alimentaire. Alors que d'autres espéreront que la dame de la crèche sera encore là au petit matin pour poudrer de talc, leurs petites fesses dodues. Tous se demanderont si leur mère sera aujourd'hui comme hier, pressée, pressurée par l'air ambiant qui force ces femmes à être parfaites aujourd'hui plus encore qu'hier, à être tout à la fois des mères, des femmes et des maîtresses. Bonne cuisinière pourtant, l'une ou l'autre d'entre elles se dira que l'affection passe par la confection de plats mijotés, ultimes instantanés de passion maternelle. Alors, sitôt posée la clé sur la commode de l'entrée, elle se jettera sur ses fourneaux pour mitonner avec allégresse un risotto aux petits pois et aux cèpes. Pendant qu'il cuira, dans le frémissement du bouillon qu'elle ajoute petit à petit, elle ouvrira le courrier en quête de quelques bonnes nouvelles venant d'ici ou de là. Son mari rentrera, embrassera sa famille et conviera ses chérubins au bain. Ici, point de hiérarchie machiste, l'homme sait que le poids de la modernité est le même pour tout le monde alors il contribue à faire baisser l'écart entre le taux d'occupation de l'homme et de la femme dans les taches ménagères. Lavés les enfants seront prêts à se jeter sur le repas et tous ensemble, ils se regarderont avec dans les yeux la nostalgie de ces instants éphémères.

Pendant ce temps, sur les hautes terres cathares, un homme attendra dans le hall d'une institution, il attendra une brune. Elle portera un jean avec des baskets montantes en cuir, un cache coeur en laine marron et un tee shirt Petit Bat de la même teinte. Autour du cou, elle aura mis son collier avec une unique grosse bille en raku marron et bleu. Sur les yeux, elle a osé un léger rimmel café et un peu de blush pour lui donner bonne mine. Mais, c'est dans sa tête que la couleur est définitivement rose car elle se dit que ici, au pied de la cité médiévale, on peut lui promettre de la respecter, de lui donner ce qu'elle n'a pas eu ailleurs. Elle le verra alors, lui serrera la main et se laissera convoyer jusqu'à un bureau où l'attendent déjà deux hommes, un est directeur général, l'autre directeur général adjoint. Ils veulent tous enfin savoir à quoi ressemble celle qui sera dans quelques lunes, leur collaboratrice. C'est un jeudi soir, c'est à 18h15 et c'est aujourd'hui !

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16 octobre 2007

Conte d'automne

Il était une fois une jeune fille fort lascive lasse (effectivement, serait-ce en fait subliminal ?!) de supporter les incongruités d'un vilain volatile fort mal embouché et d'un spécimen charcutier un peu avarié. Elle avait donc décidé de mettre son ire au service de son rêve, celui-ci prenait la forme d'un château en Espagne. Cette chimère-là, elle la poursuivait depuis belle lurette dans les songes qu'elle faisait le soir en s'endormant.

Un soir et puis un matin, elle s'est dit, foin de supplique sans réalité, passons donc à l'acte et nous verrons bien. Elle a donc commencé à déposer les plans, une première victoire lui a donné l'impression que les choses étaient peut-être à portée de main. Le volatile était écarté de sa route pour quelques mois au moins. Elle a alors décidé de beaucoup travailler, remis sans cesse l'ouvrage sur le métier. Elle a pendant quelques temps, laissé de coté les poupées qu'elle aimait confectionner à la veillée, elle a abandonné sa machine à coudre et son aiguille. Elle n'avait que le château en tête, que ce fol espoir de donner corps à son rêve. Parfois, elle avait un peu honte de se croire digne de ce bel édifice, elle se disait qu'elle n'était pas celle qui pouvait y accéder. Qu'elle n'avait ni les talents ni la naissance pour cela. Pourtant, elle avait la sensation de comprendre l'architecture et le bel ouvrage, elle répondait aux questions des érudits, elle ne se sentait pas toujours si déphasée que cela et puis surtout, dieu qu'elle aimait ce qu'elle faisait. Ses livres sur les formes et les formules l'enthousiasmaient, elle se jurait que quand la construction serait finie, que l'édifice soit debout ou couché, elle continuerait à persévérer dans cette connaissance de toutes choses.

Elle est partie quelques jours en Guyenne, pour poser les dernières pièces à son édifice, elle n'a pas ménagé sa peine, elle a oeuvré dans le sens de son histoire à elle, avec ses idées et ses conquêtes. Elle ne s'est pas oubliée dans cette dernière bataille, elle s'est dit que vaincue ou vainqueur, il faudrait que toujours elle puisse se regarder en son miroir. Elle avait cru atteindre quelque chose, elle n'avait pas failli, la fatigue était bonne à ressentir, elle sentait le poids de l'oeuvre accomplie. Elle ne voulait pas croire que le château soit à portée de main, mais elle se disait qu'elle aurait tant aimé que d'autres soient fiers d'elle. Et puis, le château a vacillé, il s'est écroulé, il a rappelé à la jeune fille qu'elle n'avait certainement pas tout fait comme il fallait. Il lui a dit qu'elle n'était pas de ce monde-là, que l'on ne rentre pas dans une échauguette avec des bottes de sept lieux, il lui a rappelé que désormais, son rêve n'existait plus. Il lui fallait maintenant retourner au pays des oiseaux... sans gloire. Mais, elle sait désormais qui elle est.

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22 avril 2007

nami0615

(copyright)

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22 février 2007

Harlequin is back

Dans la cuisine équipée Mobalpa avec un beau plan de travail en marbre blanc de Carrare, appareils ménagers dernier cri, le calme règne, une lumière basse tension éclaire la table. Elle est assise, drapée dans un peignoir de soie, rose poudrée. Elle profite des derniers instants de calme, devant un mug de thé "Marco Polo". Il entre par la porte de bois blanc cassé, il est excessivement beau, ce matin, se dit-elle. Ses joues mal rasées lui rappellent cette nuit où elle s'est abandonnée dans ses bras suaves et virils. Il lui embrasse tendrement la chevelure et en profite pour humer ce doux parfum qu'elle dégage.

"Tu as bien dormi ma chérie"

"Oui, ces nuits-là me font oublier tes absences, ces longues soirées que tu passes au ministère, j'oublie tout, j'aimerais tellement que ce soit tout le temps comme cette nuit".

"Tu sais très bien que je ne peux pas faire autrement, le petit nerveux est très exigeant alors je ne peux pas faire moins". Compréhensive et amoureuse, elle lui pose délicatement la main sur le bras, et en un regard, lui témoigne toute son admiration. Ils se sont rencontrés il y a 2 ans, lui a de grands enfants. Il l'a vue, pour la première fois, dans le salon de beauté où il venait se faire faire une manucure, c'est à la mode au ministère. Il a tout de suite aimé sa douceur, sa féminité et son rire aussi tellement naïf alors qu'elle s'occupait de donner une belle forme à ses ongles d'homme. Il l'a impressionnée, elle a succombé comme par magie à son magnétisme. Le soir, elle découvrait son appartement, le lendemain, ils promettaient de ne plus se quitter.

"Tout est-il prêt pour le départ ? Tu n'as pas oublié les cadeaux pour ma mère et pour Pierre ? Tu sais, il n'a pas digéré que j'ai quitté sa mère, alors, il faut être à la hauteur avec lui".

Elle se lève et l'enlace "ne t'inquiète pas, tout est prêt, j'appréhende un peu ce premier réveillon chez ta mère, mais tu le sais pour toi, je suis pête à toutes les concessions". Alors, c'est décidé, ils prendront la route dans une heure, elle file à la salle de bains se préparer. Il la suit, ils se lavent les dents devant les deux grandes glaces en s'admirant mutuellement, heureux et fiers de leur vie de rêve.

On sonne à la porte. "Laisse mon chéri, j'y vais. Habille-toi tranquillement". Depuis qu'ils se sont rencontrés, elle ne travaille plus, il préfère qu'elle reste à la maison, toujours disponible. Et puis au ministère, avoir sa femme qui travaille, ce n'est pas très bien vu. Elle, culpabilise de cette situation, elle voit comme il se tue à la tache. Lentement, pour bien profiter de ce matin calme et heureux, elle se dirige vers la porte à travers le grand couloir, elle sent sous ses pas la moquette en sisal lui faire un massage qui lui irrigue de plaisir tout le corps. A travers le judas, elle reconnaît la casquette de l'agent de la Poste. Elle ouvre "c'est le courrier, ma petite dame". Elle n'aime pas les regards que lui jette cet homme, tous les matins, il la considère comme une parvenue, c'est sûr. N'a-t-on pas idée aussi de confier la tournée à un commmuniste libertaire dans ces quartiers là. Elle referme bruyamment la porte. De la salle de bains, il s'inquiète "un problème, chérie ? ". "Non, non, ce n'était que le courrier".

Elle jette un rapide regard aux lettres, rien d'important. Au milieu pourtant, une missive attire son attention, une écriture féminine, une adresse au dos inconnue. Elle comprend que cette lettre peut lui gâcher ses vacances, ses premières vacances en amoureux, certes dans le château familial en Beauce mais tout de même. Elle ne veut pas qu'il passe des heures, enfermé dans son bureau, loin d'elle. Et puis, ce n'est pas grave, elle la lui donnera en rentrant. Délicatement, elle glisse la lettre dans le tiroir de la console et s'en va rejoindre son amour, son bel homme qui l'attend dans le salon, les valises à ses pieds.

Note du narrateur : Maintenant, la grosse pétasse, tu te magnes de déterrer cette lettre du tiroir de la console et de la donner à ton mec pour qu'il en sorte la copie qui y croupit depuis deux mois, qu'il la corrige et qu'il la renvoie. Autrement, je te refais ta tronche de tanche façon Hannibal Lecter. C'est compris ?

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19 janvier 2007

Jour 5

Clothilde !  Clothilde brisée ! Clothilde martyrisée ! mais Clothilde libérée ! libérée par elle-même, libérée par sa volonté avec le concours d'une armée de stylos, avec l'appui du stabilo et du typex.

Enfin, pour tout dire, je suis juste bonne à aller au lit. Et entre nous, je peux dire une chose, il faut avoir une forme olympique, une forme du tonnerre, parce qu'aujourd'hui, j'étais à 10% de mon potentiel, limite en surchauffe neuronale. Vous ne connaissez pas un dopant bio ?

DSCN6071

Le sujet : Chargée de mission dans une Communauté d'agglo, votre directeur des services veut une note sur la loi de cohésion sociale et plus spécifiquement sur les missions locales et les maisons pour l'emploi.

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05 janvier 2007

Promenons-nous

Ma Bestiole sous le bras, j'ai attelé mon carrosse pour partir à la ville remplir le garde manger laissé vide. Nous étions également bien décider à trouver des bottes de sept lieux à la donzelle. Elle est revenue ravie avec ses nouveaux chaussants tout vert. En chemin, nous avons croisé deux gentes dames inconnues de visu et pourtant aux affinités fort électives. Autour d'un café, nous avons disserté de l'intérêt des blogs et c'est avec aise que je peux dire que des papotages comme ceux-là sont foncièrement les bienvenus. Nous nous quittâmes alors en nous promettant de nous revoir, et cette augure est bien là enthousiasmante. Après quoi, la Bestiole restée muette pour cause de grosse timidité s'est ruée sur un sandwich avec le plaisir du fruit non pas défendu mais plutôt rare.

Et pour que ma nuit soit douce, j'ai vite fini cette saynète qui me fait penser que l'hiver aussi peut être gai, pour peu que l'on sache où et quoi regarder !

ddd

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