Clothilde saison 2

Charlemagne, le gîte, le Poulet, la Bestiole et les dernières semaines à la firme

30 octobre 2009

En quelques mots

Arles, et le trésor du Rhône, César en magnifique vigie des temps antiques, une illumination, une émotion.
Le Pont du Gard, les enfants ébayent par le lieu.
Uzès, un joyau, une ville qui donne envie d'y revenir, des places comme la place aux herbes, douce et rêveuse. Et le Duc qui veille toujours sur son Duché, un peu comme si le monde autour n'avait pas changé.
Saint-Guilhem le Désert, beaucoup trop de monde, la crypte de l'église, les enfants qui découvrent l'architecture religieuse.
La Couvertoirade, une petite cité médiévale dans son "jus", un monde hors du temps, les troupeaux de brebis.
Saint Eulalie de Cernon, première cité templière du Larzac, des ruelles presque oubliées. Quand on dit que les pierres ont une âme, dans des lieux comme ceux-là, il y a une réalité. Fascinée par l'histoire des Templiers, on se trouve ici, face à quelque chose d'habité, par une présence particulière. Qui émeut réellement.
Le Larzac, de nuit, les cols, les hauts causses, les vallées encaissées, les routes de campagne qui n'en finissent pas. Une impression fantomatique, la bête du Gévaudan, d'un coup, semble plus vraie.
Le Larzac, en plein soleil, des paysages à couper le souffle, des fonds de vallées encaissés, les mille et une couleurs de l'automne, peu de voiture, le calme. Grandiose et simple à la fois.
Peu de photographies, parce que finalement, il vaut mieux regarder avec les yeux, petite philosophie de ces trois jours.
Trois jours de vacances, avec plein de choses à vous raconter, comme notre première expérience en chambre d'hôtes. J'attends d'être un peu posée et d'avoir pris le recul nécessaire.

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27 octobre 2009

Vacances mi teintes

Je pars et à mon retour, mon chef ne sera plus là. Échange de mails aujourd'hui, comment lui dire combien il compte.
Je pars et j'ai toujours peur de ce qu'il pourra se passer en mon absence, lâcher ces questions, juste partir, profiter de la famille.
Je pars et j'en avais tellement envie de ces trois jours, rien que nous quatre, alors pourquoi cette angoisse qui étreint au moment de fermer la porte.
Je pars et je prévois mon retour comme pour me rassurer qu'effectivement, je reviendrais, des rendez-vous, des activités, des choses planifiées.
Je pars, à samedi...

automne

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26 octobre 2009

A vous la parole

Bientôt sur ces ondes : Clo visite la Provence et les Cévennes. Point de vue visites, je pense avoir un programme agréable, pour le logement, je réserve deux surprises à Charlemagne... qui hante ces lieux donc motus !
Par contre, je fais appel à votre connaissance pour des tuyaux de restaurants. Ce que l'on aime : pas
d'ostentatoire, à l'addition correcte, de
la cuisine traditionnelle locale, pas de
chichi et qui reçoit les enfants avec
autre chose que steack hâché frites !
Nous allons à Arles, Avignon, Uzès,
Lodève, Millau. Et dans leurs
environs ...
Merci d'avance.

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24 octobre 2009

Samedi dans tous les sens

Je le dis et le répète pour ma petite tête "les vacanciers arrivent toujours en avance et partent toujours en retard". Je devrais le savoir, ce matin, j'avais le temps, ils avaient dit midi, à 10h23, ils étaient à Carcassonne. La course contre la montre pour finir ce que la sortie des classes hier m'avait obligé de laisser en plan. Et chaque fois, je me dis que c'est la dernière fois, justement que je me fais surprendre... Espoir.
A 14h, filer en ville avec les enfants. Faire 15 kilomètres et s'apercevoir que j'avais oublié le porte monnaie avec la carte bancaire sur la table de la cuisine, rebrousser chemin et trouver Charlemagne à mi-chemin pour le récupérer. Et la question qui tue "t'es sûre que tu n'es pas trop énervée pour partir seule". Là, oui, instantanément, je suis super énervée et potentiellement je peux virer folle à enfermer si tu continues avec tes questions neuneu.
Prendre l'autoroute, respirer avec le ventre, tout est sous contrôle. "Maman, t'es sure que tu prends la bonne voie, avec papa, on ne passe pas par là". Béni était le temps, où ils suçotaient leur tétine derrière, doué sde langage, ils n'en sont que plus... présents. Qui leur a mis dans la tête que leur mère était une débile sur la route, qui ? Je vous le demande. Respirer avec le ventre.
Tout le reste à couler fastoche, les achats de vêtements pour les enfants, 10 ans et 7 ans et des goûts affirmés et plutôt réussis. Un passage chez Milan pour découvrir une libraire qui connaît vraiment son métier, y rester un long bout de temps. Un gâteau et hop, le retour.
Une chouette journée, même si je me suis faite violence pour ne pas entrer à la Droguerie acheter de la laine. C'était le jour des enfants, pas celui des mamans... ou plutôt si, le jour des mamans qui pensent à leurs enfants.

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22 octobre 2009

Sensations d'immédiateté

Passer la journée sur l'analyse des carrières du territoire, ciment et agrégats ...
Regarder la pluie tomber, avoir l'impression qu'il faut regarder de l'avant et ne pas s'inquiéter des humeurs maussades.
Partir pour la ville du marché du samedi, attendre la réunion de la fin d'aprés-midi.
Manger des beignets, découvrir le magasin d'encadrement (tu sais madame la juriste).
Penser aux enfants, leur amener des gâteaux...
Regarder les belles vitrines, humer les senteurs un peu anglaises des mugs fleuris, de la petite boutique aux habits chics.
Flâner le nez au vent. Se serrer dans l'imperméable, s'entourer de la grande écharpe aux couleurs d'automne.
Laisser les ombres tomber et apprécier le temps juste volé...


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21 octobre 2009

Les hommes de ma vie... professionnelle

Au tout début, il y a eu la saucisse, cette espèce de météorite qui se déplaçait à la vitesse de l'escargot. Grand escogriffe qui promenait son mal de vivre dans mon bureau. Je ne me souviens plus très bien comment on a été présenté, je ne sais plus à partir de quel moment nous avons partagé le même bureau. Mais entre nous, quelque chose s'est instauré.

De mon côté, du respect, malgré mon humour caustique à son endroit, parfois de l'agressivité tant je le voyais embourbé dans ses histoires de manque de courage, de passivité et de victimisation. Aujourd'hui encore, nous avons des contacts, il est venu á l'inauguration, il lui arrive de venir manger à la maison, il m'a présenté sa copine. Avec lui, j'ai découvert ce sentiment à mon endroit, entre protection et sollicitude. La saucisse a été ce premier homme dans ma vie professionnelle à me renvoyer une image très positive, à être attentif. Pour moi, c'était le premier mec que j'avais à "diriger", c'était cette ambiguïté entre l'impression qu'il me protégeait et me tempérait et en même temps s'en remettait à moi pour toutes les décisions, cachant son mètre 90, derrière mon mètre 75. Quand nous allions quelque part, c'était toujours moi devant et lui derrière, pas trop en garde du corps, plutôt en voiture balai, prêt à excuser mes écarts, à ramasser les pots cassés, à arrondir les angles. J'en garde un souvenir ému, et j'adore encore comme la semaine dernière lui glisser alors que nous nous revoyions pour une réunion "qu'il est doux de te savoir là, et de travailler avec des gens civilisés". Il a rougi, je ne sais, si c'est d'aise ou d'imaginer que la Mouette aurait pu m'entendre. Jouer la connivence avec lui, toujours.
Et aujourd'hui, il y a cet autre homme dans ma vie. Là encore, comment expliquer les dizaines de sms que nous échangeons le soir devant la télé ? Les échanges portent toujours sur l'avancée de notre projet local, lui, c'est le mangeur local. Je me suis parfois demandée quel jeu se jouait là. La séduction ? Non. Point du tout, faites moi ce crédit. La connivence, homme femme, ne finit pas forcément dans un lit. Et je sied gré à Charlemagne de me laisser cette liberté, d'échanger avec quelqu'un sans y voir rien de tragique. Aujourd'hui, alors qu'il me racontait rencontrer Hamon ce week-end, je lui demandais de vérifier s'il était beau. Il a alors répondu : "la i-chef sort de la neutralité et a un genre !". Sous-entendue féminin. Voilà bien, la clé de cette relation, le travail, les échanges professionnels sur une base amicale, raconter peu de sa vie, mais beaucoup échanger sur nos convictions, nos idées pour les idéaux que nous portons. En réunion, il y a des échanges de SMS, des conseils, des coups à éviter. Et je retrouve avec lui ce que j'avais avec la Saucisse, une bienveillance, une écoute. Nous sommes peu dans l'introspection, jamais dans le jugement personnel, je sais les terrains sur lesquels je refuse d'aller, tout ce qui est personnel, qui relève de la famille ou de mes états d'âmes. Cloisonner. 

Hier, Charlemagne m'a accompagné à une réunion où je devais intervenir devant un parterre d'élus, qui se sont avérés très mordants. Il me regardait faire depuis l'autre bout de la salle, c'était la première fois qu'il assistait à mon "travail", quand je suis sortie, il me tenait la porte, ce n'est pas ce geste là, que j'ai lu, mais celui de quelqu'un qui m'entourait dans ma sortie, qui me préparait, qui me soutenait, qui me protégeait.
Être sous le regard bienveillant et protecteur, celui de ceux qui comprennent que l'on grandit mieux à plusieurs et pas les uns contre les autres. Mais pourquoi sont-ils forcément du genre masculin ? Voilà la vraie question.

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20 octobre 2009

Dans l'actualité

Et si nous parlions de l’air du temps, de la suppression de la taxe professionnelle et de la réforme territoriale. Pour le citoyen lambda, est séduisante cette idée de diminution du nombre d'élus locaux. Oui, c'est facile de "taper" sur cette vision de la France du siècle dernier, à la panse bedonnante. Alors, pourquoi ne pas tailler dans le vif et en faire passer un certain nombre à la trappe.Cela fera faire des économies. Tout d'abord, il faudrait certainement arrêter de prendre les gens pour des zozos, a-t-on besoin annuellement de 850 000€ de sondages faits pour le compte de l'Elysée ? Quand on parle d’économies. Je suggère de rémunérer quelques types, de les équiper de méhari et les envoyer sillonner la France pour entendre les gens, c'est souvent très représentatif de la pensée des citoyens. Enfin, ceci est une autre histoire. Donc, la suppression de la taxe professionnelle. Immédiatement, la conséquence première est la perte d'autonomie des collectivités locales. Qu'est-ce à dire ? Aujourd'hui, une commune par exemple décide quand elle vote son budget de 70 % de ses ressources (elle vote les taux des impôts locaux, les bases sont calculées par l'Etat, on entend par base, par exemple la base locative). Le reste de ses ressources se compose des compensations versées par l'Etat au titre de la péréquation (prendre aux riches pour donner aux pauvres) ou des transferts de compétences et des subventions versées par d'autres collectivités (au titre des financement croisés, pour faire une patinoire, la commune reçoit des aides du département et de la région). La suppression de la TP entraînerait de facto le passage d’une autonomie de 70% à 12 %, ce qui s’appelle une aliénation ! C’est à dire que aujourd’hui, les collectivités décident de 70% de leurs ressources qu’elles peuvent donc moduler en fonction de leurs projets, avec 12%, elles ne pourraient plus décider de rien. De plus, sachez que les collectivités à la différence de l’Etat ne peuvent pas présenter un budget en déséquilibre, il doit toujours être équilibré, et elles ne peuvent recourir à l’emprunt que pour la section d’investissements (au contraire de l’Etat qui peut emprunter y compris pour payer son train de vie) et les provisions pour payer les dettes sont obligatoires. La suppression de la TP a donc pour première conséquence une perte d’autonomie des collectivités d’autant plus que l’histoire a prouvé que jamais l’Etat n’avait tenu ses engagements en terme de compensation. La TP est supprimée, en année N+1, l’Etat verse l’équivalent en argent, mais en n+2, au mieux il verse la même chose, au pire, il ne verse plus rien. Et si il verse la même chose, premièrement, il ne tient pas compte de l’évolution possible du coût de la vie par exemple ou de l’installation de nouvelles entreprises, une compensation, contrairement à l’impôt qui est calculé tous les ans, n’est pas dynamique. Mais, il y a encore plus grave pour les territoires. Aujourd’hui, les élus se démènent pour faire venir des entreprises parce que cela crée de la richesse et de l’emploi. Mais dans des espaces ruraux, pour les attirer il faut se démarquer des grandes villes, pour cela il faut donc du foncier pas cher et des services annexes (crèche, voirie…). Tout cela a un coût. Les collectivités récupèrent non sur le prix du foncier qui doit être bas, mais sur la taxe professionnelle qui en découle et qui permet donc d’amortir les investissements. Si demain elle n’existe plus, est rompu le fil qui lie les entreprises aux territoires. Les élus préfèreront vendre du foncier 10 fois plus cher (en zone d’activité, le mètre carré coûte dans les 15 € chez nous, en foncier à bâtir, plus de 100 € ) pour des terrains à bâtir, avec le mitage de l’espace que cela induit et tous les problèmes liés au développement de cité dortoir. On nous prépare très clairement une catastrophe et ce n’est pas faute de le dire et de le répéter. A cela, il faudra ajouter la réforme territoriale. Il est clair que si la réforme de la TP passe, il ne sera plus nécessaire de réformer les collectivités, faute de moyens elles seront contraintes de se replier sur leurs compétences de base. Parce que le point phare de la réforme institutionnelle est la suppression de la « compétence générale » pour les collectivités que sont la Région et le Département. Aujourd’hui, elles ont deux blocs de compétences : les compétences transférées lors de la décentralisation (par exemple, les collèges et les routes pour le département, l’économie et la formation professionnelle pour la Région) et la clause de compétence générale qui leur permet d’agir dans n’importe quel domaine. C’est simple de dire que c’est une des causes de la gabegie financière, les collectivités (par électoralisme, quant à avoir mauvais esprit allons-y gaiement) financent tout et n’importe quoi via les financements croisés, ce qui fait que pour une opération d’investissements, vous avez trois co-financeurs. Ou qu’une association a des subventions venant de plusieurs partenaires.Sauf que si on supprime cette clause, pour des territoires ruraux, c’est une véritable catastrophe. Les petites communes sont incapables sur leur budget propre de financer des choses pourtant primordiales comme une nouvelle station d’épuration ou la rénovation de l’école. Sans les financements croisés, on ne peut plus développer des petits territoires. Ah certes, on fait des économies, mais parlez en aux entreprises du BTP qui tirent 60 % de leur activité de la commande publique, elles voient arriver cela comme un cataclysme économique. Comment peut-on réfléchir à cela ? La combinaison de la suppression de la TP et de la perte de la clause de compétence générale va avoir des conséquences inouïs sur nos territoires. C’est une vision comptable et parisienne (cf les hauts cris poussés par Jupé à Bordeaux) de la vie des territoires qui prévaut dans ces décisions. Et en plus, que l’on ne nous dise pas que c’est pour simplifier le paysage territorial français, parce que savez vous que… l’on nous ajoute un échelon dans le mille feuilles : la métropole. Décidément, c’est à ne rien y comprendre ! Et quant à entendre les citoyens dire : on ne comprend jamais rien à qui fait quoi. Il me semble que cette argumentation est scandaleuse, c’est notre vie quotidienne, que l’on prenne le manuel d’éducation civique d’un collégien, on passe deux soirées ou deux séances sur les toilettes à le lire, et voilà, on ne peut plus dire que l’on y comprend rien ou alors, c’est que vraiment, on y met pas de la bonne volonté. Ah oui, cela c’est autre chose.

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19 octobre 2009

Un peu de ceci

Cela peut paraître un peu "niais" cette manière de parler souvent de décoration, d'embellissement de la maison, de petites bricoles qui mettent des touches douces dans le quotidien. Au début de cette tendance (au vrai sens du terme et pas de celui désormais galvaudé car le mot "mode" est un peu trop connoté !), je me suis demandée ce que je recherchais là dedans. Soyons sérieux, ma vie ressemble peu ou prou à quelque chose de sobrement agréable, pas de grand drame, pas de grande effusion plaintive, non, tout va plutôt bien. Il y a des soubresauts, des choses dont il faut s'accommoder et qu’il convient de dépasser, cela devrait être possible. Ce sont aussi ces péripéties qui aident à aller de l'avant, à s'adapter. Donc, je parviendrais à le faire. Et pourtant, je sens consciemment que les travaux d’aiguilles comme le feuilletage des magazines me procurent un bien fou, limite total. Ils sont un peu l’équivalent d’une tasse de liquide fumant, ils équivalent à une heure passée en cuisine. Bien sur, ils ne sont pas tous azimuts, ils relèvent toujours d’un espèce de rituel thématique. J’aime les ambiances automnales et hivernales parce que je crois qu’elles sont le symbole de notre propension à « protéger ». Pour preuve, les articles sur les oiseaux à nourrir, les plantes à couvrir contre les frimas… Hier après-midi, j’ai passé un long moment à faire des choses que certaines pourraient juger d’une futilité sans nom comme remplacer le sac poubelle dans lequel nous rangeons le pain sec pour l’âne par un beau sac en vieux draps et torchons que j’ai confectionné. J’ai aussi placé des petits rideaux faits avec les deux gros torchons chiffrés achetés à Emmaüs, tout cela pour cacher l’aspirateur dans l’arrière cuisine. Charlemagne m’avait proposé d’aller ramasser des châtaignes dans la Montagne noire, j’ai prétexté le départ des locataires du gîte pour rester à la maison tous ensemble. Chacun a vaqué à ses tâches, le Poulet avec ses mécanos, la Bestiole a « trafiqué » dans sa chambre où elle a retrouvé mon maquillage (deux mois après !) et Charlemagne préparant son concours de radio de la semaine prochaine. Et moi, après des semaines d’inactivité, j’ai repris le chemin de l’atelier pour faire trois fois rien. La fin de l’après-midi s’est achevée dans la campagne par une promenade à pied. Je voulais rester à la maison, parce que durant la semaine, c’est juste un pied à terre alors le week-end pourquoi ne pas y chercher matière à intérêt au lieu de courir systématiquement les chemins ? L’automne, c’est le temps du repli sur soi et sur les siens, c’est aussi le temps où l’on se rend encore plus compte de la chance d’avoir un toit et des êtres à entourer, à protéger. Pour moi, il n’y a pas de « composition » dans cette présentation enchanteresse de la saison qui est là. Ce n’est pas du papier glacé que je vends en ne montrant que la beauté des choses. Ce matin, il avait gelé, la campagne était blanche, c’était un vrai émerveillement et je me suis réellement arrêtée au bord de la route pour me repaître de cette vision, pour en prendre une goulée pour la journée. Donner à manger aux oiseaux, ce n’est pas se donner une contenance, mais c’est l’espoir de les regarder de près et de trouver dans ce spectacle matière à bien être. Trouver des décorations pour les fêtes, ce n’est pas composer un personnage, c’est retrouver le parfum des Noëls de l’enfance et créer desambiances qui marqueront nos enfants. Il y a dans cette recherche un besoin de se sentir entourée et une envie de transmettre une vision de la vie, pas agressive, plutôt attentive aux autres et à la nature.

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18 octobre 2009

...

Cette semaine,
µ je prendrai les jours comme ils viennent, doucement les uns après les autres, j'oublierai la veille la réunion du lendemain, qui me fera rentrer tard, et le lendemain, celle du jour d'après encore
µ je penserai à samedi et à la sortie à Toulouse avec le Poulet et la Bestiole, au chocolat que nous irons boire chez les chonchons, aux boutiques que nous visiterons ensemble
µ j'imaginerai ma visite à la droguerie pour reprendre goût aux travaux d'aiguilles, peut-être même que je m'achèterai enfin le livre sur les accessoires et puis un peu de laine, juste un peu.
µ je recommencerai à respirer avec le ventre et à penser à ceux qui demandent de l'attention et qui m'aident à oublier mon nombril.
µ je ferai des projets de couture, je regarderai tout ce que j'ai et tout ce dont je n'ai pas besoin.
µ je reviendrai aux fondamentaux après cette semaine qui n'a ressemblé à rien et à ce week-end de montagnes russes
µ je me plongerai dans les Marie-Claire idées pour penser aux décorations de Noël, ici et au gîte, pour ne pas finir en catastrophe avec rien qui satisfasse.
µ dimanche, au marché aux fleurs, j'achèterai des bruyères et j'en mettrai sur la table dans l'entrée, avec des couleurs d'automne.
... Et je finirais par penser que tout peut continuer. Mais, dieu que l'équilibre est difficile à retrouver.

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16 octobre 2009

A la maison

Une journée hier qui commence, alors que l'on se demande comment il sera possible d'arriver au bout. Le matin à Toulouse, la mouette d'un côté de la table et moi de l'autre, d'autres personnes autour, et souvent, trop souvent, sentir son regard sur moi. Alors lever les épaules, redresser le dos, rigoler avec mon voisin, démontrer que tout va bien. A onze heures, filer vers le bureau en laissant toutes ces mauvaises ondes derrière soi. L'après-midi, une réunion de 15 personnes à animer avec les agents des différents territoires, laisser faire la fille qui nous fait rire. Chargée du tourisme de la ville, elle a un humour et un sens de la mise en scène fascinants. C'est un spectacle qu'il faut parfois canaliser pour avancer. A 17h, prendre en rendez-vous la stagiaire finalement recrutée pour le poste du projet européen, découvrir que pour certains le langage administratif est du charabia. Nous nous entendons très bien, techniquement elle a beaucoup à m'apprendre et vice versa. J'aime bien l'idée de travailler avec elle.
A 19h, mon chef et le "jeune cadre" qui va devenir mon chef arrive pour souper avec moi, ils me demandent si je me souviens de ce jour d'octobre où ils sont venus me chercher, ils me racontent leur envers du décor, les appels entre eux pour se dire que "la pêche avait été énorme". Mon chef se souvenait que ce jour là, il était sur la route vers Montpellier, pile à Narbonne au pied des chevaliers cathares,  sur l'autoroute. Moi, je me souviens après ce coup de fil être sortie dans le jardin, face au bassin et avoir respiré un grand coup pour me dire que quelque chose venait de se passer qui me marquerait. Ensuite, ils m'ont parlé de mon avenir, ils se sont mis dans l'idée de me "vendre", de faire ma promotion, les idées qu'ils ont pour moi me semblent disproportionnées, il parait que j'ai un cv qui intéresse beaucoup de monde. Je n'y crois pas une minute, ce dont ils me parlent me fascine mais je n'y crois pas. Ils me disent qu'il faudra être patiente et surtout me préparer à répondre oui dès que ça sera proposé. Je n'y crois pas (pensée magique...).
La réunion qui a suivi avait pour but de présenter le document que j'ai tant travaillé, j'y ai passé tellement de temps et d'énergie que j'ai été un peu déçue par le manque de débat, par des mesquineries d'élus (des logements sociaux, surtout pas !). Il faisait froid dans cette salle, heureusement, il y avait le jeune cadre pour rigoler un peu et mon chef pour me dire de ne pas m'en faire. A onze heures, je n'avais qu'une envie, me glisser dans le lit pour me réchauffer.
Ce matin, il était 5 heures quand un violent mal de ventre m'a tiré du lit, la fièvre aussi. La matinée s'est égrainée sous le signe de la douleur. Allumer le feu, rester à la maison, faire le vide et décompresser après cette juste folle semaine.

Posté par Dame Clothilde à 10:42 - C'est quoi ce bintz ? Ma vie - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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