26 septembre 2009
Emmaüs, Sister Jane et moi
Grande première, j'ai fait découvrir à Sister Jane, les compagnons de la ville où je travaille, en fait le déballage des compagnons en général vu qu'elle n'y avait jamais mis les pieds. Nous sommes parties assez tôt pour ne pas arriver après la bataille. Dans le premier bâtiment où se trouve les meubles, je suis tombée en admiration devant une sorte de buffet, années 30-40. Avec le dessus en marbre, je ne suis pas encore certaine de l'affectation parce que la bête doit bien mesurer 2 mètres de long. A 20€ le meuble, non, je n'ai pas oublié de zéro, il aurait été dommage de ne pas succomber à la tentation. Affectation à suivre. Il faudra d'abord aller le chercher.
Ensuite, nous avons filé dans le second bâtiment à la recherche de vieux linge, j'y ai trouvé deux torchons au lin très épais et avec un joli monogramme rouge, un napperon sans façon, certainement une découverte de drap qui peut devenir un dessus de console ou un haut de rideau. A suivre aussi. Puis, un moule à gâteau en fer blanc, comme je les aime pour faire joli.
Il était temps de repartir, à gauche juste avant la sortie, il y a le dernier petit recoin avec les objets un peu plus précieux, j'y fouille toujours à la recherche d'une vierge en plâtre que ma mère recherche et que j'aimerais bien finir par lui trouver. Je fais un tour et je le vois. Depuis la dernière fois, il avait changé de place, de la tête de gondole, il avait été mis un peu en retrait dans une panière, mais son oeil bleu me regardait toujours. Il y a plus de 6 mois, je ne l'avais pas pris, il coutait un peu trop cher pour moi. Et pourtant, il y a longtemps que je le cherche ce baigneur, vieux, qui a vécu. Aujourd'hui, il était là, son prix avait fondu à 15€ (contre 65€), parce que les élastiques qui tiennent ses bras et ses mains sont un peu fatigués et son oeil est un peu fuyant. La dame m'a rassurée sur la facilité de le remettre d'aplomb, elle m'a montré sa marque au dos, preuve que c'était un "vrai" vieux, un géant aussi avec ses 60 cm de haut. Il a trouvé une nouvelle maison, je l'ai baigné, je lui ai lavé son vieux tee-shirt et je feuillete les Marie-Claire idées pour lui faire une garde robe.
Un voyage à Emmaüs, pour 44 €. Et le sourire aux lèvres, j'ai enfin mon baigneur.
(les photos sont très mauvaises)
24 septembre 2009
Manière de voir décousue
Aujourd'hui, j'ai reçu un SMS de quelqu'un qui était au pied du Marché Saint-Pierre et qui a pensé à m'envoyer une photo, c'était chouette.
J'attends Charlemagne qui rentre de Paris, oreilles à l'affût d'un bruit de moteur.
Ce matin, à 7h, sur mon portable que Charlemagne a emporté pour plus de commodité à Paris, est arrivé un SMS pour me dire de lire la presse. Il y avait une page entière de producteurs laitiers qui répondaient au président du Syndicat majoritaire pour lui dire tout le mal qu'ils pensaient de lui et tout le bien qu'ils pensaient des circuits courts. Lisez leur lettre ouverte. Celui qui envoyait le SMS, c'est le loca*vore avec qui je refais souvent le monde. Il me dit que nous ne travaillons pas pour rien. Il a peut-être raison, aujourd'hui, il dit que nous avons gagné une bataille, celle des esprits. Mon père à table ce soir, me disait que ce débat là est maintenant partagé, que tout le monde en parle. Alors, peut-être, nous ne travaillons pas pour rien dans les arrières salles de bistrot. A lire, ici et là
Dans ce boulot, c'est cela que j'aurais avant tout trouvé, cette certitude d'être utile. Et aussi, une chose qui me vient avec acuité, exister. A midi quand je vais manger, on me dit bonjour, on se demande pourquoi je change de table quand c'est le cas, si je prends un jambon beurre, au lieu du "roquefort, noix et lard fumé", on vient me demander si je suis patraque. On dit qu'il ne faut pas me demander si j'ai froid parce que j'ai toujours froid. Au bar, il y a toujours Fougasse, parce qu'il est boulanger et Couscous, parce qu'il a des origines. Ali, le serveur m'offre des pâtisseries quand c'est la fin du ramadam et que sa mère en a fait. Quand le portable sonne, tout le monde se tait pour écouter ou pour vous laisser répondre. Et Ali me demande souvent aussi si j'ai pas mal à la tête de lire autant. Mon boulot, c'est cela, ceux qui savent où me trouver entre midi et deux, le patron de la pizzeria qui me connaît, pour son sandwich saucisse et il sait que je ne lésine pas, je veux aussi l'aïoli et les oignons revenus dans la graisse de canard, à faire bien, faisons le à fond ! Mon boulot, c'est savoir que l'on a des convictions et que les défendre n'est pas défendu. Alors quand je marche dans les contre allées, avec leurs platanes, je sais ce que je fais là et j'espère aller jusqu'au bout. Parfois, je dis à mon acolyte du local qu'il faut arrêter de parler et agir, et quand je lis le journal, je me dis que décidément, on ne bosse pas pour rien, petites araignées que l'on peut écraser qu'un revers de main, mais qui pour l'instant, avancent, fil à fil.
(Pas à ma place) Super chouette
Elle a 50 ans, de la bouteille, mais en mutation professionnelle.
Je ne la connaissais pas, elle a été ma stagiaire pendant trois mois, quand elle m'énerve, je lui dis qu'on dirait ma mère. Elle me répond qu'elle est certainement flattée mais que j'exagère.
Elle m'a faite avancée dans mon boulot et dans mes horizons, on parle, on échange, on construit son avenir professionnel.
J'ai réussi, elle est embauchée sur le projet européen que j'ai monté, elle en sera l'animatrice, on m'a dit que je serais là pour la superviser. Mais elle a 50 ans et moi 36 ans, c'est incongru. Il parait que non.
A 10h30, nous avons rendez-vous à Foix, je suis au jury de sa soutenance de mémoire de stage, pour valider son Master 2 et prendre son virage professionnel. Et c'est moi qui est la boule au ventre.
J'ai une nouvelle collègue, un nouvel horizon avec elle, une nouvelle manière de penser. Et c'est chouette.
Après l'épreuve. Cela a commencé par son exposé, elle a complètement perdu ses moyens, en perdition complète, elle bafouillait, elle a changé deux fois de support vidéo car ce n'était pas le bon. Sa voix s'est enrayée, c'était bizarre, une personne compétente, avec une histoire professionnelle et là, plus rien... Trop de pression certainement. Pourtant, juste avant nous avions bu un café, mangé un croissant, manière de se décontracter. Et puis, il y a ce boulot qu'elle avait obtenu, la soutenance, la note comme je lui disais c'était pour le panache. Ensuite, il a fallu donner l'avis du "maître de stage", j'ai un peu répété ce que j'avais écrit ici avant de partir, ce qu'elle avait apporté à ma vision, ce boulot considérable abattu pendant 3 mois. Ce que je n'ai pas dit aussi, cette mise en danger qu'elle représente aussi pour moi parce que je sais que ce sera un défi de suivre sa mission, de l'encadrer dans la durée et à cela j'ai très envie de me frotter. Puis, ses deux profs ont donné leur avis, élogieux aussi. Elle est sortie pour la délibération. La meilleure note de la cohorte d'étudiants qui avait été donnée était de 18. Moi, je voulais qu'il y ait dans cette note une consécration de son travail. Il y avait de la connivence et de la confiance et surtout pour moi, un stage couronné de succès, avec un mémoire qui devenait une feuille de route pour son contrat de travail. Alors, on a discuté et quand on lui a annoncé qu'elle avait 19, elle a fondu en larmes et moi, j'étais pas brillante non plus ...
22 septembre 2009
Bien et pas bien
Hier, celui que j'appelle Picsou (parce que sa seule motivation dans la gestion de sa collectivité est de ne pas faire grand chose pour être certain d'avoir toujours un matelas de fric) m'a vertement reproché de n'être pas à l'heure dans le rendu de mon travail. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je suis retardée par deux territoires infra comme je les appelle (c'est à dire je m'occupe d'un territoire qui se composent de 6 territoires infra !) qui ne m'ont pas rendu leurs copies. J'ai été agacée par cette manière de parler aux techniciens, un espèce de gros plein de soupe, suffisant qui pense que parce que le suffrage universel l'a fait roi, il est le roi, réellement. Juste avant, un autre élu se revendiquant maire et "représentant de la profession agricole" avait balancé devant une assemblée d'élus médusés, étonnamment muets : "les nitrates, c'est nul ce que l'on dit, ils ne polluent pas, on le prouvera". Tant de connerie au mètre carré laisse rêveur. Du coup, Picsou a pris la sulfatée que j'aurais aimé envoyer à l'autre en même temps. J'ai été désagréable et sèche comme un coup de trique. Je ne suis pas poujadiste mais il y a des jours comme cela où l'on a envie de tout envoyer balader à force de mauvaise foi et de personnages caricaturaux.
Je sais aussi qu'aujourd'hui, dans le fond de mon bureau, j'ai bossé pour le projet qui me tient à coeur. Je suis en train d'écrire un "projet de territoire" pour les 20 ans à venir. Écrire, c'est à dire ? J'ai envoyé un questionnaire aux fameux territoires infras, ils m'ont répondu ce qu'ils voyaient pour l'habitat, les services, les transports, l'économie et le commerce. Charge à moi d'en faire une synthèse et un projet qui se tienne. Alors, il est tentant dans le silence de son bureau, d'ajouter ici "des aires de stationnement pour les marchands ambulants (manière que l'épicier du coin, dans 20 ans existe encore), là, de la signalétique pour les ventes à la ferme. Ici, de donner à penser que l'artisanat ce n'est pas forcément dans une zone d'activités à l'écart. Envisager que les lotissements moches et déshumanisés, c'est fini, que l'on peut faire des opérations plus impliquantes avec un architecte qui met du lien entre les projets disparates de construction pour peu que la collectivité s'implique financièrement. Il faut piquer des idées ici ou là, instiller de l'originalité, là où l'on ne veut "faire que de l'habitant et de la zone d'activités". Ce sont des petites pierres, je ne sais pas combien passeront sous les fourches caudines des élus lors des relectures, mais j'aurais essayé, j'aurais mis un peu de technique et beaucoup d'idées. Parce que ce territoire, c'est aussi le mien.
Hier j'étais fatiguée et démoralisée, aujourd'hui, j'ai travaillé et avancé et je reprends espoir.
19 septembre 2009
Changer les choses
Le samedi aurait pu ressembler à cela :
- se lever de bonne heure
- filer au gîte faire le ménage en prévision des hôtes de vendredi
- rentrer, faire le repas en vitesse
- ranger, nettoyer, tourner en rond dans la maison
- se plaindre du frais qui arrive et de la pluie qui tombe
- faire le souper, manger, aller au lit,
- se dire que la semaine on rêve de balade et le week-end, on croule sous la flemme.
Et finalement, il a ressemblé à cela :
- se lever à 10h, ouvrir les volets, tomber nez à nez avec Viriato qui patientait dehors depuis 20 minutes
- déjeuner en écoutant les garçons parler radio, et Viriato raconter son voyage au Bénin
- faire des calamars en sauce tomate, mettre au dernier moment, une assiette de plus
- accepter l'invitation de Charlemagne d'aller visiter la bambouseraie de Lapenne dans l'Ariège.
- en route, s'imaginer sous les couverts de Mirepoix dans un salon de thé
- prendre les micros routes de campagne, regarder la pluie arriver
- visiter à petits pas les dédales de bambous, en choisir pour le gîte
- filer à Mirepoix, choisir un gâteau à la crème de cannelle, et un décaféiné.
- rentrer sous la pluie, se glisser dans la cuisine pour faire le souper à 19h15, déjà.
Prendre le temps de rentrer dans l'automne, et se rendre compte, qu'il est bon d'infléchir les choses.
17 septembre 2009
Semaine "je ne touche pas terre"
Plein de choses à vous dire au sujet du post précédent mais des réunions, des soirées fatiguées, la mise en place laborieuse des activités des enfants. Mon téléphone qui ressemble à un centre d'appels "sos activités pour tous" ou les aléas de s'occuper d'une association pourvoyeuse de cours et autres ateliers sportifs et culturels. Là, mon défi dans les 15 jours : trouver un prof de tennis parce que j'ai 5 mères qui me harcèlent pour leurs mouflets qui veulent taper dans une balle. Mais où je vais trouver cela moi ?! Ce week-end, encore un jour et le voilà. Heureusement, je viens de passer un bon moment en écoutant Dany le vert sur France 2 ! Bonne nuit.... Les gars (provoc pour ma prof)
15 septembre 2009
Economie : du macro au micro
Aujourd'hui, avec émotion des producteurs de lait donnent le fruit de leur labeur, en place publique. Ils ont été obligés de mettre une tirelire parce que les gens veulent payer. Une dame est venue leur offrir de la confiture, une autre un gâteau. Il se passe quelque chose, de la solidarité, simple, immédiate. Mais surtout, tout le monde croit que le nouveau mode de consommation dont on se gausse, peut naître de ce ras le bol aux deux bouts de la chaîne, du producteur au consommateur. Au départ, les coopératives agricoles ont été créées pour déléguer la vente, la commercialisation qui se faisait au nom de tous. Un coopérateur = une voix quelque soit son poids. Ce temps est révolu, peu sont les coopératives qui fonctionnent encore ainsi. Le système financier a pris le pas, et les producteurs sont les dindons de la farce. Alors la question que je me pose et que je pose dans mon travail : pourquoi ne pas retisser ce lien direct, via tous les modes ( amap, magasin fermier et tout ce qu'il reste à inventer) ? Là sont les pistes d'avenir et certains politiques commebcent à s'en emparer. Quid des lobbys financiers et agricoles ? Une piste... La création d'un syndicat laitier dissident de la Fnsea... Peut-être que les choses changent...
14 septembre 2009
Traitre
Et bien oui, il faut se rendre à l'èvidence, les amis d'hier font les traitres d'aujourd'hui. Dans la soirée, il m'avait semblé que les premiers signes étaient là, j'aurais dû me méfier. Un excès d'optimisme m'a convaincu de ne pas changer mon attitude envers lui. Grand mal m'en a pris. Ce matin, j'ai payé cette légèreté au prix d'une bonne pamne de réveil : rendez-vous à l'évidence comme moi. Il ne faut plus compter sur les rayons du soleil pour lentement se réveiller parce que dorénavant ce traitre fait la grasse matinée pendant que nous allons vers notre labeur. Et, le soir, il en est ainsi également, le repas finit, il est 20h et il reste à peine demi heure pour aller donner le foin aux animaux, pour étendre une lessive et nourrir les oies. Il ne reste plus de temps pour la balade en campagne. L'automne s'installe sans que l'on n'y prenne garde au gré d'une très arrière saison. La sècheresse est très forte cette annèe, on attend les premières perturbations automnales presque avec envie tant la nature est grillée par le soleil. Entre temps, notre été indien tient toutes ses promesses.
13 septembre 2009
Fait de société
Quand j'ai écrit ce texte hier, je savais que ce serait un sujet difficile mais qui me tenait à coeur pour ce qu'il signifiait dans notre vie quotidienne. Ce que je veux dire surtout c'est que ce dont je parlais n'était pas un cas individuel et personnel mais d'un problème plus large, de société. C'est pour cela aussi que je ne généralise pas, tous les mariages ne finissent pas mal, tous les divorces ne tournent pas au pugilat et tous les divorces pourraient être évités. Non, je ne dis pas cela. Alors, je suis triste pour celle que j'ai blessée parce que je ne parlais pas de vous, vous et vous ici, mais je m'interrogeais sur la société en général qui pose comme postulat l'impératif du bonheur immédiat de tous et qui produit paradoxalement tellement de malheureux, de désespérés et de mal aimés, de solitaires. On vous exorte à être heureux et à ne plus subir la contrainte de l'argent (vivre à crèdit), du temps (faites un lifting), des autres (vivre sa vie et faire selon ses besojns quelqu'en soient les conséquences). Lisez les couvertures des magazines féminins, on parle de tout sauf du plaisir d'avoir une vie ordinaire mais bien faite, respectueuse du rythme de chacun, attentive aux besoins mis en commun et pas au besoin des uns qui passeraient forcément par la frustration des autres. C'est de cela que j'ai voulu parler et certainement pas des parcours de vie des unes et des autres que je respecte parce que chacun compose sa partition, avec ses instruments et l'orchestre qui l'accompagne. Je n'ai voulu blesser personne, faites moi ce crédit.
12 septembre 2009
Je ne suis pas une donneuse de leçon
Ceci étant dit, je sais que je vais certainement provoquer une ribambelle de commentaires certainement acerbes, parce qu'il y a des sujets qu'il ne faut pas aborder, parce que ma bonne dame, c'est la vie privée des gens. Sauf qu'en l'espèce, cette vie privée vient télescoper la notre, tous les soirs, à l'heure du coucher et tous les matins avant de partir à l'école. Il y a depuis la rentrée "le petit garçon qui tape". Je vous rassure, nous ne l'appelons pas comme cela mais par son vrai nom à la maison. Et ce petit garçon, il tape parce qu'il est très malheureux. L'année dernière, papa dormait avec maman pendant une semaine, et la semaine après, il dormait chez une autre dame, le petit garçon était déjà pas mal perturbé, mais apparemment, il gérait. Cette année, papa est partie avec l'autre dame, et le petit garçon ne gère plus, pas plus d'ailleurs que sa petite soeur de 3 ans. Et puis, il y a aussi cette autre petite fille qui entre en petite section de maternelle et qui pleure toute la journée, parce que Papa, il a laissé maman. Et cet autre couple aussi qui vend la maison parce que maman est partie avec le papa d'un autre petit garçon. En ce début d'année scolaire, les enfants ramènent tous les jours des histoires comme cela à la maison. Alors, quand avec Charlemagne le ton monte, le Poulet se met à pleurer parce qu'il a peur que nous fassions comme le papa du petit garçon qui tape.
Bien évidemment, ça ne nous regarde pas, le monsieur était peut-être malheureux avec la dame, certainement. Mais là où ça nous regarde, c'est quand tout ces gens ne prennent en charge que leur vue, que leur nombril comme centre de leur vie. Parce qu'ils refusent que leurs enfants voient un psychologue manière d'aller raconter ce qui les perturbent et tapent comme seul rempart à leur malaise. Et ils laissent le soin aux autres enfants d'être les amortisseurs de leur crise de couple.
Des crises de couple parlons-en. On en a eu, parfois des pas glorieuses, des terribles, des méchantes, des qui laissent à penser qu'il faudra ramer pour passer outre. Mais, on regarde les enfants, on s'arrête de hurler parce qu'on sait que ça sera terrible pour eux de gérer cela. On écoute aussi ce pédiatre qui un jour m'a dit "et dans votre couple, ça va ?". Je me suis entendue répondre : "ben, on s'engueule beaucoup". Il a alors dit cette phrase qui avec le recul a pris tout son sens : "ah, très bien, ça veut dire que c'est un couple qui vit, qui se parle, qui se contredit, qui existe". Bon, parfois, on aimerait qu'il soit moins "méditerranéen" ce couple ! Je ne suis pas en train de dire que le divorce est une hérésie, qu'il faut rester coûte que coûte avec un bonhomme violent, ou alcoolique, ou méprisant qui rabaisse en permanence, ou je ne sais quoi encore. Mais, prendre en compte l'intérêt de l'enfant, non pas en restant à tout prix, mais juste en l'accompagnant, en l'aidant à passer le cap. Juste se poser la question de l'après. Ce serait bien pour l'enfant... et pour les enfants des autres.
















