Clothilde saison 2

Charlemagne, le gîte, le Poulet, la Bestiole et les dernières semaines à la firme

30 juillet 2009

Vide

C'est comme un trou béant, une sensation bizarre, une chose que l'on atteint enfin. Je suis rentrée à 17h30, la maison était vide, les occupants étaient partis à la piscine municipale comme tous les soirs. A la cuisine, le plan de travail portait les stigmates du repas de midi, juste rangé mais pas jusque dans le lave-vaisselle. Dans l'entrée, il y avait le bazar de la veille, rentrée très tard, je n'avais rien trié, là du linge pour la machine à laver qui aurait dû être lancée ce matin, mais finalement mis en souffrance sur la première marche de l'escalier, ici, le panier "range courrier" acheté dans la semaine et qui n'avait pas encore trouvé sa juste place. Un peu de tout, un peu partout. J'allais me lancer dans un rangement frénétique, remplir le lave vaisselle, classer, trouver une place. Et d'un coup, l'évidence apparaît, avoir cette chose si précieuse et tant attendue, le temps, avoir le temps de faire les choses sans précipitation, sans aigreur, sans impression de perdre son temps. Et finalement, les choses se sont faites avec la certitude qu'elles ne prenaient pas la place d'autre chose, il y aurait dorénavant pendant quelques semaines, un temps pour tout.
Il faut cerner cela, il ne faut pas reprendre les travers qui m'ont tellement "mangé" mes vacances, cette volonté de tout faire, de ne pas hiérarchiser, de faire une chose en pensant déjà à l'activité d'après. Jamais dans le présent, toujours dans le désir et jamais dans l'accomplissement du désir. Il faudra, cette fois-ci, désirer faire et être dans le faire ici et maintenant. Alors, oui, il y a des projets parce que c'est ce que je suis, mais ils prendront comme le rangement de ce jour, leur place, ils viendront en temps voulu. Voeu pieux ou planche de salut pour celle qui a envie d'en finir avec cette pression permanente de l'insatisfaction. Désir absolu de celle qui veut vivre pour découvrir l'épanouissement dans la simplicité de l'existence, de ce qui est.

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j -0

Il est enfin arrivé ce dernier jour, peur de ne pas me réveiller ce matin, et finalement non, réveil de bonne heure, fraîche et dispo. Une longue journée de réunion à Carcassonne pour achever ce que l'on appelle la séquence. A la rentrée, les gros dossiers attendent mais entre temps il y aura eu le repos, les vacances, l'Espagne, l'inauguration. 4 semaines chargées ? Non, 4 semaines avec un seul mot "profiter", de la maison, des enfants, de Charlemagne, du repos, des longues promenades pour commencer à entraîner le dos à penser à autres choses qu'aux douleurs des mauvaises positions. 4 semaines à voir venir, à laisser faire, à ne rien envisager pour juste s'engager à entendre les murmures d'un corps qui a besoin de s'apaiser.

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28 juillet 2009

Entre tradition et modernité

J'ai récupéré le truc à la pomme, mais je n'aurais la ligne que mardi prochain, question de portabilité du numéro, car Charlemagne  récupère mon  numéro et moi, le sien. Ce n'est pas le moment d'avoir un amant caché dans le placard ou alors, il faut le prévenir vachement tôt. Ce que j'ai fait, mais non, CharlemagneCharlemagne, détend-toi, inutile de me réveiller, je déconne, je suis super drôle !
Bon, donc, j'ai une semaine pour baver devant l'engin sans pouvoir m'en servir. Du coup, j'ai le temps de peaufiner une housse hypra kitsch que je lui concocte. Oui, je sais vous allez me dire que je ferais mieux d'acheter un truc super homologué et béton en plastique bien résistant, oui, mais on peut aussi cacher le plastique avec un truc élégant. Surtout que les premiers temps, telle que je me connais, je vais avoir du mal à le sortir, j'appréhende les réflexions, du genre "ouah, montre !". On répond quoi à cela, "oh c'est rien, je l'ai trouvé", inutile, personne ne vous croit et c'est justifié. "C'est un cadeau de mon mari." Ben, non puisque je suis une femme libérée qui n'attend pas après les cadeaux de son marcel pour faire ce qu'elle veut. C'est juste que je suis super fashion, et que j'ai pas résisté, oui, mais tu es aussi décroissance et cie. Certes, mais en même temps, je suis une fille très complexe, genre, jamais là où on l'attend. Dans tous les cas, ce qui est limpide, c'est que je ne saurais que rire bêtement, en disant "ça va, on va pas en faire un plat".

Toujours est-il que je fais une housse. Je suis (du verbe suivre) depuis deux mois, les cours en ligne de l'illustre Cecile Facile (petit bouton à gauche du blog), j'ai toujours adoré ce qu'elle fait. J'ai donc sauté sur l'occasion quand elle a proposé de donner des cours virtuels. Voilà donc mon premier exercice qui deviendra pochette d'I phone, à suivre.


DSCN0375 Modernité


DSCN0377 Tradition 

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27 juillet 2009

Putain*, 3 jours !

(*, non, je ne deviens pas vulgaire, cette expression me rappelle juste le mémoire de fin d'études à Sciences po et le thème que j'avais choisi "le couple Chirac-Balladur dans les Guignols de l'info).
3 jours avant les vacances. Trois jours deci delà, où je me demande dans quel état je suis, pas mirobolant. Vraiment pas !

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23 juillet 2009

Avant les vacances §1

§ samedi, nos hollandais sont arrivés, dans un beau français, ils ont pu visiter la maison, nous amuser avec leur humour et leur décontraction, moi qui les avaient imaginés guidés et austères.
§ dimanche, nous étions de sortie à la mer, coquillages au menu du midi et bronzette le matin, farniente bien agréable
§ et puis, il y eut une nuit d'orages violents, une nuit de tempête de vent de sud-est, l'autan, celui des fous, des nuits en pointillés, l'impossibilité de se lever au matin, les jours que l'on compte comme les enfants avant les vacances, j-8 !
§ mardi soir, un homme est entré dans ma vie, il est rigoureux et précis, au vocabulaire parfois énigmatique et aux pouvoirs étendus, c'est désormais notre comptable pour notre activité.
§ mercredi, j'ai envoyé un imprimé fiscal, qui s'appelle "création d'activité non salariée". Et puis aussi, j'ai ouvert une comptabilité, il parait que je saurais faire. La première année, il me tiendra le stylo et la seconde, il faudra que je fasse, il viendra juste valider. Drôle d'impression, les affaires sérieuses, puisque comptables commencent. TVA, facturation... une nouveauté.
§ aujourd'hui, je me suis commandée un I-phone, plusieurs mois à tergiverser, à me demander si c'était un caprice, ou un désir, c'est une vraie envie. Envie de retrouver le plaisir de poster mes billets quand je veux, je suis sevrée de venir ici quand bon me semble, la spontanéité en a souffert, trop souffert.
§ en kiosque, il y a un nouveau concept, "Causette", un magazine féminin sans pub. Qui mérite d'être lu il faut le demander, il n'est pas encore très bien distribué. Vous en pensez quoi ? J'en reparlerais quand j'en aurais fait une lecture complète.
§ le Président a validé les invitations, demain, elles seront imprimées, et la semaine prochaine, ce sera l'envoi, le grand saut. les idées prennent forme, je vois déjà la table, les apéritifs, l'enthousiasme est là.
§ ça fait du bien de prendre un quart d'heure pour revenir vous voir.


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18 juillet 2009

Entre hier et aujourd'hui, variation estivalo-automnale

Je suppose qu'en haut lieu, on tient absolument à me faire plaisir, il en est certainnement qui a dû lire mes lignes sur les bienfaits de la rupture au milieu d'un passage caniculaire, de là, à nous gratifier d'un 16° au plus chaud de la journée, c'est un peu excessif, j'ai dû mettre une petite laine aux perruches, qui dehors, se gelaient les plumes.

A la faveur d'une annulation de réunion pour Charlemagne, hier matin, j'ai pris la bestiole sous le bras et nous sommes allées à Toulouse. Certes, ma première intention était moins 'mère parfaite', vu que j'avais prévu de filer à l'anglaise laissant enfants et mari aux averses rurales. La Bestiole a voulu se greffer à la sortie, et je ne me suis pas sentie le coeur de refuser. Nous avons donc pris la voiture puis le métro pour faire quelques emplettes, au bout d'un moment, ma fille m'a dit "est-ce cela que l'on appelle faire du shopping en anglais?" . Tout à fait, en français, c'est faire les courses. Un moment plus tard "on dira à papa que l'on a fait chauffer la carte bleue". Interloquée, je regarde mon bébé qui 9 ans plus tôt ne s'alimentait qu'à l'aide d'une tétine, elle m'a rassurée en admettant avoir entendu cela dans une série "bête" dont elle est friande. Nous avons été super raisonnables, achetant un peu pour elle, un peu pour la maison, un rouleau à pâtisserie strié chez Comptoir de Famille. Nous avons rigolé en sortant de chez Longchamps et de chez Cotélac, au premier, j'ai dit discrètement à la Bestiole que ce serait pour quand le gîte marcherait très bien. Pour le second, elle a conclu toute seule, même soldé, cela reste pas accessible en l'état actuel des choses. Nous avons choisi un parfum dans une petite boutique, qui puisse être utilisé par toutes les deux. Et nous avons terminé notre périple par une sucrerie chez les chonchons avant de reprendre le métro sous une pluie battante. La Bestiole connaît mal la ville, nous les avons peu habitués à y aller, parfois, je me dis que c'est une erreur, d'un autre côté, à 9 ans, elle a le temps de découvrir peu à peu cet autre monde.
Et ce matin, c'est changement d'hôtes au gîte, les uns s'en vont, les autres devraient arriver cet après-midi. Je râle un peu de mon incapacité linguistique, je me fais un plaisir d'accueillir les gens, de leur faire visiter la maison pour qu'ils prennent possession des lieux. Ce soir, c'est un couple de danois, parlant uniquement l'anglais et le danois, ce sera donc à Charlemagne d'officier. J'aurais tellement aimer, il faut que je progresse vraiment. Allez, je file finir le ménage.

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17 juillet 2009

The pig

Hier soir, j'étais installée dans une salle des fêtes pour une réunion qui avait juste la propension d'entretenir mon humeur de dogue. On nous annonçait des orages, ce qui me confère une frousse de tous les diables. Technicienne, je ne pouvais que me taire quand ce gros agriculteur gavé d'argent annonçait la bouche en coeur, que faire du photovoltaïque en plein champ, même sur de très bonnes terres n'était point une ineptie. L'agriculteur n'ayant pas vocation à nourrir le monde mais à exploiter la surface arable. J'avais envie de lâcher "certains oublient bien vite les résultats des élections européennes", mais je serais sortie de mon devoir de réserve, et cela, ça ne se fait pas. Le pompon fut lorsque la technicienne de la structure invitante, s'est mise à présenter n'importe comment le projet européen pour lequel je m'étais battue pendant des mois sans me donner la parole. Et entendre l'élu dire que "un million d'euros, ce n'est pas non plus la lune". Bouffée d'agacement qui monte au nez, écoeurement face à des pratiques minables. Je me suis alors souvenue que cette fille là, je lui trouvais des bonnes raisons d'être déloyales envers moi, il faudrait peut-être que je cesse de passer sur tout pour regarder la misère de sa façon de faire en face. Laissons tomber cela, je m'allège des ressentiments, je passe, je glisse, j'oublie alors tout cela, en me plongeant dans mon agenda pour relire le petit opuscule qui s'y trouve toujours "faire le vide" (un cahier vendu avec le magazine psychologies, que j'ai dans mon agenda depuis au moins 2 ans).
Et là, entre cet homme dont je peux dire qu'il fait partie de ce petit cercle de ceux que je déteste cordialement, le pire est qu'il croit que je l'adore, franchement, certains ont la clairvoyance d'une murène. La table étant complète, il ne reste qu'une place à côté de moi, j'espère fortement qu'il prendra l'option du second rang, en retrait, je suis d'une naïveté confondante. Il s'assoit près de moi, tente l'approche pour me claquer la bise, il ne trouve qu'une main ferme qui s'interpose entre sa joue et ma face de dogue énervé. Je sursaute, il me saisit le bras, se penche vers moi "aujourd'hui, c'est mon anniversaire, j'ai 60 ans, mais ne le dis à personne". Comme à l'école, vous savez quand vous dites à la plus bavarde de la classe un secret dont vous êtes sûre que l'écho va se propager à la vitesse de la lumière. Je prends alors mon stylo, les mots viennent, j'écris des pattes de mouche pour ne pas être lue, mais quel plaisir d'écrire sur l'homme juste à côté sans qu'il le sache.
"Elle va le dire, je vais l'avoir mon heure de gloire". Il se trémousse sur sa chaise, je le sens comme un gamin qui trépigne, qui espère. La réunion se passe qui égraine les questions toutes plus ineptes les unes que les autres pour cet ancien commercial raté qui n'a su au fil du temps vendre rien d'autres que ces vannes salaces et sa bêtise crasse. N'a-t-il pas obtenu le surnom de "The pig", bien trouvé, pensais-je à l'époque tant sa logorrhée était toujours issue de pensées ne dépassant que rarement le niveau de la ceinture. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je n'en parlerais pas, il doit espérer. Pourtant, peu à peu, je le sens se ratatiner sur sa chaise, il me relance alors que son téléphone sonne "ah aujourd'hui, ça n'arrête pas". Cela me renvoie à ma propre bêtise quand des années plus tôt j'avais aussi espèrer que ce genre d'événements personnels soient portés à la connaissance de tous. Maintenant, cela me semble tellement éphémère. Et puis, à 60 ans, n'est-on pas sorti de cela ? Visiblement pas. La réunion se termine, j'ai maille à partir avec un maire qui n'a pas apprécié que ses paquets d'habitants ne soient pas à la hauteur de ses rêves de grandeur. Occupée à justifier des choix, je n'ai pas vu le Pig partir dans l'anonymat de cette fin de soirée caniculaire.

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15 juillet 2009

Eté en rupture

L'été, tel qu'il est depuis la mi juin, correspond à mon été idéal. Hier, ici, il a bruiné toute la journée, la température était de 10 degrés inférieure à celle de la veille, de 32 à 22, brusque changement. Et pourtant. J'aime ces changements, parce qu'ils invitent à faire une pause, à vivre à un autre rythme, avec la chaleur, on se sent investi de la mission d'être bien, de regarder cet été frémir, les tomates rougir, tout est fait autour et pour la chaleur. Les jours sans, le ton baisse, on prend davantage le temps de regarder les choses autrement, on se recroqueville dans la maison, on oublie pour quelques heures le dehors, le repas pris sous les arbres. C'est ce contraste qui est tellement agréable. On reprend goût aux lumières allumées de bonne heure, à la chaleur des draps la nuit, et le corps se repose, il repousse la langueur de la chaleur, pour reprendre sa place.

Je me souviens avoir travaillé pendant deux ans dans un office du tourisme sur une aire d'autoroute, on y conseillait les touristes, y vendait des produits régionaux et la presse également. Le travail débutait à 9h et finissait à 19h, avec une micro pause que l'on passait enfermé dans un petit bureau pour prendre son repas. Ce sont pour moi des souvenirs tellement agréables, parce que c'était à deux pas de chez moi et que donc, il n'était pas rare en pleine journée, que les uns et les autres, mes amis de la maison des jeunes couillons viennent me faire un coucou. C'était aussi l'apprentissage de la vie au travail, avec ses petits chefs et ses employés i-modèles (i privatif). Et il y avait toujours au coeur de l'été, ces jours maussades où il fallait avoir pensé à mettre des chaussures fermées et un petit tricot tant les contrastes de températures étaient vifs. Ces matins gris aussi qui ne laissaient pas augurer de la belle journée qu'il finissait par faire. C'est à ce même endroit que j'ai beaucoup révisé pendant mon année de concours, et où je reviens toujours pour boire un café, remplir mon agenda, prévoir des choses. J'ai un attachement à ce lieu pourtant pas franchement beau. Peut-être tout simplement parce quel que soit le temps, il est un ailleurs, une marge, il a été pour moi, aussi une marge entre l'adolescence et l'âge adulte. Il en est deux qui savent ce que j'y ai confessé un jour où j'avais décidé de choquer plus de dire. Nostalgie !
Allez, cet été se présente tellement bien...

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14 juillet 2009

Fin de journée

Hier soir avait exactement la saveur de ces moments que j'aime tant. Charlemagne avait installé les chaises de jardin juste en face du grand champ devant la maison, quand je suis arrivée, je lui ai parlé de mon angoisse de cette grosse machine. Il m'a alors raconté les moissons de son grand-père, les litres de limonade et de bière mélangés pour boire du panaché à même le goulot. Il m'a parlé de ces machines qui n'avaient alors pas comme maintenant des correcteurs d'assiette et autres cabines insonorisées. De la peur de faire un roulé boulé dans les penchants. Et nous nous sommes installés pour la regarder monter et descendre, mon cousin satisfait par une moisson de tous les diables. Peut-être dûe à ces  réveils en pleine nuit, toutes les deux heures entre Noël et le jour de l'an pour regarder s'il gelait. Dès que la température baissait, vite, il était temps de semer. Les autres agriculteurs qui avaient semé dans la boue des pluies torrentielles du début d'hiver ne récoltaient aujourd'hui pas grand chose, chance ou intuition, il savait tout de même que tous les ans, il faut recommencer et peut-être pour cette fois prochaine, perdre.
Quand nous avons regardé l'heure, il était juste le moment de partir pour le feu d'artifice qui ne nous a finalement pas attendu, c'est du bord de la route que nous l'avons regardé. Je me demandais bien ce que nos enfants pensaient de ces parents qui décidément étaient désorganisés. J'espère qu'ils ne pensent pas ce que je pensais moi-même.
Et ce matin, c'est la pluie fine et constante qui m'a réveillée. Depuis le début de ces micro vacances, j'apprécie de me lever pas au delà de 8h, pragmatisme pour ne pas se décaler trop et pour contenir des insomnies qui s'immiscent dans tout changement de rythme. Mais plaisir aussi de se retrouver seule dans la maison sans bruit, d'aller acheter le pain juste chaud sortant à peine du fournil, de croiser des visages du matin eux aussi. Impression que la journée nous appartient.


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13 juillet 2009

L'engin

J'étais en train de faire de la couture, tentant par ce subterfuge de faire passer l'énervement, certainement dû à notre bon vieux vent d'autan qui souffle depuis ce matin. Il est le vent des basses pressions, et pour moi, synonyme des oppressions dans la poitrine, de la sensation d'étouffement, comme si un danger était imminent ou une catastrophe précipitée. Ce matin, en guise de défouloir, je m'étais attaquée aux vitres de la maison, cela n'était parvenue qu'à me faire regarder le bazar ambiant de plus haut ! J'ai donc entrepris de faire la robe commandée par la Bestiole pour mercredi, et finalement, j'ai eu aussi le temps de faire un nouveau store pour la cuisine, l'ancien aux couleurs automnales, ne m'agréait plus depuis quelques temps. J'ai d'abord eu le réflexe d'en commander un autre et d'un coup, violemment, je me suis souvenue que j'étais adepte de la dé-consommation ! J'ai donc récupéré un vieux drap devenu fin qui tendait à s'ouvrir en son milieu. Il était dommage, j'avais trouvé cette pièce chez les Compagnons, son monogramme "bâton" très années 30 m'avait tellement plu. Il a trouvé une nouvelle place. Mais, au fait, je ne voulais pas parler de couture mais de l'engin qui vers 16h est arrivé dans le paysage.

Mon cousin est arrivé avec sa moissonneuse, qui vient faire son oeuvre en tant que fermier des terres de mon père. Je n'ai jamais supporté cette machine, elle m'a toujours effrayée. La seule différence est qu'avant, dans mon enfance, il fallait bien deux jours pour venir à bout des 10 hectares de blé, maintenant il faut à peine 4 ou 5 heures. Je me souviens de cet homme qui venait faire la moisson, noirci par les fumées et les poussières de blé. Il mangeait à notre table, autre façon de manger, la discussion que souvent seul mon père lui faisait tant il nous impressionnait par sa connaissance de la terre et des choses de la terre. Je déteste par dessus tout regarder mon père au milieu du champ qui se signale et qui attend un passage, pour à la volée, monter dans la cabine, acrobatie inutile et qui pourtant fait partie de ces moments de moisson. On y va pour se renseigner sur le rendement, sur le taux d'humidité. On y va pour rassurer le fermier.

J'ai toujours eu peur que quelque chose de grave ne se passe, un jour mon oncle a tué le chien, est-ce de là qu'est né cette phobie ? Je ne le sais pas mais j'attends juste qu'elle ait fini pour revivre à nouveau.

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