Clothilde saison 2

Charlemagne, le gîte, le Poulet, la Bestiole et les dernières semaines à la firme

30 juin 2009

Scier la branche

Après avoir subi les assauts d'un hooligan du volant sur les routes de campagne, (individu qui s'est avéré être une "connaissance" dont je ne citerai pas le nom même sous la torture. Mais, on n'a pas idée de faire peur à une femme à 12h45, en pleine cambrousse, le ventre vide, c'est inhumain), je me suis engagée à aller manger dans ce petit bistrot de pays dont une collègue m'avait vanté les mérites. Le principe sympa, une assiette composée de l'entrée, le plat principal et le dessert, le tout pour 8.90€. Elle m'avait précisé que les produits étaient locaux et frais, cuisinés maison, et simples. Parfait pour la bobo tendance "eating locally" que je suis.  Je rentre dans le troquet par 35° à l'ombre, je devais avoir l'air de tomber de la lune, sans compter les sueurs froides rapport au sauvage sur la route. Comme il était 13h, je demande s'il était encore possible de manger. Et là, je tombe sur l'énergumène qui tient lieu de patron qui commence avec un humour disons lourd "vous êtes vraiment sûre que vous voulez manger, c'est à vos risques et périls". Il me faisait penser au type qui empoisonne de Funès dans l'aile ou la cuisse, vous savez le gros sale. Déjà, je commence à me demander si 1) la collègue ne m'en veut pas 2) si je ne me suis pas trompée d'endroit, 3) si c'est du lard ou du cochon. Le pire est qu'il a fait le même sketch à une ressortissante de sa gracieuse majesté qui ne comprenait rien, sauf que l'on se payait sa tête. Là, on a vraiment honte de la connerie de certains.

Bref, j'étais installée, après avoir refusé malgré son insistance de m'installer sur sa terrasse, et refusé le ventilateur qu'il m'a quand même mis dans les feuilles. J'ai quand même réussi à refuser la télé avec les infos prétextant que j'en avais marre de regarder des images d'airbus qui flottent. Dire qu'il était lourd était un euphémisme. Et je vous passe l'étape où allant vous laver les mains, vous êtes obligées de fermer le robinet avec le coude et d'ouvrir la porte avant de vous laver les mains tant vous imaginez la flaque de bactéries que représente la poignée de porte. Un bonheur. Je peux vous assurer qu'en Espagne, dans le plus petit resto, vous trouvez des sanitaires exemplaires. Serions-nous un pays hygiéniquement défaillant ? Rebref. Il m'apporte avec moults raisonnements, une grande assiette avec une salade de patates direct du baril de 10kg de salade de patates by Métro, trois tranches de ventreche cramoisies, des haricots verts et des tomates en salade (aspect normal, sans inspiration) et une micro tranche de pâté et d'emmenthal, genre premier prix et du pain, direct du supermarché. Le local ? L'eau, je suppose. J'ai mangé parce que j'avais faim, j'ai oublié de juxtaposer l'image des toilettes, de la cuisine et du tablier du patron. Et je suis repartie, demander, puisque je la voyais ensuite, des explications à ma collègue. Tout simple, le précédent proprio a pris sa retraite, remplacé par un gros idiot qui veut faire du fric sans se fouler, conclusion, la moitié de la clientèle a déserté, la deuxième moitié vient davantage pour le prix du ballon de rouge que de l'assiette. Voilà comment on fait d'une belle idée, un attrape nigaud. Désespérant !

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29 juin 2009

On se dit tout

Bon, alors, je ne vais pas vous la jouer cool, genre "vos commentaires glissent sur moi, tels des glaçons sur de la peau de phoque". J'ai même répondu personnellement à quelques unes qui avaient peur d'y être allées un peu fort. Tout ce que vous dites est desespérément vrai : oui, cela fait un peu truc posé au milieu de nulle part. Un champ, une piscine, un abri de piscine qui est l'ancien puits du grand père qu'il a fallu habiller comme on a pu. Et puis, pas d'arbres, sauf le long du ruisseau. Et puis, surtout, vous voulez le fond du très fond de la vérité ? La maison, elle "tourne" l'hiver, elle est avenante et chaleureuse, enfin, c'est ce que nous en ont dit les hôtes des saisons froides. Mais l'été ? Gros point d'interrogation sur lequel vos commentaires viennent mettre un faisceau de lumière accentuée.

Il y a ces gens qui ont réservé en hiver, avec une piscine virtuelle, il a fallu donner corps à leur attente. Être à l'heure, ne pas rater cette entrée en matière. Nous y sommes, et comment cela va-t-il se passer ? J'avais pensé que ce serait simple, l'été, les classements derrière nous, les réservations prises. Et là, au moment de sauter dans le grand bain, c'est le stress total, absolu. Les ongles, terminés, le coeur en vrac, les inquiétudes au firmament. Et si, c'était le fiasco, pas assez d'ombre, pas assez fonctionnel. Et tout et tout. Et Charlemagne :"et qu'est-ce qu'elles disent tes copines du blog ?". Gloups, elles disent ce que l'on peut ou va entendre. ATTENTION, je ne suis pas en train de dire que je ne veux pas vous lire, franchement, ce n'est pas le moment d'avoir ce genre d'interprétation, je suis juste en train de me rendre compte de ce que j'aurais dû certainement anticiper.

Mais vous savez ce que c'est, la fin de l'année scolaire, les dernières réunions au boulot qui s'enchaînent, l'âne qui fait l'âne et qui nous fait sans cesse des frayeurs, le réveil à 6h ce matin pour être à Carcassonne à 8h. Tout qui s'accumule, qui se bouscule, la sensation totale de perdre pied, de se sentir submergée par des émotions et des contraintes. Tout qui va de travers. Une sérénité que l'on sentait à portée de main et qui d'un coup, sans trop savoir pourquoi s'est envolée. Pourquoi ? Comment la retrouver ?


porte

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27 juin 2009

Plouf

Je me jette dans le grand bain. Le souci, le manque d'herbe. Allez, je vous soumets les images qui iront sur le site certainement.

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La garce

Pas encore de photos de mon travail d'hier soir, je ne parviens pas à trouver le biais, les choses ne se présentent pas comme je le voudrais, il faut accepter que la nature prend son temps, tout ne pousse pas en un clin d'oeil. Ça viendra. Cet aprem, nous devons faire des prises de vue, nous verrons bien.
Hier, fête de l'école, agrémentée d'un pique nique. Premier souci, si vous me parlez de pique-nique, je deviens bleu, je déteste ça. Quand Charlemagne veut me faire enrager, il me raconte les voyages scolaires : "le bus éclairé qui arrive de nuit devant l'école, les enfants qui sont impatients (là, inévitablement, j'avais déjà commencé à pleurer, même en CM2), les chants (là, je vomissais parce que j'avais tellement pleuré que ça me faisait vomir) et le pompom, à midi, les oeufs durs, les chips et le poulet tout collé dans le tuperware (où il était question de se jeter dans un ravin pour oublier). Donc, on zappe la sauterie à l'école, et on deale en échange avec les enfants, les pizzas au gîte. Tout le monde était ravi, j'avais même fait un gâteau au citron pour déculpabiliser d'être une mère qui prive ses enfants d'un super repas avec les copains et leurs ... mères (grrr). Nous testons les éclairages nuitamment et à 22h45, retour à la maison pour coucher les enfants.
Mais voilà, depuis deux mois, Dédée (pour mémoire, notre âne transsexuel, devenue ânesse) nous pompe l'azur, nous les hache menue. Il y a deux mois, Carole, notre chèvre est passée de vie à trépas, je n'en ai pas parlé, ça n'est pas fun. De vieillesse, elle s'est coincée les vertèbres un jour et n'a plus pu se relever, vous imaginez la suite. Donc, nous avons attendu un peu et avons dû acheter deux brebis à Dédée qui passait ses journées, plongée dans des abîmes de neurasthénie. Carole était sa mère de substitution, c'était dur de l'entendre pleurer la nuit, surtout. Bref. Depuis lors, Dédée passe ses journées à sortir de son enclos en passant sous les barrières, oui, l'âne a un pouvoir pour ramper ! Je vous jure. Les moutons soulèvent le grillage et la grosse Dédée se faufile. Le problème est qu'elle est particulièrement excitée en ce moment, et avant-hier, elle a coursé la voiture du facteur. Genre grand n'importe quoi. (Oui, si vous en doutiez, nos amis nous appellent Charles et Caroline !! les initiés comprendront). Donc, la nuit, nous l'enfermons dans l'étable pour éviter de la retrouver sur la route, nous dormons ainsi mieux.
Hier soir, donc, nous filons au pré pour la récupérer. Rien. Charlemagne éclaire avec la voiture, feux de brouillard à l'appui. Rien. Sur la route, dans le champ du voisin. Rien. Minuit, une bruine fine. Le pied. Crevés de notre journée. Rien, rien et rien. Il a fallu entrer dans le bois, de nuit, vous imaginez le chantier, pour la courser, dans les branchages. A un moment, alors que mon homme l'avait repérée : "viens, elle est ici", plantée au milieu des branches, les pieds dans des mules recouverts de feuilles, j'ai eu une crise de panique. Je voyais mes jambes envahies de serpents, Charlemagne me disait qu'ils dormaient, vraiment parfois, je me dis qu'il me prend pour une pintade. Je ne pouvais plus rien faire, le bruit des oiseaux, un truc qui marchait derrière moi, je suis certaine que c'était un renard. La pétoche, Charlemagne est venu me chercher, oui, à l'heure qu'il est, je n'ai plus aucune dignité. Mais, bon, j'aurais aimé vous y voir. Avec des lianes qui pendaient des arbres, telles des boas prêts à vous bouffer. Et là, je me suis souvenue du récit de ma grand tante attaquée alors qu'elle pique niquait par un serpent tombé d'un arbre. La boucle était bouclée, la Dédée coffrée, et  j'ai dormi comme un loir.

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26 juin 2009

Préparatifs

Hier matin, je devais assister à une réunion sur le site de mon ancien boulot, bizarre de refaire le chemin, avec un état d'esprit complètement différent. En sortant du métro, je suis tombée par hasard sur une ancienne collègue et copine, en deux mots, elle me redisait son mal être, son envie de changer, j'ai peut être été un peu brusque en lui disant que parfois il faut se donner les moyens de ce que l'on veut. Depuis que je la connais, elle dit qu'elle veut partir, je ne suis pas certaine qu'elle ait envoyé le moindre cv ou fait la moindre démarche, elle m'a appelé voilà quelques temps parce qu'elle voulait s'inscrire à la Pena, bizarrement, comme l'année précédente, elle m'a appelé le jour des écrits. Acte manqué !
J'étais installée dans la salle, un élu est venu me saluer me demandant le sourire en coin si je n'étais pas trop nostalgique, échange de regards qui en disent long. Au bout de 20 minutes d'attente, un appel m'a annoncé, avec les collègues qui étaient là, que nous avions fait 100 km pour rien, le monsieur qui avait fait venir tout le monde là, annulait au dernier moment, à 8h45, la réunion. Même pas un huissier ou un collaborateur envoyés pour nous prévenir de visu, il avait fallu attendre un appel téléphonique. Son président venait de le convoquer dans son bureau, petit doigt sur la couture du pantalon, impossibilité d'être remplacé à cette réunion, évidemment, quand il n'y a qu'une tête qui dépasse et qu'elle est coupée, c'est morne plaine. J'avais le temps de faire un tour en ville, mais cela laisse songeur quant à la pratique de la toute puissance poussée à son extrême.
En fin d'après-midi, mon chef est venu travailler à mon bureau, il ne voulait pas qu'en plus d'aller à Toulouse, je sois obligée d'aller dans la foulée à Carcassonne ! Après avoir commencé notre boulot, juste une phrase "et au fait, et toi, ça va ?". Pas grand chose, une attention, juste ce qu'il faut pour se sentir bien. A 17h30 :"on va s'arrêter là, tu as tes enfants à récupérer". Autre temps, autres moeurs.
Aujourd'hui, j'ai du boulot, demain, une blog people vient s'installer au gîte, anonymat garanti sauf si elle le lève d'elle-même, règle du jeu ici. J'ai un défi à relever, faire du terrain de la piscine qui ressemble un peu à un champ de mines, un lieu accueillant. Promis, ce soir, je vous fais un reportage, avant/après. C'est parti.

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24 juin 2009

Train d'enfer pour ange brun

Ceux qui reconnaisse quelque chose dans le titre se souviendront du livre de cet auteur qui en fait frémir plus d'un d'horreur et qui pour ma part me plaît beaucoup (Frank Thilliez), mais là n'est point mon propos. Depuis le début de la semaine, le train est infernal pour moi, il m'emporte, j'arrive à peine à m'accrocher aux branches. Je suis dépassée, tout bonnement. Ou alors, c'est un problème d'adaptation, voilà, c'est certainement le noeud du problème, je suis une vieille complètement psychorigide, qui ne comprend pas que l'été est là et qu'il faut donc lâcher un peu du lest sur les habitudes hivernales.
Alors, on résume, il faut :

- faire une croix sur les soirées télé, on aurait envie de s'y mettre vers 22h30, quand la nuit est enfin là, mais le lendemain, y a trop de colle dans le lit, donc on zappe l'étape télé. Et avec elle, le tricotage et la broderie, on ressortira l'attirail en même temps que le plaid.
- sacrifier le repas, entrée, plat et dessert pour s'adonner au plaisir sans fin de la grosse salade. Ainsi, terminée la mauvaise conscience de mal faire manger ses enfants.
- profiter des longues soirées au pré avec Dédé ou devant la porte avec un repas qui s'éternise.

En gros, et définitivement, il faut vraiment que je me dise une bonne fois pour toute que je suis vieille avant l'âge, que ma capacité d'adaptation est proche de celle du bigorneau que l'on lance dans l'antarctique et que vraiment, c'est nul. En ce moment, je ne produis rien, j'ai la créativité d'un cheval de trait, je suis la horde sauvage de mes sempiternelles habitudes, lever, déjeuner, travailler, manger et lire, travailler, faire le repas, manger, lire et dormir. Ça déprimerait un castor. Il faut vraiment que quelque chose change dans ma vie.

Prendre un amant ? Trop compliqué, trop long, trop aléatoire et puis, Charlemagne a de beaux restes, j'ai pas à me plaindre, il sera encore temps quand il attaquera sa soixantième année.

Partir en vacances ? J'y ai pensé mais mon calendrier qui est un être récalcitrant n'en démord pas, ce sera pour le 30 juillet pas avant.

Faire les boutiques pour me donner l'impression d'exister positivement ? Oui, bon, une objection votre honneur. Je suis pro-décroissance et anti-gaspillage, donc c'est totalement antinomique. Je pourrais le faire mais pas vous le dire, bande de vaches (euh pas au sens bovin du terme, mais plutôt, cela voudrait dire ingrates, vous préférez ? suffit de relire et vous changer le mot si vraiment ça vous heurte), je suis quelqu'un d'honnête, moi. En même temps, demain, il n'est pas exclu que je trouve le temps de regarder des chaussures et du tissu à Toulouse, pas exclu si la réunion du matin m'en laisse le loisir et si ma mauvaise conscience se paie un peu des vacances et me laisse me vautrer dans la luxure des achats impulsifs et compensatoires.

Faire du yoga ? ou toute autre forme de relaxation ? Et ben, figurez vous que j'y pense very sérieusement. Je suis une boule de nerfs qui devient en plus, comme si j'avais besoin de cela pour être un boulet absolu, hypocondriaque. Et ça, ce n'est pas possible. Certes, j'ai le cholestérol d'une vache allaitante, mais à part, je me trouve toujours un pet de travers que je ne raconte à personne vu que j'ai super honte de me regarder ainsi vivre. Mais bon, je peux bien l'avouer parce que ce soir, j'avouerais tout. Sauf l'amant puisque je vous répète que je n'en ai pas. Donc, oui, je me renseigne pour qu'à la rentrée, je teste une méthode de "calme toi". Y a des connaisseurs dans les parages ? 

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22 juin 2009

Lundi discret

Réveillée par le frottement du premier rayon de soleil sur le drap, très tôt. Oser un café et un croissant au bistrot avec les camelots qui finissaient d'installer les stands du marché hebdomadaire. Croiser alors que je partais à deux pas à mon bureau, le secrétaire général de la mairie qui à peine semblait sortir du lit. Reprendre le travail après les jours consacrés à l'autre vie. Recevoir celle à qui j'essaie de retrouver du boulot, rassurer, trouver des solutions, tâtonner, espérer. Retrouver la crémière et son stand de fromage à faire baver d'envie, prendre pour le soir, sa vraie mozarella de bouflonne, fermer les yeux sur le prix, prendre aussi de son beurre si jaune que l'on mettra vite au retour dans le beurrier à eau. Espérer que le petit déjeuner viendra vite, se délecter à l'avance de ce goût de noisette. Et puis un petit pot de crème fraîche aussi. Retrouver le travail et refuser la réunion jeudi soir à 21h15 au fin fond du territoire, poser des limites au dévouement. Déguerpir avec l'idée d'aller acheter ces gros pots aux couleurs acidulées, vus depuis quelques semaines déjà, et imaginés comme décor autour de la piscine. Tourner autour, ne plus être si sûre, attendre de revenir avec Charlemagne. Prendre les chemins de traverse, regarder encore une fois cette belle maison au bord du Canal, attendre que le bateau ait passé l'écluse double. Le bruit de l'eau et les collégiens de Toulouse étonnés du spectacle. Ne pas se lasser de la douceur des frondaisons de platanes. Récupérer le pain et acheter un poulet, prévoir le pique nique des enfants de mercredi midi. Chercher les enfants chez Papi et mamie et goûter la confiture de banane. Dernier cours de violon de la Bestiole, félicitations de la prof. Se donner rendez-vous à la rentrée, dernier cours, dernière activité, les vacances commencent déjà un peu. Oublier que les places ne sont pas libres au centre aéré, se poser les questions plus tard. Préparer la salade de tomates, les premières de la région, avec la mozarella et les oignons blancs, un filet d'huile d'olive, du gros sel. Déguster ... la journée.

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21 juin 2009

Coupe, coupe

Ici, quand on prend un sécateur, c'est à l'abri des regards indiscrets, il n'est pas bien vu. Alors quand au retour du repas chez belle maman qui nous avait fait notre gâteau préféré du couple, un gros gâteau italien, blanc de meringue italienne sur une génoise, trempée de limoncello et garnie de fruits confits et de crème, j'ai sorti les sécateurs tout en me faisant oubliée. Avec l'impression de commettre un forfait. La maison ne ressemble plus à grand chose, ni dedans, ni dehors, complètement délaissée depuis deux ans au moins.

Le rosier bang portait les stigmates de cet abandon, de l'extérieur, on ne voyait que ces belles tiges hautes et foisonnantes, à l'intérieur, son coeur était fait de branches desséchées. Il a donc fallu élaguer, trancher dans le vif. Le Poulet a pointé la tête, c'était fichu, le laïus du protecteur de la nature en train de culpabiliser son horrible mère. Il a fallu lui expliquer que si on lui coupe les cheveux, il ne souffre pas, le rosier c'est pareil. Petite accommodation avec la nature. Puis, il a fallu appeler le père, les branches résistaient et décidément, la nature nous fait parfois un peu trop frêle. Il a d'abord râlé contre mes coupes sombres et puis, petit à petit il s'est rendu à ma conclusion, cela relevait davantage du sauvetage. La vigne est réapparue étouffée par le rosier et puis, aussi est sorti des nimbes d'une végétation un peu trop envahissante le gratte botte que j'ai toujours vu là.

Peu à peu toutes les mains se sont combinées pour gratter, nettoyer, manier la brouette. Un hérisson a été dérangé dans sa sieste, le poulet s'est enquis si c'était un mangeur d'escargots, qu'il trouvait par dizaine et qu'il accompagnait dans leur nouvelle demeure avec moultes explications sur le confort de cette dernière, notamment la lunette astronomique (à base de rouleaux de sopalin) qu'il leur a installé ce week-end. L'escargot adore regarder les étoiles, c'est bien connu.
A 19h, notre devant de porte ressemblait enfin à quelque chose, et c'est tellement agréable.

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20 juin 2009

Non, non et non

Quoi, Aline, une exhortation à aller bien, deux mois sans coulure de pizza, sans chute intempestive d'anchois sur la nappe dominicale. Non, c'est impossible, la coulure de sauce tomate est consubstantielle de la Clothilde, je suinte la névrose, donc je suis, je triture le neurone déprimé donc j'existe. Alors, je veux bien faire un effort, ne regarder que vers là où tout semble aller bien, mais vraiment, soyez indulgentes gentes dames, ne me demandez pas l'impossible.
Aujourd'hui, premier exercice pratique du "bonheur est dans la vie", une expédition avec Charlemagne chez casto, et je vous le dis, ça déprimerait un marschmallow. Mais, tout va bien, ultra fun.

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19 juin 2009

Le pourquoi du comment

9h30, le bouquet de fleurs fraîches est sur la table, le café glapit dans la cafetière et les croissants 'tout chauds" comme a dit la boulangère, patientent dans un plat ancien. Le service à café est prêt, il ne reste plus qu'à patienter. 9h45, les voilà devant la porte, l'inspection commence, ils sont 5, la région, le département et Gîtes de France. Parmi eux, nos cauchemars, deux messieurs qui avaient pour mission de suivre les travaux et voir si vous respections bien le cahier des charges de la Région, sous réserve dans le cas contraire de devoir rendre les subventions, économie du projet... Aujourd'hui, c'était cette visite-là qui scellait cette validation. Tendue, mais oui évidemment, comment ne pas l'être ? Il faut dire qu'à la dernière visite qu'ils avaient faite alors que les cloisons n'étaient pas encore posées, j'en avais pleuré de désespoir, tant leurs préconisations paraissaient intenables. Beaucoup de suppléments financiers et des partis pris qui heurtaient nos désirs, comme le placage en placo des bas des fenêtres, ce qui auraient caché les appuis en pierre de taille, une ineptie. Ce jour-là, nous avions décidé, avec Charlemagne, que quitte à aller dans le mur, ils ne reviendraient pas avant l'achèvement du projet. Alors aujourd'hui, nous allions savoir si le quitte ou double allait payer.

De l'extérieur, la première impression fut bonne, bien meilleure que ce que j'avais imaginé, ils ont fait fi de la pelouse un peu poussive du bord de la piscine. Tout leur a plu. Ils étaient en bonne condition, il n'était plus question de recrépir la façade comme ils nous avaient antérieurement invités fortement à le faire.
Une fois à l'intérieur, plus un mot, la lampe avec le papier à musique, le tableau (nouveau) avec l'agenda des manifestations du village, l'huile d'un producteur local. Tous ces petits détails que j'ai ajouté au fur et à mesure des clients, des avis des uns et des autres. L'huile, c'est grâce à Alice au pays de ... qui m'a demandé s'il y avait le kit de première nécessité, je n'y avais alors pas pensé, c'est chose faite avec le vinaigre et la moutarde. Je voyais mes deux bonshommes étonnés, muets mais étonnés. Et puis, à un moment, l'un m'a lâché : "la dernière fois que nous sommes venus, nous nous sommes dits que vous n'y arriveriez jamais, il y avait trop à faire, vous étiez crevés, nous étions vraiment pessimistes, là, vous nous avez bluffés, c'est tellement réussi".
Les larmes me sont montées aux yeux, parce que oui, nous savions où nous voulions arriver, pas trop comment, mais nous y sommes arrivés.

Au bout d'une longue et minutieuse visite, et d'un quart d'heure de délibération  à huis clos (ça impressionne un peu), la validation du jury avec les félicitations. Ils ont même parlé d'une remise de label avec une conférence de presse, mais juste envisagé, je n'espère rien, juste, j'ai envie d'y croire.
A 12h10, ils repartaient et à 12h20, mes clients arrivaient. Je reviens à la réalité, mon ménage !

Posté par Dame Clothilde à 14:06 - Gîte, es-tu là ? - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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