27 juin 2009
La garce
Pas encore de photos de mon travail d'hier soir, je ne parviens pas à trouver le biais, les choses ne se présentent pas comme je le voudrais, il faut accepter que la nature prend son temps, tout ne pousse pas en un clin d'oeil. Ça viendra. Cet aprem, nous devons faire des prises de vue, nous verrons bien.
Hier, fête de l'école, agrémentée d'un pique nique. Premier souci, si vous me parlez de pique-nique, je deviens bleu, je déteste ça. Quand Charlemagne veut me faire enrager, il me raconte les voyages scolaires : "le bus éclairé qui arrive de nuit devant l'école, les enfants qui sont impatients (là, inévitablement, j'avais déjà commencé à pleurer, même en CM2), les chants (là, je vomissais parce que j'avais tellement pleuré que ça me faisait vomir) et le pompom, à midi, les oeufs durs, les chips et le poulet tout collé dans le tuperware (où il était question de se jeter dans un ravin pour oublier). Donc, on zappe la sauterie à l'école, et on deale en échange avec les enfants, les pizzas au gîte. Tout le monde était ravi, j'avais même fait un gâteau au citron pour déculpabiliser d'être une mère qui prive ses enfants d'un super repas avec les copains et leurs ... mères (grrr). Nous testons les éclairages nuitamment et à 22h45, retour à la maison pour coucher les enfants.
Mais voilà, depuis deux mois, Dédée (pour mémoire, notre âne transsexuel, devenue ânesse) nous pompe l'azur, nous les hache menue. Il y a deux mois, Carole, notre chèvre est passée de vie à trépas, je n'en ai pas parlé, ça n'est pas fun. De vieillesse, elle s'est coincée les vertèbres un jour et n'a plus pu se relever, vous imaginez la suite. Donc, nous avons attendu un peu et avons dû acheter deux brebis à Dédée qui passait ses journées, plongée dans des abîmes de neurasthénie. Carole était sa mère de substitution, c'était dur de l'entendre pleurer la nuit, surtout. Bref. Depuis lors, Dédée passe ses journées à sortir de son enclos en passant sous les barrières, oui, l'âne a un pouvoir pour ramper ! Je vous jure. Les moutons soulèvent le grillage et la grosse Dédée se faufile. Le problème est qu'elle est particulièrement excitée en ce moment, et avant-hier, elle a coursé la voiture du facteur. Genre grand n'importe quoi. (Oui, si vous en doutiez, nos amis nous appellent Charles et Caroline !! les initiés comprendront). Donc, la nuit, nous l'enfermons dans l'étable pour éviter de la retrouver sur la route, nous dormons ainsi mieux.
Hier soir, donc, nous filons au pré pour la récupérer. Rien. Charlemagne éclaire avec la voiture, feux de brouillard à l'appui. Rien. Sur la route, dans le champ du voisin. Rien. Minuit, une bruine fine. Le pied. Crevés de notre journée. Rien, rien et rien. Il a fallu entrer dans le bois, de nuit, vous imaginez le chantier, pour la courser, dans les branchages. A un moment, alors que mon homme l'avait repérée : "viens, elle est ici", plantée au milieu des branches, les pieds dans des mules recouverts de feuilles, j'ai eu une crise de panique. Je voyais mes jambes envahies de serpents, Charlemagne me disait qu'ils dormaient, vraiment parfois, je me dis qu'il me prend pour une pintade. Je ne pouvais plus rien faire, le bruit des oiseaux, un truc qui marchait derrière moi, je suis certaine que c'était un renard. La pétoche, Charlemagne est venu me chercher, oui, à l'heure qu'il est, je n'ai plus aucune dignité. Mais, bon, j'aurais aimé vous y voir. Avec des lianes qui pendaient des arbres, telles des boas prêts à vous bouffer. Et là, je me suis souvenue du récit de ma grand tante attaquée alors qu'elle pique niquait par un serpent tombé d'un arbre. La boucle était bouclée, la Dédée coffrée, et j'ai dormi comme un loir.
Commentaires
En son temps où dédé n'avait pas franchi la barrière féministe, j'avais dû parler d'un poème " J'aime l'âne si doux
Qui va le long des houx ...etc car c'est de mémoire EH bien j'étais loin du compte Dédée transformée en somnifère pas besoin de tilleul pour se détendre !!! Et rassure toi les serpents avec tout les bruits que vous faisiez ils étaient " eux " planqués
C'était presque la chasse au DAHU !!! super
Il s'en passe des CHOSES dans : "la petite maison dans la prairie", j'adore lorsque tu racontes la vie du monde animalier.
Inculte que je suis...
bon déjà, tu m'as fait éclater de rire, ce qui est moche rapport à ce que tu as vécu.
Je crois ne pas être trop trouillarde mais le coup d'aller, nuit noire, chercher le bestiau dans les bois, là, franchement, cela relève de l'exploit à mes yeux. Car moi j'aurais surtout eu peur de me vautrer sur une souche, me péter un tibia ou autre. Moche je te dis ;-)
Sinon j'adore tes expressions.
Que je suis allée chercher sur le web.
Notamment "pomper l'azur"... j'adore ! Je vois très bien ce dont tu veux parler. Sauf que j'ai commis la bêtise de taper ça sur google histoire de trouver les origines de l'expression, de savoir si c'était qqch "du cru". Ben du cru, j'en ai eu... ne jamais taper cette expression sur google : j'y ai perdu la moitié de mon âme rien qu'en lisant les liens. Sans même cliquer dessus, promis ;-)
Quant à ta dignité, (comment j'ai éclaté de rire), je la trouve plutôt bien placée. Elle n'a rien de perdue. T'as été plutôt courageuse sur ce coup-là.
Un super récit en tout cas ! J'adore !
J'ai trouvé ! Charles et Caroline Ingalls !
Ouh là là, le sous bois local qui se transforme en jungle équatoriale... Bon, la phobie des serpents, je comprends, j'ai la même...
gloups que je me suis dit, c'est comme ça qu'elle m'annonce ?
ouf !
(oui, on est revenus !)
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