Clothilde saison 2

Charlemagne, le gîte, le Poulet, la Bestiole et les dernières semaines à la firme

31 mars 2009

Saisonnalité

Comme chaque année, je prends le changement d'heures, façon jet lag, je suis au radar, inutile de me demander autre chose que les fonctions vitales, manger, dormir et faire caca (et heureusement, que je suis une constipée chronique !). Au delà de cela, c'est inhumain. Il m'arrive de me concentrer pour travailler mais vraiment parce que c'est obligé et que j'ai du boulot par dessus le citron. Allez, donnez moi, une petite semaine et ça ira mieux, je pourrais même envisager de faire une bannière, un peu plus printanière !
Au fait, on me demande quelle sorte de travail je fais. Je ne dirais pas mon titre précis car je pense qu'il est très propre à ma collectivité. Mais disons que je travaille pour une collectivité qui est dans le viseur du Rapport Balladur, héritière de la journée de cheval, et que je fais du développement local ou territorial, on emploie l'un ou l'autre des termes, selon que l'on est militant de la cause ou juste pratiquant ! Moi, je fais donc du développement local, j'ai en charge les politiques se rapportant à cela pour une zone regroupant  7 cantons et 50 000 habitants, en pleine cambrousse ! Et je suis heureuse comme un pape (quoi que je ne suis pas certaine que le vrai soit vraiment un mec épanoui). Je suis tombée dans ce métier un peu par hasard après avoir fait du journalisme institutionnel, et je suis ravie que le hasard ait pointé son doigt sur moi. Je travaille avec les élus, j'écris beaucoup, je réunionne aussi pas mal, c'est un juste équilibre entre tout ce que j'aime. Parfois, je désespère du manque de crédit ou de la frilosité de certains élus, mais en général je suis happy. Et depuis aujourd'hui, je suis attachée principale, yes. Je retourne à mon jet lag, les gars (chut,  Mme T, pouponne au lieu de râler).

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29 mars 2009

Je remise mon anorak et je mets un imperméable léger, avec juste deux badges pour lui donner un air printanier. J'oublie qu'il me manque une heure de sommeil. Je pense là a grande promenade dans la campagne faite avec Madame Viriato aujourd'hui. Tout est en retard, à moins que cette année, tout soit à temps, les arbres tardent à se parer de feuilles, le printemps est plus avancé sur le calendrier qu'en réalité.

Je commence un livre de jour et un livre de nuit, pour voir comment cela fait de lire deux livres de front, un qui se laisse traîner dans le sac, l'autre qui attend sagement sur la table de nuit. Demain, je vais essayer de trouver du tissu pour la bestiole et puis d'ôter les lourdeurs de l'hiver qui collent un peu plus en ce moment. Un dimanche soir, qui ressemble à un dimanche soir... un peu trop !

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26 mars 2009

Semaine de folie

Entre des réunions à Toulouse, des journées enfermées dans une salle à faire des arbitrages financiers. Avant que les élus ne se saisissent des dossiers de demande de subventions, les techniciens dont je suis donnent leurs avis techniques. Si cela parait pertinent par rapport au projet de territoire et au final si cela rentre dans les enveloppes. Pas toujours facile, parfois un peu dubitatif puisque certains élus, quoi qu'il arrive, emporteront la décision, certains autres se conformeront à nos avis.
Pour répondre à la question des aides à l'agriculture. Il y a un satellite européen qui du haut de sa hauteur (!) photographie les terres et regarde les surfaces exploitées, car oui, c'est bien l'hectare qui est subventionné et non pas l'agriculteur. C'est bien le cri que pousse chaque année, la Confédération paysanne de Bové qui en gros soulève ce scandale qui est que plus on est gros, plus on a d'aides. Certains sont mêmes devenus des chasseurs de prime, parce que certaines cultures sont plus subventionnées que d'autres. Il faut concevoir que ces aides ont été mises en place à une époque de surproduction et d'écroulement du marché international du fait de la surproduction, donc on a incité les agriculteurs à moins produire en leur payant non pas la production (ce qui aurait augmenté la surproduction) mais les hectares. Dernièrement, j'ai assisté à une réunion où un agriculteur a découvert qu'un retraité avec des terres toucherait plus sans produire qu'en donnant ses terres en fermage. Mais la profession commence à tousser. Parce qu'on assiste à une concentration des terres, les gros grossissent avec plusieurs risques ou écueils :
- la transmission :  les exploitations sont si énormes qu'elles coûtent une fortune à transmettre dans le cadre d'un héritage, ils sont pris à leur propre piège
- l'appauvrissement cultural : les gros n'ont aucun intérêt financier à faire de la diversification, par le biais des primes, ils gagnent assez, on a donc souvent une rotation sur deux cultures
- l'impact sur la biodiversité : les engins sont de la taille des exploitations, on rase les haies et on fait sauter les talus. La dernière connerie en date, enfin le postulat de départ est bon mais il sera vite retourné. Dans le cadre du plan sur l'eau après avoir obligé de faire des bandes enherbées le long des cours d'eau, cela va devenir obligatoire le long des fossés. Je vous parie qu'ils vont être busés, systématiquement. Ou comment faire d'une bonne mesure une catastrophe écologique. Je m'égare.
- la remise en cause des investissements en particulier sur l'eau. Que ce soit les systèmes d'irrigation ou les lacs collinaires, les agriculteurs à la tête de grosses exploitations ne s'embêtent plus à les entretenir, ils ont d'autres chats à fouetter. Chez nous, on envisage de taxer les bornes d'irrigation non utilisées, car en plus, il faut savoir qu'elles ont été largement subventionnées par la puissance publique.
On dirait que la profession remet un peu en question cette hyper concentration des terres mais ce n'est pas gagné, il y a de tels enjeux. Et puis, je vais me faire lyncher mais les agriculteurs avec minimum 200 hectares, il y a belle lurette qu'ils ne travaillent plus la terre, ce sont des entrepreneurs, on aura du mal à les remettre à faire de la diversification beaucoup plus chronophage et éreintante. C'est aussi là qu'il y a une opposition entre les partisans de la conf' et ceux de l'autre syndicat (je généralise évidemment) pour les uns ce sont des exploitations à visage humain pour les autres, on est en face d'entreprise avec une logique économique tournée vers l'exportation qui n'a plus rien à voir avec la tradition agricole française (une économie familiale et locale).

Chez nous, l'emploi salarié agricole a augmenté de 150% en 10 ans et la taille moyenne des exploitations est passée de 70 hectares à 123 ! Et le nombre de très gros engins a augmenté de 250% alors que le nombre de tracteurs baissait de 35 %. Tout est dit !

Je vous gave ? !

Mémoire en réponse.

Je veux bien répondre, j'avoue que c'est souvent par manque de temps, je relis pourtant tous vos commentaires. Je vais essayer de travailler l'interactivité ici.

Bénédicte : Je crois que ce n'est pas aussi évident de dire que c'est les bureaucrates et les élus qui gèrent cela. Le lobby agricole est extrement puissant, à un point que vous n'imaginez pas, j'ai des exemples de censure d'article de journaux par exemple qui déplaisaient au syndicat majoritaire. Aucun politique n'a eu le courage d'aller à leur encontre, réellement. Et puis, je crois qu'il faut trouver un équilibre entre l'agriculture

Cépée : Buser un fossé, c'est effectivement mettre une buse en béton ou en plastique pour permettre l'écoulement des eaux en dessous et le passage des tracteurs en dessus. En bas de chez moi, un fond de vallon où l'on pouvait se promener a sauté à cause de cela, c'est maintenant un grand champ inondé en hiver...

Bill : L'agriculture du fait de la mécanisation ne fait plus vivre une famille, les fermes comme tu les décris n'existent quasiment plus.

Liaht : dommage que ce soit un sujet qui gave les journalistes car jusqu'à preuve du contraire, la souveraineté alimentaire est un sujet crucial du 21 ème siècle.

Emma-menu : Je suis loin d'être une spécialiste de ces questions, ce n'est pas mon coeur de métier mais j'y touche par le bien de l'aménagement du territoire. Oui, j'emploie des termes un peu "conflictuels" mais la réalité est agaçante souvent.

Aline : Mais non, t'exagère. Je ne suis pas une technocrate !

Marpatch : Pareil chez nous et ca continue malgré les cataclysmes automnal et printanier.

Folavoine : Merci pour cette incitation. Et oui, la Conf est autre chose qu'un poil à gratter, ils ont une vraie réflexion.

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25 mars 2009

Pas de temps, pas le temps, je fais l'essuie glace entre Toulouse et Carcassonne depuis le début de la semaine, sous la pluie puis le soleil. Le soir, je rentre à des heures où j'ai à peine le temps de m'interroger sur la variation du jour autour des pâtes, du riz ou des patates. Ca ira mieux vendredi soir. Enfin, espérons !

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23 mars 2009

Pourquoi, je voterais « Europe écologie » aux élections européennes ?

Ce n’est pas facile pour une militante comme moi de m’imaginer ne pas donner ma voix au parti que je soutiens depuis des années. Peut-être que si les conditions de l’élection de la première secrétaire avaient été autre, je me serais posée davantage de question et que le cas de conscience aurait été rédhibitoire. Mais, je dois dire que ce qui emporte ma décision est à n’en pas douter pas tant la personnalité des têtes de liste (même si j’aime beaucoup le langage clair mais jamais simpliste de Cohn Bendit, le militantisme de Bové, et la fermeté d’Eva Joly) que la volonté affirmée à longueur d’interviews de donner du corps aux idées qui me tiennent à cœur. L’Europe est le lieu de la norme, sur toutes les questions d’environnement, de brevets, d’OGM, de politique agricole. Ce sont des politiques communautaires, il faut donc avoir du poids là où les décisions se prennent. Cependant, même si le dernier traité a nettement renforcé le pouvoir du parlement vis à vis de la commission, il n’en reste pas moins, que l’Europe n’est pas autant démocratique qu’on pourrait l’attendre, mais il y a un net progrès. On rétorque souvent aux militants comme moi de l’agriculture biologique qu’elle est plus chère que l’agriculture conventionnelle. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce que l’une est subventionnée et l’autre non. Les derniers intentions du ministre de l’agriculture semblent aller vers un infléchissement de cette tendance puisqu’il semblerait que des aides massives soient apportées pour ce type de culture, on attend de voir, il y a fort à craindre que seules les grandes cultures soient subventionnées et pas les cultures maraîchères, fruitières, d’élevage ou horticoles. Les subventions à l’agriculture productiviste sont un danger non seulement pour les économies locales mais aussi pour le Tiers monde. Il est moins cher pour eux d’importer du blé européen pour faire du pain (qui est souvent introduit dans la chaîne alimentaire par l’aide alimentaire alors que ce n’est pas dans le registre des cultures locales et donc non reproductible) que de produire leur propre culture vivrière. En Europe, les subventions ont pour conséquence une augmentation de la surface moyenne des exploitations. Les agriculteurs se transforment en « chasseurs de prime ». En effet, il y a une recherche d’économie d’échelle qui passe par une augmentation des surfaces. Par extension, cela signifie des engins de plus en plus gros, la nécessité de supprimer les fossés et les haies, une atteinte à l’environnement et à la biodiversité. Cela s’appelle des réactions en chaîne ou comment une décision qui semble bonne peut avoir des impacts désastreux. Faut-il pour autant arrêter de subventionner l’agriculture au risque de la voir s’effondrer ? Ce week-end a eu lieu à Rennes un forum de Libération sur « Comment sortir de la crise ? », dont un des thèmes abordés était ce qui me tient à cœur, à savoir la relocalisation de la production agricole. Il y a là un gisement d’emplois majeur, si tant est que l’on modifie l’ensemble de l’ordonnancement des aides agricoles. Il faudrait positionner une agriculture locale, respectueuse de l’environnement et pourvoyeuse d’emplois, c’est celle là qui devrait être au départ aidée, ensuite, le marché fera son chemin. Il faut arrêter de subventionner les cultures hors sols  et dessaisonnées. Il y a beaucoup à faire, et c’est pour cela, que je changerais de crèmerie pour les élections européennes, j’irais vers ceux qui défendent le mieux mes idées. Royal prêche également pour cette évolution, mais décidément le PS ne croit pas en la modernité de la croissance verte. Dommage.

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20 mars 2009

Trop, trop

Hier (en fait, c'est une vue de l'esprit, vu que j'écris ce billet jeudi soir pour une parution vendredi, ça m'énerve de ne pas mettre un truc comme avant, tous les jours, ce nouveau système ne me va pas du tout. Bref), hier, donc, j'ai passé ma journée pendant que Charlemagne battait le pavé, à la maison avec les enfants. Je sentais bien que l'après-midi allait lentement s'alanguir, pour finalement se perdre dans un vide total entre Internet et pas grand chose d'autre. J'ai donc décidé de m'attaquer à mes placards de la cuisine. Il y a quelques vacances de cela, je les avais déjà rangés, mais je n'avais pas fait les coupe-sombrescoupe-sombres qui s'imposaient. En fait, j'en suis arrivée à la conclusion que le trop nuit au bien. Quand j'ai commencé à fréquenter les magasins bio, je dois dire que le fait d'acheter des produits en vrac a aiguisé ma curiosité, je me suis donc dotée de tout un tas de choses (soja sec, graines diverses et variées) en me disant que cela varierait mes repas. Mais, voilà entre ce que les uns n'aiment pas, ce qu'il est difficile d'accommoder faute de pratique, je me suis retrouvée avec un certain nombre de produits dont je ne me servais quasiment jamais. Donc, aujourd'hui, j'ai fait le vide, les restes servant à nourrir les oiseaux en attendant que le printemps se soit complètement et sûrement installé.

Et j'en suis arrivée à la conclusion, que j'ai besoin de (en produits secs) :

Semoule très fine, fine et moyenne, lentilles roses et vertes, pois cassés, haricots blancs, riz rond et riz basmati, polenta, fécule de maïs, farine T65 et T80, dans les sucres (muscovadomuscovado, roux ,blanc non raffiné et glace), chocolat (cacao en poudre, pour dessert), pâtes (spaghettis, coquillettes, cheveux d'anges, pennes, tortis, alphabet). Le reste n'est que littérature ! ou embarras de placards pour ma part.
Mon souci maintenant est du côté des épices, à une époque, je les collectionnais, conclusion, j'en ai plein et je me suis aperçue que certaines avaient atteint la limite de la bienséance, certaines ouvertures de contenants ont été fatales à mon nez. Du coup, je m'interroge sur l'épicerie olfactive idéale. Je me suis laissée jusqu'au week-end pour mettre en oeuvre mon choix.
- les incontournables : cumin, muscade, vanille, anis, clou de girofle, poivre, curry, sésame, piment, safran
- les "j'hésite" : raz el hanout, curcuma, cardamome, pavot
- les "je m'en sers une fois qu'il me tombe un oeil, ne faut-il pas mieux les acheter au coup par coup" : tandoori, carry and curry...
Et vous, c'est quoi votre orgue à odeurs idéal. 

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19 mars 2009

Flâneries au soleil

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D'un jour à l'autre

Hier soir, je suis rentrée à la maison un peu énervationnée, je ne sais pas trop pourquoi, enfin, si je sais mais rétrospectivement, ça n'a plus d'importance. Les soucis se sont envolés pendant la nuit, non par un coup de baguette magique, mais juste parce que quelqu'un a enfin compris ce que je disais. Comme quoi, je vous le dis, il faut toujours croire à la force de la parole. Ça parait obscur mais je me comprends. Bref. Donc, au lieu de me mettre instantanément à faire le repas, comme je fais tous les jours, je suis sortie devant la porte, pour tenter de retrouver une contenance humaine, c'était ça ou envoyer balader toute la maisonnée, qui n'y était pour rien.

Je me suis mise devant mon point de vue préféré, celui qui laisse deviner le fond du vallon. Là, pas une parole, rien et ce qui étonne, qui interpelle, c'est le chahut des oiseaux qui se répondent. Le printemps commence comme cela, un matin, le silence absolu, puis le lendemain, un oiseau qui attire l'oreille, le lendemain, il est encore seul, puis ils sont tous les jours un peu plus nombreux. L'hiver est étrangement, parfois même inquiétant par son silence. L'été, on s'est habitué, entre les deux, il y a cet instant de prise de conscience que quelque chose est en train de se passer. Ensuite, c'est l'explosion de couleurs, sans que l'on ait forcément quelque chose à y voir, dans le bois en bas de chez moi, les arbres de judée donnent des couleurs étonnantes aux marrons qui se répondent, les feuilles ne sont pas être là, et pourtant, les variations chromatiques évoluent. Et premiers vrombissements du moteur des mouches et battement d'ailes des papillons.

Dimanche, nous étions invités chez mes beaux-parents, ma belle mère a un jardin extraordinaire, elle sème puis elle plante, elle fait son compost. Un rêve de vie autarcique ou presque ... Elle a entouré la maison de haies vives qui apportent beaucoup de nourriture aux oiseaux. Pendant le repas, sur la fenêtre à un mètre de nous, des oiseaux de toutes les sortes, sont venus se ravitailler. Livre à l'appui, elle a fait un inventaire précis de ses joyaux, dont un faisan qui se cache dans une des haies. Pour moi, le printemps, c'est cela aussi, prendre le temps de regarder la campagne changer de forme et d'odeurs, de voir les prémi420_blogces de l'été.

Mon vallon. Photographie prise par mon beau-père le soir de nos 10 ans de mariage.

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18 mars 2009

Demain

Je fais grève, pas pour moi, je n'ai aucune raison de me plaindre. Mais, je crois encore en la solidarité "de classes" qui consiste à envisager sa vie non pas comme une fin en soi mais comme participant d'un tout, que l'on appelle la société. Alors, je n'ai pas hâte de voir que ceux qui n'ont déjà pas grand chose, aient encore moins. Ils seront les dindons de la crise, entre les entreprises obligées de licencier et celles qui en profiteront pour écrémer. Et surtout, il y a cette dame du Medef qui du haut de sa suffisance explique que c'est de la démagogie de faire grève et pourtant, c'est pour beaucoup une planche de salut, un espoir. Il ne faut pas oublier que pour produire des richesses, il faut des travailleurs, on a trop crû que la finance était cette machine à produire de l'argent... virtuel, cela s'appelle une bulle spéculative. Repartir sur des bases, de bonnes bases, c'est cela que l'on demande. Et je suis là en total désaccord avec M Aubry qui réclame du pouvoir d'achat pour que les gens consomment. Non, il faut du pouvoir d'achat pour consommer mieux, autrement, en valorisant les savoirs faire locaux, les productions économes en gaz à effet de serre. Il faut créer un nouveau modèle de société où l'homme et la nature seront au centre et non pas l'argent et l'illusion. Tout un programme.
Une pensée énorme pour celle qui se reconnaîtra : Inch Allah, Madame A

Ce que j'ai à répondre à Véronique : Tout d'abord, si le monde ne tournait que grâce aux "producteurs", vous n'auriez pas de travail, puisqu'un marchand par essence ne produit rien mais est juste un intermédiaire entre un producteur et un acheteur. Ensuite, certes, je ne produis pas des petites culottes ou des routes, mais là, juste à titre d'exemple, grâce à mon "travail"(et à celui de deux de mes collègues), un territoire va bénéficier de 1.2 millions d'euros pour son développement. Argent qui va bénéficier en particulier aux artisans et agriculteurs du coin. J'estime donc produire des richesses, même si ça ne se voit pas à première vue.
Ensuite, pour ce qui est de mes biens immobiliers. J'ai hérité d'une maison qui était en ruine, j'ai investi beaucoup d'argent et d'énergie pour en faire ce qu'elle est maintenant. Je ne vais donc pas m'excuser de cela. Mais, je pense à ceux qui n'ont pas la chance d'hériter, je pense aussi à ceux qui n'ont pas de moyens financiers, qui ne peuvent pas obtenir de prêt par exemple. Je ne vais pas tourner le dos à mes convictions sous prétexte que je serais "propriétaire". Et un détail, madame, les locations ne servent actuellement et uniquement qu'à rembourser les traites des prêts, je ne fais pas de bénéfices !
Enfin, pour ce qui est des enseignants qui seraient payés en grêve, c'est une vieille lune, je peux à toute fin utile, vous fournir mon bulletin de salaire des jours de grêve et celui d'amis enseignants. Ce que je peux juste vous dire c'est que je suis fière de pouvoir faire greve pour tous ceux qui matériellement n'en ont pas la possibilité. Quant à la rengaine des fonctionnaires qui ne craignent rien, sachez madame, que les 3/4 des fonctionnaires embauchés le sont sur un statut de droit privé beaucoup moins protecteurs qu'avant. Il fait beau !


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17 mars 2009

Suite de "j'ai un besoin de technologie"

Alors que je me bats pour tenter de comprendre quelque chose dans les forfaits téléphone, je dois dire qu'un des prétextes invoqué (avec beaucoup de mauvaise foi !) est certainement le gîte. CharlemagneCharlemagne après avoir beaucoup oeuvré dans la mise en route du projet me laisse maintenant m'occuper de la gestion comment dire, administrative (réponse aux demandes, réservations...). Bon, ce n'est pas non plus le standard du Ritz, je dois avoir 10 mails par semaine environ. C'est moi qui réponds aux demandes de renseignements, souvent par mail, ensuite, j'ai deux options, si c'est en espagnol, je harcèle sister Jane, si elle n'est pas là, le plan B est Viriato, le plan Z, c'est un traducteur en ligne, et je ne préfére pas imaginer ce qu'il me fait dire. (Mais comme je ne veux pas être un cas désespéré, parallèlement, je lis un article del Païs en ligne, tous les jours, et je me fais des lexique de vocabulaire). Si ce sont des francophones, là, c'est fantoche.
Et bien, je dois vous dire une chose, je me régale. Je me refuse complètement à faire une réponse standardisée, donc, pour chacun je trouve une tournure de phrase, un truc à dire, à valoriser. Oui, ça parait un peu tarte comme cela, mais nous avons tellement passé de temps sur la phase d'émergence du projet que j'ai envie qu'il soit encore présent et pour moi, c'est une manière de faire cela. De plus, je réponds le plus rapidement possible et cela les gens y sont très sensibles, systématiquement, j'ai une phrase dans leur réponse qui y fait allusion. Le plus bizarre est quand on nous demande un renseignement, on envoie la réponse et puis plus rien. Comme je suis flippée, au départ, j'imaginais que le mail n'était pas arrivé, maintenant je me zénifie.
Tout cela pour dire qu'un téléphone pour recevoir et envoyer des mails est totalement, sauvagement indispensable ! Trêve de plaisanterie, il y a comme un parfum de plaisir dans tout cela.

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