31 janvier 2009
Attendre
Hier, le lave vaisselle a définitivement décidé de me lâcher, des hôtes attendus pour ce week-end qui annulent au dernier moment : ultimes pieds de nez d'une semaine et d'un mois qu'il conviendra d'oublier très vite. Nous nous refermons sur la maison, sur nous-mêmes. Tous les soirs, la chienne, Gertrude qu'il nous reste, Titi pour les intimes, dort au rez de chaussée, le matin, elle attend que nous lui ouvrions. Elle s'ennuie, elle cherche, elle nous rappelle. J'ai décidé de suspendre mon vol, d'attendre que ce mois finisse, espérant un peu que février annonce des choses plus convenables, plus agréables. Nous gagnerons 1h30 de lumière, c'est beaucoup. L'hiver, cette année, ne m'a jamais paru aussi long, certainement parce qu'il a commencé très tôt.
Tout est dans la tête, la volonté de se sortir de sa torpeur, ou sa capacité à y rester, à se plaindre, à geindre. Je sais que j'ai besoin de réponse à mes interrogations, que j'ai besoin d'y voir plus clair dans ce que je veux. Je vis soit dans le passé, soit dans l'avenir, dans le passé quand il était agréable, dans l'avenir, avec ses peurs et ses incertitudes. Il serait grand temps de vivre dans le présent. C'est tellement facile à écrire. Je suis consciente de ce que je perçois mal, de mon incapacité à vivre dans l'instant. Toutes les semaines, au travail, je me rêve chez moi, en train de faire de la couture, du tricotage ou de l'encadrement, le week-end arrive et je traîne ma flemme d'une pièce à l'autre de la maison. Je traîne ensuite mes regrets de n'avoir rien fait. Cercle vicieux. Je me conçois faisant du sport pour stopper ce mal au dos, et je vis comme un légume.
Alors voilà, il faut que ça change. Je ne sais pas comment, je ne sais pas si c'est possible. Mais il le faut. Il faut que je retrouve l'envie, il faut que je me sorte ces idées noires, toxiques, qui m'occupent l'esprit depuis des semaines et qui me plombent. J'ai peur et je ne dois plus avoir peur, j'ai des doutes et il ne faut plus que j'en ai. J'ai 36 ans, j'ai assez donné dans ce registre là. Je ne le supporte plus. Je ne supporte plus l'idée de refuser de partir en week-end avec Charlemagne de peur qu'il nous arrive quelque chose, je ne supporte plus d'avoir peur de ne pas voir mes enfants grandir et mes parents vieillir. Ces idées, je ne sais pas pourquoi je les ai, j'ai beaucoup cherché et je n'ai jamais trouvé de réponses, maintenant, il ne s'agit plus de chercher, il s'agit de passer à autre chose, de vivre autrement. J'ai "beaucoup" pour être heureuse, et je suis la seule à ne pas le voir. Je vis comme j'aime, j'ai du temps pour moi et du temps pour les miens. Il me manque quoi ? Croire que les vies sereines et joyeuses existent, et que tout ne finit pas forcément dans un drame.
30 janvier 2009
Son univers est très doux, très tendre,
elle fête ses deux ans de blog avec une jolie idée à laquelle je me suis jointe.
29 janvier 2009
Il ne faut pas désespérer Billancourt
Les banques ont fait des bénéfices records (ce n'est pas moi qui le dit ). Un ministre nous dit de nous retrousser les manches, que fait-on d'autre ? Que font les dizaines de milliers de personnes qui vont être licenciés, sans que le rapport avec la crise soit à chaque fois patent ? On nous traite de fainéants à longueur de journée. Un Préfet est muté parce qu'il n'a pas su faire taire le peuple qui hurlait son désespoir. Il faudra faire quoi pour faire comprendre que les gens ont juste besoin d'air et d'attention, d'écoute et de compréhension, de sécurité morale et sociale. Que les parents ont besoin de comprendre l'école de leurs enfants, les enseignants d'être en confiance dans leurs métiers, que le dépistage de la délinquance commence par la prise en charge de la détresse morale des jeunes enfants, dont les parents sont foudroyés par la misère et la peur du lendemain. Une société juste, cela peut exister, mais pour cela faut-il avoir des dirigeants, juste lucides.
28 janvier 2009
Lourdes semelles (semaines)
Je n'aime pas me terrer/taire. Mais, en ce moment, je ne vois pas d'autres alternatives, cet hiver pèse des tonnes à mes chaussures, je ne m'aime pas larmoyante et fatiguée et pourtant, je ne parviens pas à reprendre de l'énergie. Des ennuis qui s'accumulent, cela m'agace souvent quand je lis chez les autres des allusions qui ne sont que des non dits. Alors, je ne vais pas le faire à mon tour, Charlemagne et sa grippe, le médecin qui vient le voir et tue notre chienne en repartant, lundi, juste une journée à oublier. L'extrême difficulté pour le dire aux enfants, laisser le soin à Charlemagne de le faire, me sentir honteuse de ne pas assumer. Cette vision de l'accident qui fait remonter le souvenir d'évènements soudains, violents, qui nous font prendre conscience de l'extrême fragilité de l'acquis, de la vie.
Tout cela qui s'ajoute aux questions plus matérielles, l'attente d'une réponse de la banque pour notre projet de piscine pour le gîte, l'épluchage indécent de nos comptes, comme si nous étions des bandits. Le jugement porté sur notre mode de vie, sur nos choix. Le refus de prendre en considération notre gîte, "mais ça ne compte pas, pour nous, ce n'est rien, ce n'est pas un revenu." Cette sensation de se débattre dans les affres des contraintes, ne pas trouver le sommeil. Ne plus savoir au final pourquoi on s'angoisse, pour tout, pour rien. Être mal en point, fatiguée, angoissée, épuisée. Avoir envie de légèreté et ne rien trouver qui procure cela.
Avoir envie de Charlemagne et de moi, de ne plus mettre en soi des contraintes, des soucis, des angoisses, juste reprendre une vie d'avant les travaux, d'avant les échéances financières, une vie faite de légèreté et de connivence. Sentir les années qui passent, ne pas accepter de vieillir et de ne plus être celle du temps de notre rencontre. Refuser de se voir changer, de se voir se voûter, de perdre l'insouciance et la fantaisie qui étaient miennes. Comprendre ceux qui ont envie de s'enfouir sous des couvertures pour ne plus avoir à assumer, à porter des choses. C'est par où le printemps ?
26 janvier 2009
De retour
Merci de vos messages, les unes et les autres. Ça va bien, nous n'avons pas eu contrairement à d'autres des dégâts considérables. Mais, pas d'électricité de samedi à dimanche midi, et plus d'Internet depuis samedi. Nous ne savons pas quand ce sera rétabli, d'un autre côté, je pense qu'il serait indécent de demander quoique ce soit quand on voit la situation des Landes ou des Pyrénées Orientales. Il faut dire que les ouvriers d'EDF sont vraiment formidables comme la SNCF, travaillant toute la nuit pour rétablir le courant. C'est vraiment des équipes qui forcent le respect. A la maison, il y a eu des chutes de branches, des tôles arrachées sur la toiture de la grange et au gîte, nous avons perdu deux magnifiques pruniers anciens. Mais, encore une fois, ce n'est rien, un petit tribut payé à la nature qui s'est avérée furieuse. 150 km/h au plus fort de la tempête. Je crois que j'ai rarement eu aussi peur de ma vie, d'habitude le vent violent, chez nous, est de sud (le fameux vent d'autan), là il était d'Ouest et en plus avec les sols extrêmement trempés, nous avons vraiment eu peur que les arbres se déracinent. Nous en avons de très grands contre la maison, ça aurait pu être catastrophique. Mais, ils ont bien résisté. Samedi, le vent nous a réveillé à 8h, nous sommes restés terrés dans la cuisine jusqu'à 22 h, sans lumière, avec juste la chaleur de la cheminée.
J'ai eu très peur, certainement une peur un peu irraisonnée, mais avec les éléments naturels, on ne sait jamais ce qui peut arriver, comment cela peut évoluer. Nous habitons une vieille maison, à midi, j'ai pensé aller m'habiller à l'étage, les bruits étaient tels qu'il était impossible d'y rester, c'était effrayant comme jamais. J'ai passé une journée avec l'angoisse au ventre, le coeur qui bat dans tous les sens, les sueurs froides et ensuite, vers 18h, une sorte de délivrance, la sensation que c'est passé. Les enfants sont restés zen, la Bestiole redoute plus l'orage que le vent. Pendant tout ce temps, nous écoutions une radio locale (sur piles !) qui avait ouvert son antenne aux auditeurs de toute la région. Cela parait bête, mais nous pouvions comme cela suivre la tempête, savoir où elle était, si elle s'éloignait. France Info a été lamentable, les bulletins météo n'étaient absolument pas actualisés. Ça peut paraître bête mais quand vous êtes au milieu de cela, c'est extrêmement nécessaire de savoir s'il vous reste une heure ou 10 heures d'enfer. Nous avions un baromètre dans la cuisine, je l'ai gardé sous les yeux tout le temps, un hecto-pascal de plus et c'était l'assurance que l'on allait vers le mieux.
En 1999, la Bestiole avait 1 mois ! Elle a 9 ans aujourd'hui. Je ne suis pas pressée qu'elle en ait 19.
22 janvier 2009
Pipi et pré-carré
Ce soir, j'étais dans les rayons du supermarché, aigrie et fatiguée. Aigrie de m'être sentie délaissée toute la journée, fatiguée de voir les choses telles qu'elles vont. Ma poche a vibré, à l'autre bout des ondes, il y avait la même amertume face à des situations qui ne s'améliorent pas. J'avais fait des kilomètres, juste effleurée la grande ville sans pouvoir en voir autre chose qu'une grande salle de réunion. Moi, venue d'un petit département, de bouseux en plus, j'avais enfin le droit d'assister à une réunion dans la cour des grands. Vite la scène de la pantomime s'est mise en place : entre deux femmes, la mayonnaise a pris, la pression est montée. Enfin, elles tenaient leur sujet de discorde, leur raison de se frotter l'une à l'autre pour voir laquelle céderait. Une peu naïve, j'ai d'abord crû que je pourrais apporter une solution, les autres comme moi, se sont aussi avancés à tenter une médiation. Ce n'était pas si grave. Au bout d'un moment, je me suis même demandée si enfin elles allaient se rendre compte de la farce dans laquelle elles s'étaient engagées. Ma voisine, une des protagonistes, abonnée du syndrome Fleury Michon*, devant ma perplexité s'est penchée vers moi, et sous le sceau du secret m'a glissé : "t'inquiète, je t'expliquerais". Mais, quand les explications auraient dû venir, j'ai juste glissé que moi, j'avais des enfants à retrouver, une envie d'allumer la petite lampe dans la salle à manger pour regarder mes fleurs sur la belle table. La vacuité de cette discussion était totale, absolue, elle n'avait pour but que de montrer laquelle des deux devraient plier. Ce qui est le plus désolant, c'est que l'on n'est plus dans l'écriture commune d'une histoire, on est dans la recherche d'un rapport de force. Je les imaginais ce soir, chez elle entre les lasagnes et le potage, dire à leurs compagnons : "j'ai pas lâché, je l'ai mouchée, tu aurais vu". Et alors, qu'est ce qui a avancé, rien, quel est le gain pour la collectivité, néant.
En ressortant de là-dedans, je me suis demandée si je n'étais pas en train de perdre la foi en mon travail, l'envie de continuer, de défendre des idées. Souvent, je me retrouve dans des situations où je me sens décalée, les choses avanceraient tellement mieux s'il y avait moins de "je" et plus de "nous". Tout le monde veut PROUVER, qu'il existe, qu'il est nécessaire, qu'il est important. J'ai longtemps voulu aussi prouver, peut-être dans mon coin, mes concours c'était cela, prouver que je pouvais, que l'on pouvait croire en moi. Cela a échoué alors maintenant, je veux juste faire mon travail. Je ne veux plus prouver à des gens qui finalement ne regardent pas l'autre mais juste ce que l'autre représente comme menace pour soi. Moi, je veux juste vivre, je veux juste que mon chef ait confiance en moi, qu'il sache que dans les mauvais moments, je suis capable de bosser pour lui comme il l'attend. Le reste n'est que littérature et chimère que je laisse désormais aux autres.
(*Le syndrome Fleury Michon est une invention de ma part qui remonte au temps où j'étais sous l'autorité d'une femme dont les parents étaient bouchers. J'avais donc échafaudé l'idée à deux balles qu'elle faisait payer à ses sous-fifres son extraction sociale qui la laissait "honteuse". La malheureuse avait gravi les échelons et elle détestait par dessus tout qu'on lui rappelle ses origines. C'était une pure garce qui semblait en vouloir au monde entier. Pourtant, ce qu'elle a dû manger comme somptueux os à moelle, rien que pour cela on aurait pu l'envier. Vous imaginez la moelle sur du pain grillé et du sel concassé par dessus, je me damnerais).
21 janvier 2009
Au pays de Candy
comme dans tous les pays, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils. Que voulez-vous que je vous dise ? Le nôtre est déprimant, affligeant de langage charretier, pas vraiment le genre de personne dont on a envie de se prévaloir. Alors, quand on a devant soi, un homme dont les discours sont des bonheurs à entendre, une prestance telle, une telle gourmandise dans le regard, un tel calme dans la démarche, que l'on a fatalement envie de s'en rapprocher.
Et puis, mince, n'a-t-on pas le droit de vouloir croire encore que quelque chose est possible ? Il faut croire que visiblement certains pensent possible un changement pour preuve l'effondrement de la bourse de New-York, capitalistes apeurés par des décisions qui remettraient en cause leur petite entreprise. Mais, je ne suis pas la soeur de candy, je sais très bien, qu'il y aura des ratés, des erreurs, des errements. Mais comme pour la crise, j'ai envie de dire que nous portons chacun une part de responsabilités dans une réussite ou un échec collectif. Et c'est cela que j'ai lu dans le visage des ces centaines de milliers d'américains, cette ferveur, cette ambition collective. Ils lutteront contre les lobbys du pétrole, des constructeurs automobiles, mais ils sont ensemble et ils sont fiers. Fiers d'avoir réussi cela, d'avoir réussi à élire un homme qui n'était pas considéré comme tel il y a encore 70 ans. Vous imaginez cela. Je crois que nous ressentons que quelque chose s'est passé, un afro américain, à la tête de ce pays, mais pour eux, c'est une mutation énorme. Chez nous, il ne peut y avoir d'équivalent car nous n'avons pas connu la ségrégation.
Je n'ai pas envie de passer une année de peur, de renoncement à croire en un futur meilleur. Je m'engage dans mon quotidien pour rendre la vie plus agréable. Je renonce certains jours parce que je manque de linéarité dans cette volonté. Mais, je continue à vouloir cela, à m'arrêter au bord de la route, pour 3 minutes, pour regarder un ragondin dans un pré. Je perds deux minutes aussi pour sentir l'odeur de bébé de mon grand garçon. Je me remplis de la joie d'être en vie, et de penser que si tout le monde cherchait non pas à avoir plus que le voisin, mais simplement à avoir ce qui lui est juste nécessaire pour vivre en harmonie, ce serait suffisant. Pas de scepticisme. Agir.
20 janvier 2009
Le jour où les tours sont tombées, je me souviens où j'étais.
Le soir où cet homme a prêté serment, je me souviendrais où j'étais, des larmes d'émotion, seule dans mon salon, de l'envie qu'il donne d'avancer, de l'espoir qu'il porte, de la force qu'il dégage, de la quiétude qu'il transmet. On met beaucoup d'espoir en lui, il a déjà fait tellement pour donner à ce pays confiance en les autres, confiance en soi. Il a refait entrer l'Amérique dans la communauté internationale, ce pays, si seul contre le monde entier.
Je me souviendrais de ce visage, de cet élan, de cet espoir.
19 janvier 2009
Je suis la métaphore de la catastrophe ambulante
Hier soir, je me lavais pour me glisser ensuite dans des draps frais et brodés, là, vous êtes sensés entrer dans l'esprit des lieux. Ce que je ne vous dis pas et qui est moins glamour, c'est qu'en parallèle, je venais aussi de m'épiler la moustache et les sourcils. Bref. Le téléphone sonne, Charlemagne écoutait les japonais sur son antenne intérieure et moi, donc, j'étais dans la salle d'ablutions. Je me dis que c'est Sister Jane et que à 22h, n'ayant pas trouvé de programmes télé potables, elle cherche une âme avec qui discuter le coup. Sauf que moi, j'avais prévu de me coucher tôt pour lire ce super bouquin qui me plaît tant (les déferlantes). Dans ces cas-là, j'anticipe en imaginant que si c'est pour une cause grave et désespérée, elle appellera sur le portable. Je suis un monstre, je sais. Mais, deux minutes après, re le téléphone, comme je suis certes un monstre mais un monstre anxieux, je me dis que peut-être c'est important et donc, je dévale les escaliers, dans mon vieux peignoir. Je décroche : "hello, it's the house Sou.p.assens ?". N'ayant fait aucun progrès dans une quelconque langue étrangère, j'ai eu la tentation classique de fuir cette chose mugissante. En même temps, depuis un mois, pas un appel, je frétillais donc de bonheur en entendant cette voix, de loin venue. Deux solutions, débuter une conversation qui est vouée à avorter dans la pire des conditions ou appeler Charlemagne. Oui, mais pour cela, il faut bien expliquer au monsieur que j'appelle un individu en capacité de lui donner une réponse : "oh, sorry, but I (j'ai failli dire help), IIIIIIIIIIIIIIIIIIII, try (oui, ça veut rien dire) my (et le mec de me dire, avec un accent anglais à se damner, "votre mari") oui, c'est ça my hunsband (pour une fois, que je savais un mot, purée, pourquoi il me l'a pourri). Bref. Le hunsband se magne dans l'escalier, me voyant gesticuler, je lui passe le téléphone comme s'il chauffait. Et là, l'infâme se met à parler avec un super accent, à expliquer les old trees, bon, il a moins fait le malin quand il s'est agi de dire que le linge et le ménage étaient compris. Ahaha, on a ses limites dans la discussion internationale, c'est à dire que les radios amateurs parlent rarement chiffons et ménage. Les gueux.
Alors, je capte tout de même une phrase "free on july ?". Et là Charlemagne se tourne vers moi, et avec un français, genre pas le vieux couple qui s'engueule mais plutôt, le patron qui demande à la secrétaire de direction si la salle est occupée pour la conférence intersidérale du soir : "I ask my wife". Sauf que sa wife est une morue de la pire espèce, même pas le cabillaud, pire le lieu jaune et encore. Qui en plus n'a pas écouté ce que les dames de son blog lui ont recommandé la dernière fois, à savoir de temporiser : "mais quoi, tu le sais très bien que c'est libre en juillet". Avec la voix de la morue façon mégère. Sur le moment, il y aurait pu y avoir la revanche du lave vaisselle, il aurait pu faire un meurtre. "Yes, my wife vérifie (je ne sais plus quel mot il a employé qui faisait entendre que sa wife regardait le calendrier super booké), yes, it's free". Bon, je vous passe, les papouillages qu'il lui a fait et auquel je n'ai rien compris sauf des yes et des great. Il a raccroché et m'a regardé sidéré :"tu veux pas t'inscrire à des cours de langue et de commerce international". Et toi, de soutien moral envers ta femme meurtrie par son incapacité linguistique. Bouhhh.
18 janvier 2009
On en reparle
Une semaine de menus scrupuleusement notés, comptés, disséqués. Les enseignements : je suis à une moyenne de 6.02 euros par repas. Certains ont peut-être été un peu étonnés de voir ce que nous mangeons et qui peut paraître parfois un peu "frugal". Je pars du principe que dans la famille, chacun fait un repas copieux et conséquent à midi en semaine : entrée, plat (légumes ou féculents plus viande ou poisson), dessert. Donc, le soir, je ne vois pas l'intérêt diététique de remanger de la viande. Du coup, c'est souvent légumes et féculents. Pour les desserts, il y a parfois des gâteaux, mais pas tous les jours. Ce qui est très clair dans cette histoire : la viande fait copieusement augmenter la note. Plus que doubler par rapport à un repas basique.
Mais au delà de cela qui semble logique, la plus emblématique des économies directes, c'est la pâte à tarte. Entre les pâtes industrielles, même bio et dont les ingrédients sont loin d'être vertueux (l'huile de palme est celle qui a le plus de graisses saturées ) et la pâte maison, le prix est doublé.
On compare :
ma pâte. 200 g de farine bio, 100g de beurre ordinaire, 50g d'eau, une pincée de sel soit 0.82 e
une pâte bio C...our : Farine de blé*-margarine végétale (huile de palme*-stéarine de palme*-huile de tournesol*-eau-sel-acidifiant : acide citrique)-eau-vinaigre de cidre*-sel-sucre de canne*. 1.65 e
une pâte Marie : Farine de blé-beurre concentré 20%-eau-glucose-sel-vinaigre-gluten-germe de blé-amylases fongiques-cystéine-matières grasses en provenance du lait : 20g pour 100g. 1.95 e
la pâte carrefour de base : Farine de blé-margarine (graisses et huiles végétales en l'état ou hydrogénées ou fractionnées (huile de palme-huile de colza)-eau-sel-émulsifiants : mono et diglycérides d'acides gras de palme-correcteurs d'acidité : acide citrique et citrate de sodium)-eau-sel-sucre-alcool-jus de citron concentré.
Présence éventuelle de : lait, oeuf. 0.95 e
Sur ce coup-là, il est donc prouvé par A + B qu'il est possible de mieux manger pour bien moins cher. C'est long à faire ? 15 minutes, montre en main, entre le moment où vous sortez les ingrédients du placard et que vous mettez votre pâte dans le moule. Du matériel ? Un bol, un rouleau à pâtisserie, et c'est tout.
Et, je suis certaine que c'est pour tous les produits pareils.
Exemple : Les gâteaux industriels. Il faut 1.14 e pour faire un gâteau renversé aux pommes pour 6 personnes (le moule est pour 6). En comparaison, il faut 2.80 e pour ça : une pâte à gâteau toute prête de chez Ca...our. (Eau-farine de blé-sucre-huile de colza-oeuf entier en poudre-amidon de blé-huile de palme raffinée-glycérine de palme et de coco-alcool-blanc d'oeuf en poudre-poudre à lever : pyrophosphates acide de sodium et bicarbonate de sodium-arôme et extrait naturel de citron 0,8%-sel-sirop de glucose de blé ou de maïs-jus de citron concentré 0,2%-épaississant : gomme xanthane (contient blé et soja)-caséinates (contient lait)-antiagglomérant : orthophosphates de calcium-colorant : bêta carotène-stabilisant : triphosphates.). Et si je prends le prix au kilo des gâteaux tout prêts alors là, on s'envole.
Autre sujet, la question de la quantité. Pour faire des croque-monsieur, j'achète du pain de mie chez le boulanger. J'achète juste ce dont j'ai besoin, il est frais, du jour, sans additif. Et je ne suis pas dépendante du supermarché, je l'achète quand je prévois ce menu.
Enfin au delà du prix, l'autre grande chance du fait maison, c'est la maîtrise totale des ingrédients. Avec deux exemples, on voit apparaître des additifs dont on ne sait même pas ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Pourquoi sont-ils là, en quoi sont-ils utiles (hormis pour augmenter le poids des produits et donc leur prix !). Quand on fait un gâteau ou une pâte, on maîtrise tout, y compris le sel et le sucre. Ce n'est pas négligeable, bien au contraire.
L'argument que je reconnais aisément, c'est l'absence de fantaisie. Il est vrai que de se faire presque tout, sans avoir des journées entières à passer en cuisine, ou l'absence d'envie certains soirs, cela donne des menus un peu "mornes". Assez basiques. De plus, depuis que je n'ai pratiquement plus de conserves à la maison, quand je suis dans la panade, j'y suis jusqu'au cou : sans filet de sauvetage. Voilà.
(j'ai fait un fichier avec le prix des menus téléchargeables, pour alléger le blog-it ! ) : Comparatif_menu
Atlante : Pour la pâte à tarte. Je la laisse reposer quand j'ai le temps. Quand j'arrive à 18h et que l'on mange à 19h, elle ne repose pas mais elle est toujours éminement mangeable. Quant à l'oeuf, je le mets selon ce que je mets comme garniture. Avec de l'eau (tiède qui permet de ramollir le beurre !), c'est aussi très correct et plus diététique quand tu fais une quiche avec 3 oeufs dans l'appareil !














