31 décembre 2008
12 à table
Ce soir, nous serons 12 à table, il y a une heure, je ne donnais pas cher de ma peau, mais là, c'est sous contrôle. Les invités ne risquent plus de lire le menu alors je vous le soumets, all home made :
Crevettes marinées aux échalotes avec leur crème de roquefort et mousse d'avocat
Huîtres juste citronnées
Terrine de foies de volaille (je l'ai réussi pour une fois, enfin, moi, je l'aime)
Chapon au four de la cheminée, polenta crémeuse et légumes vapeur
Salade verte
Plateaux de fromage
Gâteau à l'orange et fondant au chocolat.
A demain, pour les voeux et que votre soirée soit belle et radieuse.
30 décembre 2008
Il est mort
C'est tellement mieux de dire : "il est décédé", cela ne permet pas de mettre de l'affectation dans le ton, c'est administratif, pas d'affectation, alors pas d'affection non plus, juste une information. Et pourtant, ce mort-là n'est pas n'importe qui pour moi, il était mon curé, celui qui a tellement compté dans ma vie spirituelle. Quelqu'un que j'ai regardé arriver dans ma paroisse d'abord comme un intrus, faut dire qu'il prenait la place des religieuses, que j'avais tant aimé accompagner, et surtout cette religieuse qui était beaucoup pour moi. Je voulais voir en lui un ennemi, il a fait de moi sa meilleure alliée. Il faut dire qu'il a su y faire, avec son sourire à la Mitterrand, dentition limée sur le devant qui lui donnait l'air un peu suranné de ces hommes à cheval sur deux siècles. Il a peut-être senti que je pouvais l'aider dans sa tache de rénovation de la paroisse, j'étais jeune à l'époque, très jeune même.
A même pas 18 ans, il m'a propulsé représentante du secteur paroissial, pour le Synode de Toulouse, avec d'autres personnes plus dans la norme, une grande aventure, des après-midi entières de discussion, à me crêper le chignon avec des grenouilles de bénitier. J'y ai fait la connaissance d'un autre monsieur, qui aura aussi beaucoup compté et qui, lui aussi est mort, il y a quelques années. Et un jour, il m'a annoncé qu'il fallait que le dimanche suivant je parle en chaire pour raconter ma vision de l'église, c'était la sienne, mais plus facile à faire admettre de la bouche d'une jeunette de 18 ans. Et puis, il y a eu la chronique dans le bulletin paroissial, qu'il me donnait tous les mois, "vas y dis ce que tu veux", pas de tabou, il aimait que l'on parle vrai, avec des mots de maintenant. Et aussi le groupe d'ado dont j'étais chargée. Quelle émancipation, m'a t-il offerte. Alors quand à 22 ans, je suis allée vers lui, avec mon futur mari, à peine baptisé, tout juste divorcé (mais pas marié à l'église), il n'a rien demandé pour nous marier, si juste une chose, 6 soirées tous les 3 à discuter. Au début, vous auriez vu la tête de Charlemagne, j'ai bien cru que mon idéal de mariage à l'église allait passer par dessus tête. Nous y sommes allés, Charlemagne m'aimait beaucoup ! Et ce furent 6 soirées qui débutaient à 20h30 et finissaient à 2 heures du matin, il adorait la contradiction, il adorait qu'on le titille sur tout, il nous a exposé, il nous a fait parler. Des moments extraordinaires, mais le jour où nous nous sommes retrouvés devant "des bons chrétiens, mariés depuis des lustres "qui étaient sensés nous expliquer la vie, là, c'est lui qui a eu sa revanche, regardant avec délectation un Charlemagne leur expliquer sa vision à lui de la vie.
Finalement, nous nous sommes mariés, il a fait une homélie de près d'une heure, que je relis encore, repartant de mai 68 pour arriver à la vie d'une femme qui croit et d'un homme qui ne croit pas et de la liberté des deux de s'aimer. 3 mois plus tard, il quittait la paroisse, mis à son tour dehors par la pression de paroissiens bien pensants. Ce fut un déchirement, j'ai quitté l'église juste après, le nouveau curé n'appréciant pas du tout ma conception de la spiritualité, ma liberté de penser. Celui-là même qui un jour m'a annoncé que mon mariage avec mon anticlérical de mari, ne valait rien aux yeux de Dieu. Effectivement, nous n'avions pas les mêmes valeurs ! Demain, j'irais enterrer mon curé, celui à qui je pense à chaque fois que je passe la porte d'une église.
29 décembre 2008
Ré-assurance
Telle, tu peux avoir confiance, même si les impressions sont trompeuses, tu as bien, derrière ce petit écran, the true Clo. Celle qui ... range ! Charlemagne m'a demandé, quand il a vu l'arrière cuisine, commencer à dégueuler son bazar dans le couloir, si j'avais envie de faire cela. A ce moment précis de l'ébauche de discussion conjugale, on est en droit de se demander s'il se moque de vous, ou s'il feint l'ignorance. N'avait-il pas remarqué que 1) on ne pouvait plus mettre un pied dans cette pièce sans risquer de se rompre le cou à force de marcher sur le tuyau de l'aspirateur ou une bouteille de lait 2) je criais sur tous les toits de France et de Navarre que je voulais la même Pantery que Nigella 3) n'avait-il pas trouvé bizarre que je me félicite qu'il passe sa première journée de vacances chez son copain de 90 ans d'âge à faire de la radio. Les preuves étaient accablantes, cette femme avait envie de ranger. Bon, certes, au bout d'une heure et demi de vidage, j'ai crû qu'il faudrait que je demande au-dit copain de le garder pour souper et dormir, mais finalement, je m'en suis bien sortie. En fait, j'avais déjà rangé cet été, il me semble, enfin, il y a quelques temps. Et j'avais fait mon sempiternel rangement en me disant que ce qui était mis là en attente subirait les foudres de la poubelle la fois suivante. Non, parce que garder pour garder, moi, je peux plus. J'allège, je vous ai dit. Donc, tout ce qui avait été gardé mais pas utilisé depuis le dernier rangement est parti à la déchetterie. D'ailleurs, le type ne me demande plus mon nom quand il me voit arriver et il m'aide maintenant à vider la voiture. C'est dire, je suis une habituée. Oh, ce n'est pas encore comme je voulais, il manque une journée de peaufinement, mais, mais, on sent un frémissement, la pantery de mes rêves n'est plus très loin. Mais qu'est-ce que j'en ai bavé des ronds de chapeau !
(en parlant de Chapeau, le téléfilm en deux parties sur Coco Chanel de France 2 est très chouette sur la reconstitution des décors, des toilettes, je me suis régalée). Les belles maisons qui sentent les années 20 ou 30.
27 décembre 2008
Tendue, moulue
Les samedis se ressemblent, vaste course contre la montre qui ne s'arrête que lorsque les "hôtes" sont arrivés. Ce matin, cela a commencé tambour battant, après une nuit atroce, où j'ai eu un truc bizarre à une jambe, raide, froide et très douloureuse, à force de massage, c'est passé. Mystère. Alors à 8h, je n'ai pas laissé le réveil sonner deux fois, j'ai juste glissé à Charlemagne que je partais au marché, seule. Les maraîchers avaient déserté la halle, contraints de rester au bord du champ par la neige qui avait dû empêcher la cueillette. J'ai ensuite récupéré Picard, le chat, plâtré suite à un accrochage sévère avec le chien. 3 semaines à se faire bichonner, cela promet. Il était 10h lorsque je posais un pied devant la porte, les vacanciers devaient partir à 11, le téléphone, c'étaient eux, ils étaient en avance, quel flair j'ai eu de faire le marché à contre temps. Ils étaient restés 15 jours, nous appréhendions un peu leur commentaire, finalement, ils furent positifs, hormis la présence intempestive de souris attirées par la chaleur de la maison !
Après leur départ, la course commence, en 4h30, j'ai fait le ménage, refait tous les lits, c'est mon activité sportive du week-end, heureusement que ma mère m'aide pour les lits. Pendant ce temps, Charlemagne refait la réserve de bois. Ils sont arrivés pile à l'heure à 16h, tout était prêt. Ils ont visité la maison, deux familles espagnoles, une vivant à Valenciennes et l'autre à Barcelone, chacun fait un bout de chemin pour réveillonner ensemble. Ils ont visité la maison et à la fin : "nous sommes des habitués des casas rurales (les gîtes en espagnol), d'habitude entre le site internet et la réalité, c'est toujours plus petit, ici, c'est bien plus grand ! On dirait une maison de famille". Nous sommes repartis en camion, contents comme grillons !
26 décembre 2008
Matin ... blanc
Le jour d'après
J'ai une passion absolue pour les lendemains de fête, j'aime les attendre, les espérer. Je m'imagine le jour d'après dans la salle à manger avec la nappe encore blanche mais plus totalement immaculée, les plats plein de victuailles, mais juste réchauffées. J'aime la maison qui se réveille avec les odeurs de la veille mais plus la tension des jours de fête, où il faut que tout aille comme il faut, que les cadeaux plaisent. J'aime l'idée de m'approprier tranquillement, à mon rythme ses nouveaux objets qui pour certains vont devenir des compagnons de toujours. Et puis, le chocolat que l'on apprécie non pas à la fin d'un trop bon repas, mais juste comme une gourmandise à l'issue d'un moment culinaire simple et frugal. Que j'apprécie tous ces moments qui font aussi la magie de Noël. Je ne louperais pour rien au monde, le repas du jour d'après, chez mes parents, quand les oncles et tantes sont partis et que l'on disserte sur la qualité de la dinde ou sur l'intérêt d'avoir mis ce gâteau plutôt que cet autre. Des choses qui fondent des souvenirs, qui sont des odeurs, des bruits, des moments de quiétude après lesquels nous courrons avec bonheur, une année durant.
Après des années de dés-amour, cette année, Noël a repris forme pour moi. La messe de minuit, ce plaisir irrésistible de vivre quelque chose de fort et dont j'avais besoin à ma manière, en m'allégeant du superflu de la pompe catholique, juste l'essentiel chrétien. Cette sortie de l'église, la nuit venue, avec la chaleur des mains à serrer, des êtres à embrasser. Se dire que Charlemagne est essentiel, et se dire que je vais passer une année à essayer de le lui prouver, mieux, autrement. Prendre l'engagement dans le recueillement de la nativité d'être "bonne" avec les autres, de m'extraire de l'agressivité du monde et de tenter ce que je n'ai jamais su faire, m'apaiser et me tourner vers les autres avec confiance. Un engagement et la volonté de régulièrement revenir à cette source, poser des jalons et voir où j'en suis de ce désir de changer.
25 décembre 2008
En aparté
Le Poulet à sa grand'mère : "tu y crois toi au Père Noël ?". "Et toi ?". Le poulet "Pas trop, mais il faut pas le dire à maman, parce qu'elle, elle y croit vraiment au Père Noël". Zavez vu comme je fais bien le boulot de vraie maman.
23 décembre 2008
Du givre à la réalité
Quand ce matin, au saut du lit, les enfants m'ont demandé "qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?", j'ai préféré leur ôter toutes espérances et être claire : "rien !". Aidée par une voiture défaillante qui refusait obstinément depuis hier de démarrer. Charlemagne parti au travail, le trio ne pouvait que rester à la maison et organiser une journée hors du temps.
Et pour cause, il y avait tout ce dont je rêve depuis des semaines, du brouillard givrant, le soleil qui tentait de pointer à travers les nuées blanchâtres, des lumières magnifiques, la campagne comme je l'adore, alors pourquoi chercher ailleurs ce qui s'ouvrait spontanément à nous. J'ai enfin pu prendre mon petit déjeuner avec eux dans la cuisine alors que le feu reprenait des braises de la veille. Coller à mes basques par une journée sans télé, qui les laissait disponibles par excès de désoeuvrement, ils ont finalement opté pour l'improvisation. Du coup, ils inventent des jeux, ils se chamaillent beaucoup et me font rire par leurs airs réciproques de Grand d'Espagne outré par l'attitude de l'autre. Pendant ce temps, j'ai pu enchaîner les rêves, me donner à cette maison qui m'a tant manqué pendant les semaines au boulot. J'ai passé l'après-midi dans la cuisine, entourée par des Marie Claire idées, à la recherche du sac à réaliser pendant ces vacances. A 16h, il fallait bien un autre plaisir, celui qui allait me condamner à passer une soirée de cauchemar, j'aime le chocolat chaud en passion, mais mon foie n'y survit pas. Des carrés de chocolat, une cuillère à soupe de cacao non sucré, une cuillère de sucre, du lait et un coup de mixer pour la mousse. Olala quel bonheur ! Réchauffés, nous pouvions partir, panier à la main, ramasser du bois dans le petit chemin de terre particulièrement boueux. La nuit arrive, la journée fut comme dans mes rêves.
Matin glacé
21 décembre 2008
Le soleil, cet astre cher
Des semaines que nous n'avions pas vu le soleil, quelque fois, il sortait le bout de son nez de derrière une
épaisse couverture de neige et de brume, mais aujourd'hui, en ouvrant un oeil très, très tardivement, je l'ai senti inondant la chambre. Quel plaisir, les oies ne s'y sont pas trompées, elles font trempette depuis plus d'une heure, calmement. Dommage que je doive passer l'après-midi enfermée dans une salle pour la fête de l'association où danse la Bestiole. J'espère que demain, il sera encore là. C'est fou comme on a besoin de lui, comme il peut donner envie de sortir, de faire des choses. L'hiver, j'aime aussi beaucoup les ambiances laiteuses, les soirées qui commencent à 16h tant le ciel est bas et sombre, mais un peu de luminosité et c'est autre chose qui s'agite, un pied qui se lève et une envie de vie sociale certainement de partage.
Vous savez mon bonheur d'hier, mercredi soir, il y a une messe de la nativité à 18h, je peux donc concilier réveillon familial et messe, je connais toute mon ambiguïté sur ses questions. Des enfants pas baptisés et moi qui vais à l'office de temps en temps. Fini le temps où j'y allais par superstition, pour protéger ceux que j'aime. J'y vais maintenant pour me retrouver, pour regarder ma vie, un vrai temps pour soi, un temps que j'affectionne. Et aussi pour retrouver la vérité de mes Noëls d'enfant, d'enfance. Je suis contente, tellement.

















