19 mai 2008
Faire le gros dos
Chaque année, c'est un peu toujours pareil, à cette époque-ci. L'image qui me vient en tête est celle de jambes très lourdes que l'on a des difficultés à soulever, chaque pas coûte. Il faut se faire violence pour avancer, pour passer les obstacles, les uns après les autres. Les enfants s'enrhument facilement, la fatigue les fragilise. Le linge qui s'accumule dans la corbeille, ah oui, ce linge, Charlemagne me dit que ça vire à l'obsession et pourtant, il est un indicateur de ma capacité à me laisser déborder par les évènements. La fin du mois de mai et juin encore davantage sont des moments où la fin est proche et où il faut pourtant assurer encore quelques semaines. On enquille les derniers cours de musique et de danse pour la Bestiole, dernière ligne droite au cours de laquelle on oublie toujours quelque chose et où on espère que c'est bientôt le dernier. Les matins, où il manque la serviette dans le sac ou une signature sur le cahier. En plein hiver, c'est de temps en temps, en ce moment, c'est une impression de course perpétuelle dans une mélasse de contraintes et de fatigue accumulée. Charlemagne m'aiguillonne, me montre le bout du tunnel. Hier, j'ai passé une journée à faire des dizaines de choses toutes plus désagréables les unes que les autres mais qu'il faut faire.
Je n'aime pas cette période, même si depuis quelque temps (collection automne, hiver, printemps), je suis plus du côté des grincheuses que des positives. Il va falloir que ça change, il faut que cela change, il faut s'en donner les moyens. Il est assez de dire "il faut", il est nécessaire de s'y adonner. Prendre le temps de coucher sur le papier les choses à faire, les choses qui peuvent attendre, les choses qui font plaisir, revoir les listes, prendre le temps de cela pour que le reste aille mieux. Ne plus se demander tous les soirs, quoi faire à manger mais l'avoir prévu. Ne plus se laisser déborder par le linge mais accepter d'en faire un peu tous les jours, arrêter d'avoir envie de coudre et passer le pas pour ne plus le regretter. Prendre le temps de se retrouver pour mieux redémarrer. Si au moins, il faisait beau...
Commentaires
Dur dur !
"Arbeit macht frei" ! Je plaisante, bien entendu. :) En vérité, les tâches que tu décris sont certainement les moins agréables à effectuer dans une vie, surtout lorsqu'elles se suivent dans une même journée. Mais les grandes vacances approchent, et avec l'accalmie. Non ? ;) Bonne chance pour la suite, en tout cas !
Tout pareil ici!!!
le linge!!! GRRRR! Je rêve d'une machine qui trie le linge, le lave, le sèche, le repasse et surtout le range en belles piles dans les placards...
Oui, je sais je rêve!
J'avoue que je ne comprends pas du tout ton sentiment. Je suis à 10 000 lieues de ça.
Moi je ne fais aucune liste. De rien. Je me laisse vivre. La maison est en souk : je m'en fous. J'ai pas fait le ménage pendant 2 semaines (je devrais dire : on n'a pas fait le ménage car je refuse de le faire seule) : je m'en fous.
La lessive ne s'entasse pas, c'est mon mec qui la fait. Idem pour étendre et plier le linge. Moi je me contente de le ranger. Je ne repasse jamais.
La bouffe est faite au jour le jour, jamais je ne me prends la tête pour ça. Jamais. Ca ne me vient même pas à l'esprit.
Je n'ai aucune contrainte "interne".
Les seules que j'aie viennent de l'extérieur : la paperasse (encore que mon chéri s'en occupe beaucoup), faire le taxi, gérer les agendas entre les divers RV.
Mais pour le reste, franchement, je ne me prends pas du tout la tête.
Alors c'est sûr, faut pas débarquer chez moi à l'improviste sous peine de crise cardiaque face au souk ou au carrelage un peu cracra. Mais à part ça, je ne vois pas du tout d'autre souci.
Je m'en fous, mais alors ! Royalement !
Et puis à te lire, je me trouve drôlement bien lotie ;-)
Ca fait hurler ma mère quand je lui dis que je suis comme ça ;-) Et tu sais quoi ? Ca me rassure ! Au moins je ne deviendrai jamais comme elle à ce niveau là ;-)
Parce qu'on a déjà assez de contraintes au boulot, dans ses relations avec les autres, dans les obligations de gens à supporter, dans des choses bien plus graves que ça (la santé, le fric, etc) que tout ça me semble bien bien dérisoire ;-)
Le linge, c'est le tonneau des Danaïdes de la ménagère de moins de 50 ans...il y en a toujours, et il y en aura toujours, jusqu'au jour où, dans le panier à linge, il n'y aura plus que nos affaires, à mon mari et moi, et que je chouinerai en regrettant le temps des paniers regorgeant de jeans et de tee-shirt noirs des ados :-)) Quand je rentre le linge sec, j'essaie de ranger tout de suite ce qui ne se repasse pas,ainsi, je trouve qu'il y a moins de linge à traiter lorsque j'attaque le repassage.
Et puis, si cela peut t'apporter un quelconque soulagement :-), dis toi qu'il y a encore pire que toi, en cette période de l'année: les mères qui vont connaître les affres des dernières révisions pour le Bac...Moi, je pense que tout ça c'est la faute au climat, on manque de soleil, et d'énergie, courage Clothilde!
Si j'ose dire...
Je me sens un tout petit peu rassurée...
Dis-toi bien que tu n'es pas toute seule dans ton cas ! Courage !
Un seul mot : courage!
Moi ce que je n'aime pas c'est de devoir vivre deux heures en avance (en retard ??et mm...)par rapport au soleil!
Chère clothilde, je suis avec attention tes posts et devant la situation critique que tu nous exposes, je me suis penchée sur ta situation. Donc, en vrac et sans hierarchie des problèmes : il me semble avoir compris que tu es mère de 2 jeunes enfants, que tu travailles à plein temps. Ceci posé, tu voudrais : avoir une fibre de créatrice avec ta pile de magazine déco, mais aussi très manuelle en refaisant murs et plafond de ton gite, avoir une parfaite culture générale et humaniste en lisant, discutant, écoutant la radio et avoir un avis circonstancié sur tous les sujets qui concernent le monde. Tu voudrais aussi avoir certains signe de féminité en ayant trouvé ton style de coiffure, d'habillement mais aussi être rattachée à ta terre en s'occupant de ton jardin, de tes animaux,regardant pousser les légumes de la voisine. Tu voudrais être une citoyenne avertie et l'appliquer dans ta vie quotidienne au prix des gouters, desserts, yaourts frais et entièrement faits maison. Tu voudrais être parfaitement à l'aise dans des univers masculin mais aussi parfaitement à l'aise
dans les tâches communeement qualifiées de féminines, faire du théatre et aussi toujours savo_ir quoi faire à manger chaque soir... Je m'arrête là car je n'ai pas relu toutes les archives, mais le seul syndrome de la pile de linge parfaite est suffisamment révélateur.
Alors, chère clothilde, je vais te décevoir, mais après une longue enquête et une expérience personnelle substantielle, je suis au regret de te dire que CELA N'EST PAS POSSIBLE !
je ne sais à quoi pourrait ressembler un spécimen pareil, mais il y a 10 000 raisons pour qu'il n'existe jamais-
d'abord, il ne pourrait s'agir que d'un androide (un être humain normale ne pourrait fonctionner à ce régime qu'avec beaucoup de substance illicite)
ensuite, ce serait trop injuste pour tous les êtres "normaux" qui seraient très jaloux
puis, tu te priverais de découvrir la diversité de toutes les personnalités autour de toi
et puis, et puis.... juste manger des artichauts avec plaisr, c'est quand même sympa, non ??
C'est étrange mais çà me parle très bien ce que tu dis : la "malédiction" des mères de famille peut-être ;-)))
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