11 novembre 2009
Hors de l'impasse
Il y eut le cabinet, la directrice de cabinet, le harcèlement, les cris et les pleurs et la solution... la réussite au concours d'attaché.
Il y eut la mouette, l'impasse, l'absence de progression, les petites mesquineries et la solution... la préparation de l'Ena.
Il y eut le concours de l'ENA, l'admissibilité à celui d'administrateur et les deux échecs, le retour chez la Mouette et la solution providentielle... la mutation.
Il y a le départ de mon chef, le chaos dans une collectivité qui se demande comment avancer malgré la suppression attendue de la taxe professionnelle et de la clause de compétence générale et des solutions à inventer.
Immédiate : Poser son travail, engager des relations directes avec les élus, conforter son entourage professionnel, continuer à se battre pour des dossiers, se régaler de certaines réunions. Prendre ces nouvelles responsabilités pour une chance.
De moyen terme : Rédiger son CV pour voir la "gueule" qu'il a, et vers quoi il pourrait mener.
De long terme : Se laisser surprendre et se préparer à toutes les éventualités.
Hier soir, je suis rentrée, dare dare, un gros projet m'attendait. Le moka au café. J'ai réussi la génoise, mais raté la crème au beurre qui était trop lisse, je recommencerais. J'ai allumé le feu et la guirlande scintillante dehors devant la fenêtre, dans l'altéa. Un ancrage qui pousse à penser que la solution existe, il faut soit la pousser soit l'attendre, en tout état de cause, il convient de la penser possible.
08 novembre 2009
Les vacances sont finies
J'ai fait deux nappes et un tablier de cuisine, commencé une écharpe et achevé le repassage en retard. Rangé mon arrière-cuisine et essayé de nouvelles recettes. Visité la Provence et les Cévènnes, parcouru la campagne. Rassasié de Toulouse pour quelques temps. Envisagé des envies pour Noël, des tonalités et des décors.
Demain matin, je réunis l'équipe avec laquelle je travaille, je positiverai, je me refuserai au ton si tentant de la lamentation, je parlerai de mes craintes mais aussi de mes idées pour que les choses avancent malgré tout. Je dirai que mon objectif est de convaincre certains maires de mettre en place des "zones d'activités agricoles". Je continuerai à me pencher sur mes objectifs jusqu'aux prochaines vacances, ils sont denses et exaltants et rien ne doit m'en détourner. Et entre midi et deux, j'irai voir si je trouve des bottes à la Bestiole.
Les affaires reprennent ...
07 novembre 2009
Il suffit de pas grand'chose
Se lever de bonne heure alors que la maison dort encore, étourdie par la nuit de fièvre de la Bestiole, lui promettre de ramener des chocolatines.
Prendre le chemin du marché, celui que j'arpente depuis mon enfance, le samedi, pendant la période de collégienne, ma mère travaillait, c'était alors seule avec mon père et ma soeur, que nous allions faire le marché et les courses. Cet endroit est un lieu de bienfait, je ne peux pas vraiment me l'expliquer. Beaucoup moins l'été que l'hiver. En cette période, c'est un endroit magique. La halle est éclairée, les produits sont beaux, on les imagine en multiples réalisations culinaires.
A 8 heures, les étals ne sont pas encore installés, alors, j'ai le temps de manger un croissant et de siroter un café au bar de l'angle. Je sors mon agenda et rattrape le temps, je rédige les semaines passées, des mots qui n'ont parfois pas de sens, qui ne démontrent pas grand chose qu'une vie somme toute ordinaire. Et pourtant, je ne parviens pas à ne plus écrire, à ne plus rédiger cet agenda qui depuis plus de 15 ans, trace une histoire. Ensuite, faire les courses, regarder les légumes, acheter des fleurs, se gonfler de cette ambiance de douceur exquise. Et choisir une belle laine à la mercerie pour une écharpe de mérinos.
Rentrer à la maison, être attendue comme le messie pour le petit déjeuner. Et cet après-midi, couper les tranches de cédrats confits pour en garnir de petites brioches. Allumer le feu et se préparer à une douce et sereine journée à la maison.
06 novembre 2009
Aveu
J'étais en vacances cette semaine. Ce n'est pas là, l'aveu. Et lundi, je reprends le chemin du travail. Pour la première fois en 2 ans, avec la boule au ventre. Rien ne n'est passé comme prévu. Celui qui devait devenir mon chef, ne l'est pas devenu. Le directeur qui est parti, ne sera pas remplacé. Je vais dépendre directement du Directeur général adjoint. Quelqu'un qui ne connaît rien à mon métier, qui ne comprend pas la réactivité que cela demande. Quelqu'un qui est à deux ans de la retraite et qui compte bien y arriver entier. Jusqu'en mars au moins, nous fonctionnerons comme cela. Pour moi, c'est le vide sidéral. J'ai beau tourner les choses dans ma tête, je ne vois pas comment je vais pouvoir faire. Avant, dès que j'avais un souci, j'envoyais un mail à mon chef qui me donnait une solution, m'appelait pour en parler, ou contactait notre élu référent pour connaître sa position. Je n'ai jamais été laissée en rase campagne. Là, il n'est plus question du même niveau de connivence, je ne pourrais pas instaurer ce rapport, tout d'abord pour la simple raison qu'il a 4 directions sous sa responsabilité et que donc, il ne peut pas consacrer du temps à chaque agent. Ensuite, ce n'est pas un politique, il ne travaille pas dans cette configuration à la limite du "cabinet", c'est à dire que je suis autant administrative que politique. Mon chef n'est pas le directeur des services mais les élus. Et cela, c'est très différent dans la pratique quotidienne en cela qu'il faut se mouiller par moment et se protéger à d'autres, tout est dans le dosage.
Il y a deux solutions. Soit, il va m'empêcher de bosser en me demandant de me replier sur les fonctions administratives, ce qui posera des problèmes avec les élus. Soit, je vais être en free lance sur le territoire avec la prise de risque que cela représente. Je sais que la seule solution qui s'offre à moi, est de prendre rendez-vous avec l'élu de référence pour voir comment il veut que je travaille.
Je suis terrifiée à cette idée d'être jetée dans le grand bain sans bouée de sauvetage. Je suis paniquée, angoissée. C'est pas la joie. Je suis allée en ville ce matin incapable d'acheter quoi que ce soit et pourtant j'avais des envies, de laine, à la Droguerie, mais je suis repartie avec la certitude, que se sentir vasciller remet en cause beaucoup de ses acquis. Et là, oui, vraiment, je suis déstabilisée.
04 novembre 2009
Les listes en question
Aujourd'hui, deux bonnes nouvelles, la réunion que je devais avoir à 20h30 pour le boulot est annulée. Youpi. Cet après-midi, je reçois mon nouveau matelas, re-youpi. C'est une belle journée qui s'annonce.
J'ai beaucoup lu vos commentaires au sujet des listes et c'est rigolo parce qu'ils ont fait écho à une remarque préalable à la mise en ligne de la mienne.
Au début de ce blog, lorsque je mettais une liste en ligne, c'était un fil à la patte, une obligation à agir. Il fallait que je sois fidèle à mes "engagements". Ce n'était pas une liste à faire mais une oukase à réaliser. Avec ce que cela peut induire en terme de contraintes morales, d'angoisse de ne pas y arriver et de culpabilité quand il faut "avouer" sa faute, son incapacité à avoir fait. Et c'est dans mon changement d'appréciation de ce qu'est une liste, en autres, que je perçois une mutation personnelle.
Je ne suis pas en train de devenir un monstre d'égoïsme, qui vivrait sans entrave et sans compte à rendre. Mais, il me semble que j'apprends à savoir où mettre la barre, où poser des conditions et où a contrario se libérer d'entrave qui ne rime à rien. Alors mes listes dorénavant sont des pense bêtes, elles me rappellent ce que j'ai envie de faire ou ce qu'il faudrait faire "pour aller bien". Mais en aucun cas, elles ne représentent des obligations à agir, si je suis tentée de les considérer ainsi, immédiatement, je me rappelle qu'il est bon de vivre libre de contrainte, surtout en vacances.
Je dois dire aussi qu'elles sont une assurance. J'aime bien me dire que j'ai là, sous le coude, "mon champ des possibles", une liste de ce que je pourrais faire. Je m'y sens bien ...dans cette vision progressive des choses, dans ces étapes à franchir pour donner du sens aux vacances. Au bureau, c'est pareil, en début de période, par exemple, en rentrant de mes congés, j'établirais une liste des choses que j'aurais à faire d'ici Noël. Il convient de prendre le temps, de se poser, de tout balayer. Parfois, on est tenté d'arrêter tant les domaines sont vastes et finalement angoissants. Mais à bien y réfléchir, il vaut mieux établir cette liste avec exhaustivité, car à chaque fois que l'on raye un élément, c'est un pas de plus franchi vers la quiétude.
Alors, oui, utilisons nos calepins à liste. Comme des supports de liberté.
01 novembre 2009
Dans ma liste
En vacances pendant toute la semaine. Il sera temps vendredi de se demander comment fonctionner à la rentrée sans mon chef, d'ici là, la liste s'agrandit un peu tous les jours :
- repeindre le petit meuble vitré qui m'attend depuis deux ans
- changer les trois vitres cassées dans la maison, parce que le froid a l'air de vouloir s'installer
- finir d'aménager mon arrière cuisine, coudre des dessus d'étagères, faire un panier de linge sale
- coudre un tablier de cuisine pour ma nièce à l'occasion de son anniversaire et quelques bricoles vus ici ou là
- faire une virée à Toulouse, de la laine pour une écharpe, du tissu aussi
- rester à la maison, prendre le temps
- assurer pour le petit film de mardi, une vidéo réalisée par un site de location de gîtes en ligne qui nous a sélectionné pour faire partie de ceux qui se voient offrir la réalisation du documentaire de présentation. 1 heure de tournage pour 2.5 minutes au final !
Clo en chambre d'hôtes
J'ai des difficultés à débuter ce "papier" parce que je pense à elle, qui est venue à ma rescousse quand nous avons ouvert le gîte, alors, je crois que ce que je vais raconter est une expérience avec un type d'hôtes et avec un type de touristes ! Ceci étant précisé, allons-y.
J'avais préparé nos vacances en arpentant les sites de chambres d'hotes de charme à la recherche de lieux qui plairaient à Charlemagne, j'avais donc dégoté une maison du 12ème siècle, prise dans les remparts d'une petite ville à côté d'Uzès. Et un château dans l'Aveyron de l'an mil avec une tour ressemblant furieusement à celle du gîte. Lorsque nous sommes arrivés dans la première maison, immédiatement les lieux et la chambre nous ont charmés, deux espaces bien distincts pour les parents et les enfants, une décoration très soignée, vraiment un beau lieu. Le propriétaire nous a convié à un apéritif où il nous a expliqué qu'il faisait cela depuis deux ans. Son plaisir était de recevoir des hôtes, de discuter avec eux, il nous disait cela tout en regardant frénétiquement sa montre, dansant d'une fesse sur l'autre.
Il nous demande alors à quelle heure nous souhaitons petit-déjeuner, je réponds "9h", sachant qu'il fallait libérer la chambre à 10h. Quelques minutes plus tard, il me dit "bon alors demain, ce sera vers 8h30". Bien, visiblement, il ne souhaitait pas que nous fassions de vieux os. Nous avons filé au restaurant. Lorsque nous sommes rentrés, les parties privatives étaient éclairées mais point de propriétaires, cela est un peu surprenant. Le lendemain matin, au petit déjeuner, alors que nous commencions à manger, nous avons vu passer le propriétaire avec son panier et ses clés, qu'il agitait avec ostentation. A partir de là, vous avez le croissant qui vous reste en travers de la gorge et il vous tarde qu'une chose, partir.
Première expérience, en demi-teinte !
Le lendemain, alors que nous arpentions le Larzac, nous engageons le chemin qui allait nous mener au château. 5 km de petits chemins tortueux, où il est visblement impossible de se croiser. Charlemagne se tourne vers moi et "c'est pas l'auberge rouge, ton truc". Les enfants derrière, limite inquiêts par les lieux "c'est quoi l'auberge rouge ?". Vite une explication "un lieu qui n'existe pas". Petite descente vers le château, où il faut rabattre les retroviseurs pour passer. Le truc glauque, un chateau massif, la source qui coule dans un fracas de bruits, du brouillard. Je vous dis pas le flip qui s'est emparé de moi, Charlemagne ne regardant que les murailles millénaires. On respire avec le ventre. La dame nous accueille, et nous fait monter au troisième étage par un escalier à vis en bois dans une tour. Là, j'étais prête à décéder de trouille, on imagine, le feu, enfin tout. J'avais eu l'idée de génie de réserver la table d'hôtes, heureusement, le premier bourg était à une demi heure de route. A 20 heures, nous descendons dejeuner. Et là, moi, qui voyait des petites tables dans la salle à manger. Bêtement et bourgeoisement, je m'étais dit que dans un 4 épis, nous aurions des lieux séparés. Je me retrouve nez à nez avec une grande table de ferme, les propriétaires à table, genre qui à la fin du repas, finisssent par vous taper dans l'épaule et les autres convives, des types insupportables qui nous ont raconté par le menu les derniers épisodes de "Plus belle la vie". "On s'en cague". Le repas, sur le guide il était noté "régional et savoureux". Blancs de poulet aux morilles, foie gras reconstitué de Fleury Michon, et glaces de chez Gervais. Et quand, idiot on demande c'est du roquefort d'un producteur du coin (on est quand même à 45 minutes des caves de Roquefort), le mec vous répond "non, je l'achète à Métro, c'est le roquefort pour collectivité". Certes, on peut lui être gré de ne pas mentir, mais quand même.
Le lendemain matin, les mêmes qui avaient loupé le dernier épisode et s'en plaignaient, le café "il est léger mon café, bou qu'il est léger". Et si elle en refaisait au lieu de ne faire que constater. Et je vous passe, le petit plat de gateaux d'apéritif qui non achevé revient en cuisine et retrouve sa boite pour le coup d'après ! Comment ai-je vu cela ? Parce que j'ai demandé à téléphoner à ma mère pour lui donner nos coordonnées, je me voyais bien assassinée dans la nuit. Il faut dire que dans le chateau, pas de portable, pas d'internet, et pas de radio FM, rien ne passait. Franchement, j'aime beaucoup l'ancien, mais à ce point ça frise le néanderthal. Et donc teléphonant dans la cuisine, j'ai assisté aux retours des gâteaux secs. Je n'ai rien dit à Charlemagne mais je peux vous dire que mon appétit n'a pas été top.
Seul avantage des deux journées, les lieux superbes et découvrir ce que l'on peut renvoyer comme image, en temps que propriétaires. Entre le trop sec et le trop présent. Il faut juste trouver un équilibre, compliqué.
30 octobre 2009
En quelques mots
Arles, et le trésor du Rhône, César en magnifique vigie des temps antiques, une illumination, une émotion.
Le Pont du Gard, les enfants ébayent par le lieu.
Uzès, un joyau, une ville qui donne envie d'y revenir, des places comme la place aux herbes, douce et rêveuse. Et le Duc qui veille toujours sur son Duché, un peu comme si le monde autour n'avait pas changé.
Saint-Guilhem le Désert, beaucoup trop de monde, la crypte de l'église, les enfants qui découvrent l'architecture religieuse.
La Couvertoirade, une petite cité médiévale dans son "jus", un monde hors du temps, les troupeaux de brebis.
Saint Eulalie de Cernon, première cité templière du Larzac, des ruelles presque oubliées. Quand on dit que les pierres ont une âme, dans des lieux comme ceux-là, il y a une réalité. Fascinée par l'histoire des Templiers, on se trouve ici, face à quelque chose d'habité, par une présence particulière. Qui émeut réellement.
Le Larzac, de nuit, les cols, les hauts causses, les vallées encaissées, les routes de campagne qui n'en finissent pas. Une impression fantomatique, la bête du Gévaudan, d'un coup, semble plus vraie.
Le Larzac, en plein soleil, des paysages à couper le souffle, des fonds de vallées encaissés, les mille et une couleurs de l'automne, peu de voiture, le calme. Grandiose et simple à la fois.
Peu de photographies, parce que finalement, il vaut mieux regarder avec les yeux, petite philosophie de ces trois jours.
Trois jours de vacances, avec plein de choses à vous raconter, comme notre première expérience en chambre d'hôtes. J'attends d'être un peu posée et d'avoir pris le recul nécessaire.
27 octobre 2009
Vacances mi teintes
Je pars et à mon retour, mon chef ne sera plus là. Échange de mails aujourd'hui, comment lui dire combien il compte.
Je pars et j'ai toujours peur de ce qu'il pourra se passer en mon absence, lâcher ces questions, juste partir, profiter de la famille.
Je pars et j'en avais tellement envie de ces trois jours, rien que nous quatre, alors pourquoi cette angoisse qui étreint au moment de fermer la porte.
Je pars et je prévois mon retour comme pour me rassurer qu'effectivement, je reviendrais, des rendez-vous, des activités, des choses planifiées.
Je pars, à samedi...
26 octobre 2009
A vous la parole
Bientôt sur ces ondes : Clo visite la Provence et les Cévennes. Point de vue visites, je pense avoir un programme agréable, pour le logement, je réserve deux surprises à Charlemagne... qui hante ces lieux donc motus !
Par contre, je fais appel à votre connaissance pour des tuyaux de restaurants. Ce que l'on aime : pas
d'ostentatoire, à l'addition correcte, de
la cuisine traditionnelle locale, pas de
chichi et qui reçoit les enfants avec
autre chose que steack hâché frites !
Nous allons à Arles, Avignon, Uzès,
Lodève, Millau. Et dans leurs
environs ...
Merci d'avance.
















