Clothilde saison 2

Charlemagne, le gîte, le Poulet, la Bestiole et les dernières semaines à la firme

19 novembre 2009

uhmmmmmmmmmmmm

Respirer. Finir la course folle de la journée, débutée à 6 heures ce matin. Partir tôt pour une réunion à Toulouse, une voiture qui ne permet plus vraiment de prendre l'autoroute, alors rallonger un peu le temps de parcours, mais finalement aimer prendre le temps, ne pas se sentir pressée. Être irradiée par un brusque et violent mal de ventre. Ah, le ventre, ce révélateur du "trop, c'est trop". Il faudra pourtant qu'il tienne le choc jusqu'au soir.

A midi et demi, quitter la réunion, direction Carcassonne, à l'opposé pour une réunion avec le nouveau directeur, pas celui qui était prévu. Ce sera le Directeur général adjoint qui nous prendra en main. Pas le temps de manger, un sandwich en début de réunion fera l'affaire. Comprendre à l'entendre qu'il faudra apprendre à travailler... seule. Il viendra aux réunions si on lui demande, si c'est important et si son emploi du temps le lui permet ! Autrement dit, jamais. Pas grave, un optimisme certain m'étreint. Mon copain du boulot m'a accueilli d'un 'tu es radieuse'. Ben oui, voilà, allons-y de l'humeur radieuse. Pourquoi ? Parce que je suis libre de piloter mon travail, ma vie comme je l'entend. Je suis libre de partir à 16h45, parce que j'en ai assez d'entendre des paroles creuses et que je n'ai pas envie de conduire de nuit. Alors, je demande si tout a été dit et je libère du même fait les autres aussi d'une réunion qui se serait éternisée par le seul but de se gratter mutuellement le ventre. Prendre des initiatives, relativiser. Profiter.

Je suis rentrée avec le vent dans le dos qui me poussait. Je me voyais déjà les pieds dans mes pantoufles. Il me fallait encore rentrer à la maison, lancer les lentilles pour le soir, repartir récupérer la Bestiole puis le Poulet à son cours de dessin. Et enfin, éteindre le moteur, et souffler. Ça y est, c'est le week-end.

Ce week-end, il y aura de la pâte feuilletée au programme et peut-être un Pithiviers, envie folle d'entamer un tour de France des pâtisseries qui fleurent bon le XIXème siècle, les cuisinières aux beaux tabliers et les repas familiaux, où dès la fin du repas, on pense déjà à celui d'après.

Aujourd'hui, j'ai eu à réfléchir, (alors que j'avais des angoisses atroces de devoir conduire, avec le vent et la fatigue, puis la faim, et me voyant encastrée sous un camion, c'est mon naturel optimiste) c'est quoi réussir sa vie ? J'aime beaucoup, cette réponse de Depardieu, à la question "Êtes-vous heureux" :  "Je ne me pose pas la question. Le bonheur et le malheur deviennent vite des obsessions si tu y penses". Il a peut-être raison ...

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16 novembre 2009

En pointillé

Grosse semaine qui a débuté aujourd'hui, beaucoup de réunions, de rencontres, de boulot à avancer impérativement. Il faut y aller avec la perspective d'un week-end de trois jours avec la RTT de vendredi. Alors, engageons-nous gaiement.

Ici (clic), une gentille journaliste a souhaité avoir ma vision de la conciliation vie de famille et vie professionnelle. Un moment étonnant et une personne qui a tenu sa promesse de la fidélité à mes paroles.

Bonne semaine, j'espère avoir le temps de repasser.

Après : Je n'arrêtais pas de me demander pourquoi vous parliez de repassage !!! Vous êtes angoissées par la pile qui s'accumule ? Parce que moi, je disais repasser dans le sens, passer à nouveau vous faire coucou !

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15 novembre 2009

En parler est-ce le faire ?

Royal a lancé un lièvre et certains courent derrière sans trop savoir quoi en faire. On a pu entendre suite à sa proposition d'envoi de pass contraception dans les lycées, un peu tout et n'importe quoi. Le plus débile a certainement été cette remarque de considérer que c'était une décision anti-féministeanti-féministe qui donnait à penser que seule la femme était en charge de la contraception dans le couple. Anti féministe, non, réaliste oui ! Féministe, c'est considérer que la femme est libre de son corps et n'attend pas la prise en charge de l'homme pour savoir quoi faire ou ne pas faire de celui-ci. Autre argument, la minorité des filles qui devaient donc s'en remettre au parent. C'est nier la majorité sexuelle qui est à 15 ans en France et que les filles n'ont donc plus besoin de l'avis des parents pour consulter.

Le pass serait un pousse au crime, une incitation à la débauche. Mais où va-t-on ? Ne lit-on pas les statistiques qui abaissent toujours plus l'âge du premier rapport sexuel, il faut être un père la pudeur pour ne pas le voir. Ce Pass n'est pas la porte ouverte à n'importe quoi, il donne juste accès à un professionnel de santé, à une prise de sang, et à un moyen contraceptif (il est à regretter que seule la pilule ait été préconisée, tout est perfectible).

On le sait, quels que soient les rapports que l'on a avec ses parents, la question de la sexualité est certainement la plus difficile à aborder en famille, pour des raisons sociales, culturelles, parfois religieuses, ou juste psychologiques. Et puis, il y a une médiation dans ce cas, on ne donne pas directement cet "outil" aux filles comme on distribuerait des bonbons, c'est l'infirmière scolaire qui décide de donner ou pas ce Pass. Le planning familial ? Dans ma campagne, il faut aller à Toulouse pour y accéder, donc, c'est loin  d'être simple. 

Est-ce parce que cela vient d'elle ? Est-ce parce que la société préfère se voiler la face sur des problèmes aussi lourds que les grossesses des mineures non désirées ?  Une polémique inutile ? ...

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13 novembre 2009

Cette semaine...#2

- test du repos le mercredi, micro coupure qui fait voir la semaine autrement, plus lestement
- lecture d'un super petit livre, enthousiasmant "Les larmes de Tarzan" de Katarina Mazetti (Aline, le personnage féminin, c'est toi, j'en suis certaine !)
- début du tricotage d'une écharpe hivernale
- commande de notre futur bureau, un jour de pluie, un mètre ruban, des plans sur la comète et on se lance
- des fins de journées "cuisine", la valse des soupes avec la préférée entre toutes, le potimarron servi dans des assiettes blanches avec un filet doré.
... une semaine riche

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12 novembre 2009

4 ...
4 quoi ?
Épis...
De blé ?
Non... classement 4 épis "Gîtes de France" ce jour après une inspection de 2 heures.
Contente, très contente.

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11 novembre 2009

Hors de l'impasse

Il y eut le cabinet, la directrice de cabinet, le harcèlement, les cris et les pleurs et la solution... la réussite au concours d'attaché.
Il y eut la mouette, l'impasse, l'absence de progression, les petites mesquineries et la solution... la préparation de l'Ena.
Il y eut le concours de l'ENA, l'admissibilité à celui d'administrateur et les deux échecs, le retour chez la Mouette et la solution providentielle... la mutation.
Il y a le départ de mon chef, le chaos dans une collectivité qui se demande comment avancer malgré la suppression attendue de la taxe professionnelle et de la clause de compétence générale et des solutions à inventer.
Immédiate : Poser son travail, engager des relations directes avec les élus, conforter son entourage professionnel, continuer à se battre pour des dossiers, se régaler de certaines réunions. Prendre ces nouvelles responsabilités pour une chance.
De moyen terme : Rédiger son CV pour voir la "gueule" qu'il a, et vers quoi il pourrait mener.
De long terme : Se laisser surprendre et se préparer à toutes les éventualités.
Hier soir, je suis rentrée, dare dare, un gros projet m'attendait. Le moka au café. J'ai réussi la génoise, mais raté la crème au beurre qui était trop lisse, je recommencerais. J'ai allumé le feu et la guirlande scintillante dehors devant la fenêtre, dans l'altéa. Un ancrage qui pousse à penser que la solution existe, il faut soit la pousser soit l'attendre, en tout état de cause, il convient de la penser possible. 

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08 novembre 2009

Les vacances sont finies

J'ai fait deux nappes et un tablier de cuisine, commencé une écharpe et achevé le repassage en retard. Rangé mon arrière-cuisine et essayé de nouvelles recettes. Visité la Provence et les Cévènnes, parcouru la campagne. Rassasié de Toulouse pour quelques temps. Envisagé des envies pour Noël, des tonalités et des décors.
Demain matin, je réunis l'équipe avec laquelle je travaille, je positiverai, je me refuserai au ton si tentant de la lamentation, je parlerai de mes craintes mais aussi de mes idées pour que les choses avancent malgré tout. Je dirai que mon objectif est de convaincre certains maires de mettre en place des "zones d'activités agricoles". Je continuerai à me pencher sur mes objectifs jusqu'aux prochaines vacances, ils sont denses et exaltants et rien ne doit m'en détourner. Et entre midi et deux, j'irai voir si je trouve des bottes à la Bestiole.
Les affaires reprennent ...

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07 novembre 2009

Il suffit de pas grand'chose

Se lever de bonne heure alors que la maison dort encore, étourdie par la nuit de fièvre de la Bestiole, lui promettre de ramener des chocolatines.
Prendre le chemin du marché, celui que j'arpente depuis mon enfance, le samedi, pendant la période de collégienne, ma mère travaillait, c'était alors seule avec mon père et ma soeur, que nous allions faire le marché et les courses. Cet endroit est un lieu de bienfait, je ne peux pas vraiment me l'expliquer. Beaucoup moins l'été que l'hiver. En cette période, c'est un endroit magique. La halle est éclairée, les produits sont beaux, on les imagine en multiples réalisations culinaires.
A 8 heures, les étals ne sont pas encore installés, alors, j'ai le temps de manger un croissant et de siroter un café au bar de l'angle. Je sors mon agenda et rattrape le temps, je rédige les semaines passées, des mots qui n'ont parfois pas de sens, qui ne démontrent pas grand chose qu'une vie somme toute ordinaire. Et pourtant, je ne parviens pas à ne plus écrire, à ne plus rédiger cet agenda qui depuis plus de 15 ans, trace une histoire. Ensuite, faire les courses, regarder les légumes, acheter des fleurs, se gonfler de cette ambiance de douceur exquise. Et choisir une belle laine à la mercerie pour une écharpe de mérinos.
Rentrer à la maison, être attendue comme le messie pour le petit déjeuner. Et cet après-midi, couper les tranches de cédrats confits pour en garnir de petites brioches. Allumer le feu et se préparer à une douce et sereine journée à la maison. 

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06 novembre 2009

Aveu

J'étais en vacances cette semaine. Ce n'est pas là, l'aveu. Et lundi, je reprends le chemin du travail. Pour la première fois en 2 ans, avec la boule au ventre. Rien ne n'est passé comme prévu. Celui qui devait devenir mon chef, ne l'est pas devenu. Le directeur qui est parti, ne sera pas remplacé. Je vais dépendre directement du Directeur général adjoint. Quelqu'un qui ne connaît rien à mon métier, qui ne comprend pas la réactivité que cela demande. Quelqu'un qui est à deux ans de la retraite et qui compte bien y arriver entier. Jusqu'en mars au moins, nous fonctionnerons comme cela. Pour moi, c'est le vide sidéral. J'ai beau tourner les choses dans ma tête, je ne vois pas comment je vais pouvoir faire. Avant, dès que j'avais un souci, j'envoyais un mail à mon chef qui me donnait une solution, m'appelait pour en parler, ou contactait notre élu référent pour connaître sa position. Je n'ai jamais été laissée en rase campagne. Là, il n'est plus question du même niveau de connivence, je ne pourrais pas instaurer ce rapport, tout d'abord pour la simple raison qu'il a 4 directions sous sa responsabilité et que donc, il ne peut pas consacrer du temps à chaque agent. Ensuite, ce n'est pas un politique, il ne travaille pas dans cette configuration à la limite du "cabinet", c'est à dire que je suis autant administrative que politique. Mon chef n'est pas le directeur des services mais les élus. Et cela, c'est très différent dans la pratique quotidienne en cela qu'il faut se mouiller par moment et se protéger à d'autres, tout est dans le dosage. 
Il y a deux solutions. Soit, il va m'empêcher de bosser en me demandant de me replier sur les fonctions administratives, ce qui posera des problèmes avec les élus. Soit, je vais être en free lance sur le territoire avec la prise de risque que cela représente. Je sais que la seule solution qui s'offre à moi, est de prendre rendez-vous avec l'élu de référence pour voir comment il veut que je travaille.
Je suis terrifiée à cette idée d'être jetée dans le grand bain sans bouée de sauvetage. Je suis paniquée, angoissée. C'est pas la joie. Je suis allée en ville ce matin incapable d'acheter quoi que ce soit et pourtant j'avais des envies, de laine, à la Droguerie, mais je suis repartie avec la certitude, que se sentir vasciller remet en cause beaucoup de ses acquis. Et là, oui, vraiment, je suis déstabilisée.

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04 novembre 2009

Les listes en question

Aujourd'hui, deux bonnes nouvelles, la réunion que je devais avoir à 20h30 pour le boulot est annulée. Youpi. Cet après-midi, je reçois mon nouveau matelas, re-youpi. C'est une belle journée qui s'annonce.
J'ai beaucoup lu vos commentaires au sujet des listes et c'est rigolo parce qu'ils ont fait écho à une remarque préalable à la mise en ligne de la mienne.
Au début de ce blog, lorsque je mettais une liste en ligne, c'était un fil à la patte, une obligation à agir. Il fallait que je sois fidèle à mes "engagements". Ce n'était pas une liste à faire mais une oukase à réaliser. Avec ce que cela peut induire en terme de contraintes morales, d'angoisse de ne pas y arriver et de culpabilité quand il faut "avouer" sa faute, son incapacité à avoir fait. Et c'est dans mon changement d'appréciation de ce qu'est une liste, en autres, que je perçois une mutation personnelle.
Je ne suis pas en train de devenir un monstre d'égoïsme, qui vivrait sans entrave et sans compte à rendre. Mais, il me semble que j'apprends à savoir où mettre la barre, où poser des conditions et où a contrario se libérer d'entrave qui ne rime à rien. Alors mes listes dorénavant sont des pense bêtes, elles me rappellent ce que j'ai envie de faire ou ce qu'il faudrait faire "pour aller bien". Mais en aucun cas, elles ne représentent des obligations à agir, si je suis tentée de les considérer ainsi, immédiatement, je me rappelle qu'il est bon de vivre libre de contrainte, surtout en vacances.
Je dois dire aussi qu'elles sont une assurance. J'aime bien me dire que j'ai là, sous le coude, "mon champ des possibles", une liste de ce que je pourrais faire. Je m'y sens bien ...dans cette vision progressive des choses, dans ces étapes à franchir pour donner du sens aux vacances. Au bureau, c'est pareil, en début de période, par exemple, en rentrant de mes congés, j'établirais une liste des choses que j'aurais à faire d'ici Noël. Il convient de prendre le temps, de se poser, de tout balayer. Parfois, on est tenté d'arrêter tant les domaines sont vastes et finalement angoissants. Mais à bien y réfléchir, il vaut mieux établir cette liste avec exhaustivité, car à chaque fois que l'on raye un élément, c'est un pas de plus franchi vers la quiétude.
Alors, oui, utilisons nos calepins à liste. Comme des supports de liberté.

Posté par Dame Clothilde à 10:24 - Mes listes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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